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Interview Jean-Philippe Daull (Candor) : "Il faut un gros coup d'accélérateur pour l'économie"

Entretien avec Jean-Philippe Daull, PDG du groupe Candor

Propos recueillis par Sébastien Colle - 29 mai 2020

Pour Jean-Philippe Daull, PDG de Candor, groupe de propreté basé à Val-de-Reuil, et vice-président de la fédération des entreprises de propreté Normandie, la crise sanitaire a entraîné de nombreux changements dans la gestion du personnel et les méthodes de travail. S’il se félicite de la gestion de la crise par l’État, le patron de Candor s’inquiète d’un redémarrage trop lent de l'économie.

"L’importance de la prestation que nous délivrons a pris tout son sens avec la crise sanitaire", estime Jean-Philippe Daull, PDG de Candor.
"L’importance de la prestation que nous délivrons a pris tout son sens avec la crise sanitaire", estime Jean-Philippe Daull, PDG de Candor. — Photo : Candor

Comment la crise sanitaire a-t-elle impacté votre organisation ?

Jean-Philippe Daull : Ça a été un raz de marée dans les premières semaines, des contacts non-stop avec nos clients et nos 1 500 salariés. Il fallait traiter de sujets très pratiques comme l’attestation de déplacement, indispensable pour continuer les chantiers et protéger nos salariés des amendes. Il a fallu mettre en place en urgence des outils de communication avec les salariés pour continuer à travailler, notamment par e-mails et SMS, car la majorité d’entre eux sont sur le terrain. La crise sanitaire a accéléré la mise en place d’une application de messagerie dédiée à l’entreprise. Les salariés avaient aussi besoin d’informations pratiques sur le chômage partiel et les salaires. Nous avons également beaucoup communiqué sur les gestes barrières. De plus, pour connaître le moral de nos salariés, j'ai lancé, dès le 16 mars, un questionnaire quotidien rapide. Cela m'a permis de constater que les agents, notamment sur le terrain, avaient très bon moral. Nos agents ont été positivement surpris de nos appels et questionnaires, ils ont apprécié que l’on prenne soin d’eux. La crise est un révélateur de la possibilité de travailler autrement, notamment grâce aux outils numériques et à l’utilisation de la visio-conférence pour remplacer les réunions physiques, ce qui ne veut pas dire supprimer les contacts humains. Car si le télétravail a considérablement augmenté pendant cette période et prouvé son utilité, les équipes auront toujours besoin de se rencontrer.

Que retenez-vous de cette période ?

J.P Daull : Pour moi, l’État a formidablement bien réagi lorsque la crise est apparue. Le confinement et les effets sur les entreprises ont été bien gérés. J'ai eu jusqu’à 470 personnes en chômage partiel au plus fort de la crise, un monstre à gérer en termes administratifs. Il y a eu quelques couacs les dix premiers jours pour avoir les codes nécessaires à la création des dossiers de chômage partiel. Mais une fois les codes récupérés, les remboursements sont arrivés vite et sans tergiversations. De nombreuses mesures ont été salutaires, comme le décalage des échéances sociales et des échéances de prêts, ou encore la mise en place du PGE (prêt garanti par l’État, NDLR). Mais je constate qu’il y a 60 % de mécontents, et je me dis que nous sommes des enfants gâtés car nous avons eu de formidables amortisseurs sociaux qui ont évité un chômage de masse. Et cette fois, alors qu’on disait que les banques étaient la cause du problème en 2008, elles ont bien joué le jeu avec 98 % de PGE acceptés.

Par contre, je trouve qu’on ne remet pas suffisamment le curseur sur l’économie depuis le déconfinement. Ainsi, nous rencontrons des difficultés pour nos salariés car leurs enfants ne sont pas acceptés dans les écoles car considérés comme non prioritaires. Il faut un gros coup d’accélération sur l’économie car la crise va être redoutable, notamment à partir du dernier trimestre 2020. Il ne faut pas se laisser endormir par les amortisseurs du gouvernement. Les Français doivent reprendre le travail !

Les métiers du nettoyage sont-ils changés par la crise ?

J.P Daull : J'ai ressenti que notre métier était perçu différemment, de manière très positive. L’importance de la prestation que nous délivrons a pris tout son sens, avec un rôle clé pour la société. Pour nous, c’est une véritable revalorisation de la profession, et qui a mon sens va perdurer.

"L’importance de la prestation que nous délivrons a pris tout son sens avec la crise sanitaire", estime Jean-Philippe Daull, PDG de Candor.
"L’importance de la prestation que nous délivrons a pris tout son sens avec la crise sanitaire", estime Jean-Philippe Daull, PDG de Candor. — Photo : Candor

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