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Saagie : Vers les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020

Par Guillaume Ducable, le 02 décembre 2016

Le spécialiste rouennais du big data Saagie vient de réaliser une levée de fonds de 4,2 millions d'euros. La seconde en à peine un an, qui doit lui permettre de renforcer ses positions en France tout en préparant son déploiement à l'international.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le héron n'est pas encore une licorne, mais il a bel et bien pris son envol ! La start-up Saagie, pilotée par Arnaud Muller, a effectué en novembre sa seconde levée de fonds en à peine plus d'un an en réunissant un tour de table imposant avec CapHorn Invest, BNP Paribas Développement, Bouygues Développement, le groupe Matmut et l'incubateur normand NFactory lancé il y a peu par le P-dg de PGS Jean-Louis Louvel et Alexandre Martini (Campus Saint-Marc).

Xavier Niel et TheFamily dans le premier tour de table

Après avoir levé 850 000 euros en juillet 2015, le spécialiste du big data a réuni cette fois-ci 4,2 millions d'euros auprès d'investisseurs qui n'étaient pas encore au capital de l'entreprise. Des investisseurs qui rejoignent donc les « historiques » que sont le normand NCI, Végéo Capital, Kima Ventures (le fonds lancé en 2010 par Xavier Niel, le patron d'Iliad) et surtout le parisien TheFamily. « Il y a un an notre ambition était de développer la notoriété de notre plateforme big data, de passer d'une version beta à une version industrialisée, et de gagner des clients ». Mission accomplie, avec notamment les premières signatures grands comptes de Ferrero France, la Matmut ou encore la Caisse d'Épargne, ce qui permet aujourd'hui à Saagie de passer à l'étape suivante.

« Sell & deliver »

« Depuis février, nous travaillons à la phase d'accélération », explique Arnaud Muller, fondateur en 2013 de la start-up Creative Data, qui s'est effacée courant 2016 au bénéfice de sa marque commerciale Saagie. Une nouvelle stratégie que le dirigeant illustre d'une formule : « sell & deliver » ! Une stratégie qui passe par l'accélération de la croissance des revenus dès la fin d'année 2016, le déploiement au plan national puis européen de la plateforme Big Data « avec des premières références à l'étranger », et également le renforcement des équipes. « Nous avions jusque-là un commercial ; nous en aurons dix en début d'année prochaine ainsi que des bureaux à Paris », précise Arnaud Muller. Au total, l'effectif de Saagie devrait passer rapidement de trente à soixante collaborateurs. « D'où la nécessité de la levée de fonds », rappelle le dirigeant qui a pris en début d'année son bâton de pèlerin pour trouver de nouveaux investisseurs. Une tâche facilitée par l'intervention d'un actionnaire minoritaire déjà en place, TheFamily, « qui donne le LA de l'écosystème start-up sur Paris ».

Les dirigeants conservent la main... Pour l'heure !

Après le travail d'identification, Arnaud Muller a donc fait le choix d'aller vers des investisseurs « en capacité de réinvestir au prochain tour ». Tels BNP Paribas, plus habitué à investir en LBO mais qui a accepté de mettre sur la table 1 million d'euros avec en tête la possibilité d'injecter plus « si les promesses sont tenues », savoure Arnaud Muller. D'autres comme NFactory (650 000 euros) auraient bien aimé mettre davantage, confirme Jean-Louis Louvel... Mais au final, Arnaud Muller et ses associés parviennent à garder la main sur leur entreprise, « même si on sait que ça ne sera pas toujours le cas ». Surtout avec un prochain tour de table tourné vers l'international dont l'investisseur principal est déjà identifié, mais non dévoilé !

Le « mur » US

Une chose est sûre, pour atteindre l'objectif de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2020, Saagie devra sortir des frontières de l'Hexagone et se tourner, pourquoi pas, vers les États-Unis. « Un mur, concède Arnaud Muller, qui peut être un vecteur de croissance incroyable mais qui reste aussi un cimetière à start-up ». En attendant, la start-up rouennaise veut développer les revenus issus de la location de sa plateforme big data ; revenus qui ont vocation à dépasser ceux de l'activité de conseil en data science proprement dits.

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