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Interview Cité de la voile : le vent de la nouveauté

Entretien avec Jean-Marc Beaumier

Propos recueillis par Stéphanie Biju - 05 juin 2015

Davantage d'interactivités et de sensations fortes pour la nouvelle scénographie de la Cité de la voile E.-Tabarly à Lorient. 1,8 M€ ont été investis par la Sem Sellor dans ce nouveau parcours. Enjeux et objectifs décryptés par Jean-Marc Beaumier, directeur de la Cité de la voile.

La Cité de la voile Eric-Tabarly, site structurant de Lorient-La Base.
La Cité de la voile Eric-Tabarly, site structurant de Lorient-La Base. — Photo : Xavier Eveillé

La Cité de la voile Eric-Tabarly à Lorient a rouvert ses portes début mai, après six mois de travaux de refonte. Quel est l'enjeu de cette « version 2 » ?

Lorsqu'on présente une thématique vivante qui évolue aussi rapidement que le nautisme et la voile, c'est une obligation de savoir se renouveler pour rester dans le « tempo ». La première version de la Cité de la voile datait de 7 ans et avait fait son temps. Pour cette version 2, nous voulions apporter une qualité en terme de contenus et un niveau de médiation important en rapport avec le caractère scientifique et technique de la Cité de la voile. Nous avons misé sur les dernières technologies numériques pour davantage d'interactivités et de sensations fortes : écran géant de 150 m² dans une salle immersive en 4D, bornes multimédias, jeu de course virtuelle type Virtual Regatta, simulateur 3D... L'idée, c'est de mettre le visiteur dans la peau d'un navigateur.

Quels investissements a représenté ce renouvellement pour la Sem Sellor, gestionnaire de la Cité de la voile ?

1,8 M€ ont été investis dans le nouveau parcours muséographique, plus 300.000€ pour le ré-agencement de la billetterie centrale. Ces investissements étaient prévus dès la reprise de gestion par la Sellor en 2012. Nous savions alors que nous ne pourrions pas atteindre les objectifs de fréquentation fixés sans renouvellement de l'équipement. On aurait pu le faire progressivement mais nous avons voulu donner un signal fort.

Quels sont vos objectifs : en terme d'image, de fréquentation, de chiffre d'affaires ?

En terme d'image, l'idée est de faire du secteur « Lorient - la base », une destination touristique à part entière. La Cité de la voile en devient la porte d'entrée, en assurant l'accueil et les renseignements pour l'ensemble des offres de la zone (musée du sous-marin, le block K3, balades sous voiles et visites guidées du pôle Course au large). En terme de fréquentation, si on veut se montrer honnête et lucide, le but est de la maintenir sur les quatre années qui viennent. La Cité de la voile accueille quelque 80.000 visiteurs par an. En totalisant les entrées sur les sites annexes, on atteint près de 200.000 visiteurs à l'année. En terme de chiffre d'affaires, cela représente 1,2 M€ pour la billetterie centrale (NDLR : une estimation qui ne prend pas en compte les produits optionnels aux visites comme les balades sous voiles, les visites du pôle Course et autres activités sur l'eau).

Les entreprises lorientaises se sont impliquées pour enrichir ce nouveau parcours muséographique...

C'était une volonté d'impliquer le maximum d'acteurs locaux. La Cité de la voile version 2 est une vitrine de la filière nautique de pointe et sur Lorient, nous avions tout ce qu'il fallait pour scénariser le musée. Des entreprises telles que Plastimo, Marsaudon Composite, la Voilerie Incidence ou encore Watt and See, pour ne citer qu'elles, ont apporté leurs conseils, prêté ou donné des objets. Ce sont une cinquantaine d'intervenants extérieurs, des entreprises mais aussi les skippers qui ont bien joué le jeu des témoignages, qui ont apporté leur contribution à cette nouvelle version.

L'offre « affaires » aussi a été modifiée ?

Nous voulions un espace dédié dont on sait qu'il générera du chiffre d'affaires et apportera une forte plus value. En 2013, ce sont une centaine d'opérations d'entreprises qui ont été organisées à la Cité de la voile. Nous avions le savoir-faire, les régisseurs, les techniciens, il nous fallait juste un espace mieux approprié. C'est désormais le cas avec le « Karré affaire ». Nous avons développé parallèlement des propositions spécifiques d'animations pour les entreprises. Reste à savoir comment cette clientèle d'affaires va réagir à une offre structurée et véritablement commercialisé. Nous visons les 10 % du CA de la Cité de la Voile pour la première année soit 80.000€ HT. Le carnet de commandes est déjà bien rempli pour juin et octobre !

La Cité de la voile Eric-Tabarly, site structurant de Lorient-La Base.
La Cité de la voile Eric-Tabarly, site structurant de Lorient-La Base. — Photo : Xavier Eveillé

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