Le Mans

Infrastructure

Interview « Le Mans Resort ouvrira en 2023 »

Entretien avec Frédéric Lénart, directeur général de l'Automobile Club de l'Ouest

Propos recueillis par Cédric Menuet - 30 novembre 2017

Organisateur des 24 Heures du Mans, l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) veut développer ses activités autour du circuit sarthois avec la création d’un parc sur le thème du sport automobile. Un équipement qui permettrait à l’ACO de flirter avec le million de visiteurs à l’année.

Frédéric Lénart, directeur général de l'Automobile Club de l'Ouest (ACO).
Le Mans Resort devrait générer un flux de 300 à 400 000 personnes à l’année sur le circuit du Mans, selon le directeur général de l’ACO, Frédéric Lénart. — Photo : Cédric Menuet - Le Journal des entreprises

En 2016, l’ACO lançait son projet de parc à thème Le Mans Resort avec l’annonce du rachat au Conseil départemental du Musée des 24 Heures du Mans. Pourquoi cette diversification ?

Frédéric Lénart : L’ACO intervient sur trois niveaux. La compétition automobile via les 24 Heures du Mans et les championnats d’endurance automobile que nous organisons à travers le monde. Il y a aussi le club, qui vit autour de ses missions sur l’automobile, le sport, la mobilité et la sécurité routière. Enfin, notre troisième pilier consiste à faire du circuit du Mans une destination de référence.

D’abord au niveau régional, puis avec Le Mans Resort au niveau national voire international. Cette destination, nous la développons déjà dans tout un panel d’activités permanentes, comme la location de la piste, nos écoles de pilotage et la formation. Le rachat des murs du musée au conseil départemental s’inscrit dans cette logique de développer nos activités au grand public à l’année.

Parlez-nous du projet. Que trouvera-t-on sur ce parc ?

F L : Tout d’abord, nous ne voulons pas être un parc d’attractions mais un parc sur le thème de l’automobile et des 24 Heures du Mans. Donc il y a une certaine particularité à cultiver dans le contenu. C’est important pour nous. On ne va pas avoir des montagnes russes, ce que nous voulons c’est parler de l’environnement du Mans, des pilotes et du sport automobile, puis étendre sur la mobilité puisque c’est une de nos missions en tant que club.

Les acteurs à qui nous avons parlé de notre projet nous disent que nous avons des atouts indiscutables : une marque forte avec les 24Heures du Mans, un circuit connu partout dans le monde, des équipes qui savent organiser des événements et recevoir du public, ainsi que des infrastructures existantes.

Il y a beaucoup de choses à construire mais on coche déjà un certain nombre de cases. Ce n’est pas comme un parc qui démarrerait de zéro dans un champ avec un thème à choisir. Nous, notre univers est défini.

Quel calendrier s’est fixé l’ACO ?

F. L : Nous espérons une livraison de la première tranche à l’horizon 2022. Notre date limite d’ouverture du parc c’est 2023, puisque ça correspondra au centenaire des 24 Heures du Mans. C’est l’échéance absolue!

L’investissement est de quel ordre ?

F. L : Pour le moment c’est confidentiel. Mais c’est un investissement important que l’on n’est probablement pas capable de porter seul. Le financement du projet est donc à construire. Il faut trouver des partenaires. On a une association facile à faire entre le sport automobile et les marques qui ont été ou qui sont présentes dans la compétition. Notamment les constructeurs, les manufacturiers de pneumatiques, les pétroliers, etc. On va les associer dans le modèle économique du parc.

Avec le futur parc, quels sont vos objectifs de fréquentation ?

F. L : Globalement nous accueillons chaque année 670 000 à 680 000 personnes sur le circuit, dont 100 000 à 120 000 personnes sur nos activités permanentes, hors épreuves sportives. À l’ouverture de Le Mans Resort, nous espérons passer à 300 000 à 400 000 personnes sur les activités permanentes. Ce qui nous semble atteignable.

Les collectivités jouent-elles un rôle dans le projet Le Mans Resort ?

F. L : Leur rôle reste à définir, mais il y a unanimité à la fois de la Région, du Département et de Le Mans Métropole sur la volonté d’avoir ce parc. Ce projet, nous le menons pour l’ACO mais aussi pour nous inscrire dans le développement du territoire.

Justement, l’ACO s’implique dans le dossier French Tech manceau. Pourquoi cet intérêt pour le développement économique local ?

F. L : Ça correspond à une volonté d’ouverture qui a été initiée depuis 2012 par notre président Pierre Fillon et moi-même. Ce n’est pas juste lié au fait que le circuit appartient au Conseil départemental, c’est parce que ça correspond à nos valeurs d’association. On se veut facilitateur. Le circuit peut être un lieu de rencontre et d’attractivité pour les entreprises et les décideurs locaux.

Les courses que nous organisons à l’international peuvent aussi être l’occasion pour les développeurs économiques de prospecter sur place. C’est à leur initiative que les choses se font : on ne va pas être entremetteur et créer par exemple le lien entre Le Mans Développement et les chambres de commerces. Nous sommes un acteur de l’économie locale. Les retombées des activités de l’ACO sur le territoire ont été évaluées à 115 millions d'euros. Ça représente l’équivalent de 2 500 emplois directs. Avec Le Mans Resort, ce mouvement va s’accentuer.

Frédéric Lénart, directeur général de l'Automobile Club de l'Ouest (ACO).
Le Mans Resort devrait générer un flux de 300 à 400 000 personnes à l’année sur le circuit du Mans, selon le directeur général de l’ACO, Frédéric Lénart. — Photo : Cédric Menuet - Le Journal des entreprises

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