Seine-Maritime

Agroalimentaire

Les nouveaux horizons de Bonbons Barnier

Par Sébastien Colle, le 04 juillet 2018

Repris en 2017 par Pascal Zundel, les Bonbons Barnier veulent devenir le champion de la haute confiserie française et se déployer à l'export.

Travail du sucre à la main. Fabrication d’un pâton pour la fabrication de sucettes.
Travail du sucre à la main. Fabrication d’un pâton pour la fabrication de sucettes. — Photo : Sébastien Colle

Sucettes aux fruits, feuilletés gourmands, bouchées caramel et incontournables bonbons fourrés Froufrous… Depuis 1885, Bonbons Barnier propose ses douceurs à une clientèle de connaisseurs à travers un circuit sélectif de confiseries et épiceries fines en France (70 %) et à l’export (30 %). Cuits de manière artisanale, les Bonbons Barnier sont réalisés à partir de recettes et procédés traditionnels, avec des ingrédients naturels. Un positionnement haut de gamme qui fait de Barnier (59 salariés pour un chiffre d'affaires de 3,8 M€) un champion de la haute confiserie française et sur lequel Pascal Zundel, repreneur de l’entreprise de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) en mars 2017, compte bien capitaliser pour développer de nouveaux marchés et accélérer son développement à l’export.

L’Asie en ligne de mire

 « Je recherchais une entreprise patrimoniale où la marque France joue un rôle fort », explique le président des Bonbons Barnier. Un enjeu d’importance pour une société qui réalise la moitié de ses ventes à l’export en Chine, pays où l'Hexagone jouit d’un prestige dans de nombreux domaines dont l’agroalimentaire de luxe. « Ce qui fonctionne bien aujourd’hui en Chine, c’est la classe moyenne, notamment les moins de trente ans qui ont un formidable appétit de consommation occidentale. Ils veulent découvrir ce qu’il y a de meilleur dans le monde et ont un intérêt tout particulier pour notre mode de vie », se félicite Pascal Zundel.

Si l’entreprise vend déjà 7 millions de sucettes chaque année en Chine, ses ambitions sont très gourmandes : « Le potentiel est énorme pour nous », s’enthousiasme le dirigeant. Mais la Chine n’est pas la seule cible de l’entreprise normande en Asie - la Corée du sud et le Japon sont autant de possibilités de développement : « Les 45 millions de Sud-Coréens disposent d'un fort pouvoir d’achat et d'une appétence forte pour les produits français. Le pays est un axe de croissance évident pour nous. Nous voulons aussi aller au Japon, mais c’est plus difficile à pénétrer ». Et pour se développer, Barnier n’entend pas investir dans des implantations sur place : l’entreprise a pour modèle économique de trouver des importateurs/distributeurs dans chaque pays. « Notre taille ne justifie pas des implantations. C’est pourquoi nous identifions des retailers (chaines de magasins, NDLR) ou des importateurs spécialisés ».

A terme, la part export devrait supplanter la part des ventes en France, selon le nouveau dirigeant qui précise : « C’est notre position forte sur notre marché d’origine qui nous donne de la crédibilité à l’export. Pour réussir à l’export nous devons d’abord établir Barnier comme la marque référence de la haute confiserie française ». Un challenge pour lequel Pascal Zundel a prévu d’investir. D’abord pour l’obtention de la certification ISO 22 000 d’ici fin 2018 (un coût d’environ 200 000 €), puis dans l’achat d’une nouvelle enveloppeuse à sucettes d’un montant de 500 000 €. Autre enjeu, obtenir le label « Entreprise du patrimoine vivant » pour renforcer la marque Barnier.

La patte du publicitaire

Nouveaux sachets d’emballages à dominante verte, emblématique de la maison Barnier, nouveaux packagings pour les boîtes métal des emblématiques bonbons Froufrous faits à la main, nouveaux outils de communication… Depuis l’arrivée de Pascal Zundel à la tête de Bonbons Barnier, l’entreprise savoure un goût de renouveau. Après trente ans d’une carrière riche dans le domaine de la publicité, dont un dernier poste chez Publicis comme responsable du compte mondial de Nestlé, Pascal Zundel a décidé de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale pour vivre « l’intégralité de la responsabilité des décisions et leurs conséquences ».

Mais le publicitaire n’en oublie pas son savoir-faire qu'il met au service de sa nouvelle entreprise pour la faire encore monter en gamme. « Des produits comme les Froufrous et le Praliné impérial constituent le haut de gamme le plus raffiné et le plus sophistiqué de Barnier. Nous sommes sur un positionnement premium avec un prix deux à trois fois plus cher que celui de la confiserie classique. Nos produits, notre conditionnement, notre distribution et nos packagings doivent être à la hauteur de ce positionnement. Nous sommes chers car beaucoup de nos opérations sont réalisées à la main, mais c’est aussi notre force, le moyen de nous différencier ».

Au-delà des nouveaux emballages, le président des Bonbons Barnier promet aussi une nouvelle phase d’innovation, notamment en matière de recettes : « Si la gamme Haute confiserie rencontre le succès, nous développerons au moins une nouvelle recette par an ».

Travail du sucre à la main. Fabrication d’un pâton pour la fabrication de sucettes.
Travail du sucre à la main. Fabrication d’un pâton pour la fabrication de sucettes. — Photo : Sébastien Colle

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