Caen

Management

Interview Gilles Sergent (Récréa) : « Le bien-être au travail est une condition du succès »

Entretien avec Gilles Sergent, président de Récréa

Propos recueillis par Sébastien Colle - 17 juillet 2018

Récréa, numéro deux de la gestion des centres aquatiques et bases de loisirs en France, s’est offert un nouveau siège social à Saint-Contest, près de Caen. Pour son président, Gilles Sergent, au-delà des nécessités structurelles de l’entreprise, il s’agit d’offrir un cadre de travail inspirant et tourné vers le bien-être des salariés.

« Les façons de travailler évoluent. Il faut proposer une offre en adéquation aux salariés », explique Gilles Sergent, président de Récréa.
« Les façons de travailler évoluent. Il faut proposer une offre en adéquation aux salariés », explique Gilles Sergent, président de Récréa. — Photo : JDE

Le Journal des Entreprises : Vous venez d’inaugurer le Cube, votre nouveau siège social. Comment ce projet est-il né ?

Gilles Sergent : Le groupe s’est fortement développé. En dix ans, nous sommes passés de 350 à 1 250 salariés répartis sur les 63 sites que nous gérons en France (CA : 55 M€, NDLR). Petit à petit, il a fallu recruter pour renforcer les ressources du siège de la société. L’équipe s’est ainsi étoffée de 10 à 45 collaborateurs.

Pour continuer à grandir, il fallait un nouveau bâtiment. Ce changement a également été l’occasion de devenir propriétaire de nos locaux et a représenté un projet très mobilisateur auprès de l’équipe, notamment par la constitution de groupes de travail chargés de définir les besoins, ou encore les espaces communs. Les salariés ont également eu le choix entre deux emplacements pour notre nouvelle implantation et sont à l’origine du nom du nouveau siège - le Cube.

Au-delà des nécessités structurelles de l’entreprise, vous avez mis en place un environnement de travail axé sur la détente. Que trouve-t-on au Cube ?

G.S. : Nous avons voulu un lieu propice aux échanges et un lieu de formation pour nos 1 250 salariés offrant les meilleures conditions de travail et favorisant la santé et le bien-être. Nous souhaitons que chaque collaborateur puisse, y compris pendant son temps de travail, avoir une activité physique. C’était déjà le cas pour 1 200 de nos salariés qui peuvent pratiquer une activité gratuitement sur leur lieu de travail, il fallait donc un espace fitness pour ceux du siège. C’est un espace qui permet de faire du sport mais aussi de travailler en même temps. Nous pouvons ainsi disposer huit vélos ou tapis de marche en demi-cercle devant un écran et travailler en réunion tout en pratiquant une activité sportive légère. Et ça fonctionne !

Quels sont les autres aménagements dédiés au bien-être ?

G.S. : Il fallait une offre variée car tout le monde ne souhaite pas faire la même chose. A côté de l’espace forme, le Cube propose un lieu zen propice à la détente avec sauna et espace de repos qui se réserve à l’avance, comme l’ensemble des espaces partagés. Le sauna peut également être réservé le week-end. On trouve aussi plusieurs espaces consacrés à la culture et aux loisirs avec une bibliothèque, un babyfoot, une table de ping-pong et aussi un espace de jardinage, dont les fruits et légumes peuvent être consommés sur place ou emportés à la maison.

Les espaces de travail ont-ils aussi bénéficié d’aménagements spécifiques ?

G.S. : En fait, nous n’avons pas souhaité de grande mutualisation sur le modèle de l’open-space. C’est pourquoi chaque salarié dispose de son propre bureau. Par contre, le Cube offre de nombreux lieux permettant de travailler en équipe avec des salles de co-working d’ambiance et de taille différentes. Chacune de ces salles propose également un positionnement différent aux salariés, ce qui permet aux salariés de ne pas être assis toujours au même niveau, afin de lutter contre les problèmes de dos. Certaines salles sont ainsi à hauteur de bar, quand dans une autre on peut s’asseoir sur des chaises ballons équipées de pieds roulants. Une salle qui remporte un beau succès.

« Tous ces aménagements constituent un investissement pour l’avenir, car, pour recruter les meilleurs, il faut leur offrir un cadre de travail intéressant. »

Un espace de « créativité » a également été mis en place avec des fauteuils confortables et des matelas au sol. L’idée est d’avoir un espace de brainstorming avec des murs sur lesquels on peut écrire. Nous avons même recréé une plage de nos côtes normandes avec galets et cabines !

Ce sont des aménagements que l’on trouve plutôt dans la nouvelle économie. Quels sont vos objectifs ?

G.S. : L’idée était de créer un centre de ressources dans lequel les conditions de travail seraient agréables pour les salariés et colleraient avec l’esprit « smilling people » du groupe. Rythmer la journée de travail par des pauses actives ou de farniente, grâce aux équipements ludico-sportifs mis à disposition.

Le constat, c’était que beaucoup de ces outils existaient déjà dans les startups et chez les GAFA (acronyme désignant les géants du Net Google, Amazon, Facebook et Apple, NDLR), mais qu’il n’y avait pas de raison pour qu’une entreprise traditionnelle n’ait pas la même vision des choses, d’autant que chez Récréa la moyenne d’âge est de 29 ans. Il est nécessaire d’intégrer ces nouveaux modes de fonctionnement. Le coût de tout ceci est équivalent à notre ancien loyer (soit un budget de 2,1 M€, NDLR) et nous permet d’avoir 50 % de m2 en plus. C’est aussi un investissement pour l’avenir, car les façons de travailler évoluent et pour recruter les meilleurs, il faut offrir un cadre de travail intéressant.

« Les façons de travailler évoluent. Il faut proposer une offre en adéquation aux salariés », explique Gilles Sergent, président de Récréa.
« Les façons de travailler évoluent. Il faut proposer une offre en adéquation aux salariés », explique Gilles Sergent, président de Récréa. — Photo : JDE

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