Gironde

Énergie

En Gironde, Madic inaugure un nouveau site tourné vers l’électrique et l’hydrogène

Par Jean Berthelot de La Glétais, le 05 décembre 2022

Le groupe nantais Madic vient d’inaugurer un site de production Saint-André-de-Cubzac en Gironde, dans lequel il a investi 21 millions d’euros. Y seront notamment fabriqués des bornes de recharge électrique et des distributeurs d’hydrogène.

Sur son nouveau site girondin, le concepteur de stations-service nantais Madic va pouvoir tripler sa production par rapport à son précédent site situé à Ambarès.
Sur son nouveau site girondin, le concepteur de stations-service nantais Madic va pouvoir tripler sa production par rapport à son précédent site situé à Ambarès. — Photo : Damien pour Irys Photographie

Madic a inauguré son nouveau pôle technologique à Saint-André-de-Cubzac, en Gironde, le jeudi 1er décembre. Le groupe nantais, concepteur de stations-service, compte 1 300 salariés et revendique un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros en 2021. Il a investi 21 millions d’euros pour la construction de ce qui sera à la fois un centre de R & D et une usine de production des équipements proposés par Madic. Sur ce nouveau site de 18 000 m2, seront notamment construits des distributeurs de carburant, des bornes de recharge électrique ainsi que des distributeurs d’hydrogène. "Ce site va nous permettre de poursuivre le développement de solutions dédiées à la transition énergétique et écologique", commence Christian Blossier, fondateur et président de Madic.

"Pour autant, nous ne croyons pas que les carburants liquides soient amenés à disparaître à court terme. Pour ce qui est des fossiles, c’est peut-être le cas, encore que la date de 2035 fixée par le Parlement européen ne soit probablement pas réaliste. Mais on ne va pas se retrouver en quinze ans avec un parc automobile exempt de véhicules thermiques. Donc, il faut des distributeurs capables de proposer des carburants fossiles mais aussi de synthèse, dont le développement progresse à grands pas."

Une production triplée

C’est la raison pour laquelle Madic a investi massivement en Gironde afin d’augmenter sa production de bornes de recharge électrique, dont certaines s’installent très rapidement, en 15 jours contre 3 mois habituellement. Elles permettent aux utilisateurs d’utiliser une carte bancaire comme moyen de paiement, au lieu des multiples abonnements dont ils ont aujourd’hui besoin pour être certains de recharger partout où c’est possible. Le site dispose désormais de 11 lignes de production, contre 5 sur le site d’Ambarès où la fabrication était assurée jusqu’ici. "Cette usine du futur est conçue pour être modulable afin de s’adapter aux demandes de nos clients. Nous pourrons fabriquer trois fois plus de volumes, et des équipements plus performants que ceux que nous produisions jusqu’ici. Nos bornes de recharge électrique, par exemple, avaient une puissance de 22 à 50 kW. Nous passons à des chargeurs rapides, de 100 à 400 kW."

S’emparer du marché de l’hydrogène

Madic considère aussi que l’électrique n’est qu’une partie de la réponse à donner au remplacement progressif du thermique. L’ETI nantaise mise donc sur l’hydrogène, aujourd’hui encore confidentiel en France. "Il n’y a que 30 stations et 200 voitures environ dans tout l’Hexagone", reconnaît Christian Blossier. "Le modèle économique est forcément compliqué à trouver, puisqu’une station coûte deux millions d’euros. Cependant nous considérons que des collectivités, les régions notamment, vont aller vers des cofinancements, et que cette énergie va peu à peu se développer. Nous anticipons cela en nous plaçant dès le départ comme un acteur crédible avant que d’autres groupes, notamment étrangers, ne s’emparent de ce marché. Nous croyons beaucoup à l’hydrogène pour les poids lourds, particulièrement."

Madic s’attend à connaître une croissance de son chiffre d’affaires "de 10 à 20 % sur 3 à 5 ans", grâce, entre autres, à ce nouveau site qui emploie 200 salariés aujourd’hui, et 300 d’ici 2025. Le groupe cherche d’ailleurs une trentaine d’ingénieurs informatique, une vingtaine d’opérateurs et techniciens électriques dédiés à l’assemblage et une quarantaine d’électriciens et techniciens pour son service maintenance.

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