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Portrait Daniel Moquet en quête de nouveaux paysages

Par Olivier Hamard, le 04 octobre 2018

En moins de quinze ans, le Mayennais a su créer un véritable réseau national d'entrepreneurs paysagistes qui compte désormais 200 franchises, emploie un millier de personnes et dégage un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros. Daniel Moquet est aujourd'hui une marque que l’homme entend bien continuer de développer, en franchissant désormais les frontières.

Daniel Moquet a associé au groupe ses deux filles Camille et Pauline à parts égales.
Daniel Moquet a associé au groupe ses deux filles Camille et Pauline à parts égales. — Photo : Daniel Moquet / L’atelier photo - Mayenne

Un supporter dans son canapé, ses copains qui encouragent l’équipe au-dehors, devant la maison, les pieds embourbés dans l’allée… Et un slogan : « Daniel Moquet soigne vos allées ». L’amusante pub télé a été vue aux heures de grande écoute sur les chaînes nationales. La marque, désormais connue, y a beaucoup gagné en notoriété, grâce aussi à une série de spots sur les radios et une émission de télévision, « Patron Incognito », avec sa fille Pauline, sur M6 en 2017. Beaucoup connaissent le slogan, mais peu savent que c’est à Parigné-sur-Braye, quelque part dans le nord de la Mayenne, que l’histoire de Daniel Moquet a commencé et se poursuit.

Un concept : spécialiser l’activité de paysagiste

Dans un joli bâtiment habillé de bois est installée, depuis dix ans, ce que Daniel Moquet appelle « la tête de réseau » : le siège du groupe, avec une dizaine de personnes seulement. L’homme est né en 1954 à une centaine de mètres, dans la ferme familiale, et il a fait construire sa maison un peu plus bas sur le chemin.

« Je me disais qu’on pouvait développer le concept, et à l’époque, j’étais un peu le seul à y croire… »

C’est là aussi qu’il s’est installé comme paysagiste, en 1977, à 23 ans : « J’étais artisan, avec 4 ou 5 salariés et des chantiers dans un rayon de 30 kilomètres, précise-t-il. J’étais convaincu que je devais recentrer mon métier de paysagiste, en me spécialisant et en ne faisant que les cours, terrasses et allées pour les particuliers. Ne plus s’éparpiller avec l’installation de portails, de piscines ou d’autres activités comme je le faisais avant. J’ai créé ce concept d’un métier de spécialisation pour une meilleure rentabilité : une formation appropriée, juste le matériel nécessaire et de petites équipes, pour travailler à une trentaine de kilomètres alentours. Je me disais qu’on pouvait développer le concept, et à l’époque, j’étais un peu le seul à y croire… »

Un développement national « en escargot »

Ce concept, Daniel Moquet l’a pourtant reproduit une première fois à Château-Gontier (Mayenne), en 2003. « C’est ma fille Pauline qui a créé la première agence. Avec mon autre fille Camille, experte-comptable, et une équipe de consultants, nous avons alors rédigé les documents pour créer la marque en franchise. Quatre franchisés se sont installées en 2005, six en 2006 puis dix chaque année. En 2014, il y avait 100 agences "Daniel Moquet" en France. Le développement s’est fait "en escargot", en partant du siège de Parigné-sur-Braye et en s’éloignant au fur et à mesure. »

Avec l’idée d’implanter progressivement sur tout le territoire des agences de proximité de quatre à cinq personnes : chacune n’a guère plus de 30 kilomètres de rayonnement. « Aujourd’hui nous avons 200 sites, il nous reste une quarantaine d’implantations possibles et nous couvrirons toute la France d’ici deux ans. »

« Tous les voyants sont au vert pour que l’on soit 2 000 personnes d’ici cinq ans. »

Mais Daniel Moquet ne compte pas s’arrêter aux frontières du pays. La marque a déjà posé quelques jalons à l’étranger, avec une agence en Espagne et cinq en Belgique. « Nous avons toujours maîtrisé notre développement. L’important, c’est de savoir déléguer et de travailler dans une bonne ambiance, pour que les franchisés réussissent et que le concept continue de fonctionner. Nous allons poursuivre avec ce même système en escargot, envisage-t-il, plutôt au nord de l’Europe, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. Le concept et les produits sont adaptables à de nombreux pays. Nous sommes aussi présents à la Réunion et serons prochainement en Guadeloupe. Tous les voyants sont au vert pour que l’on soit 2 000 personnes d’ici cinq ans. »

Daniel Moquet continue donc de poser un à un les pavés de l’allée qui mène à la réussite du groupe, comme il le fait depuis 15 ans maintenant, en gardant les pieds sur terre.

Daniel Moquet s’est installé comme paysagiste en 1977 avant de lancer son concept au début des années 2000.
Daniel Moquet s’est installé comme paysagiste en 1977 avant de lancer son concept au début des années 2000. - Photo : Olivier Hamard JDE

En cette fin d’année, il pourrait prétendre à la retraite. « Mais je ne suis pas pressé de m’arrêter, sauf si on me pousse dehors », s’amuse-t-il. Dans tous les cas, la succession est assurée : « Avec mes filles, nous sommes tous les trois actionnaires à parts égales. Camille est experte-comptable et Pauline possède les connaissances techniques. Elles sont donc très complémentaires. » L’épouse de Daniel Moquet travaille aussi au siège du groupe et ses deux gendres s’occupent de l’agence locale installée sur le même site. Et si la marque Daniel Moquet est aujourd’hui connue sur tout le territoire national, il y a derrière elle un homme sans doute pétri de bon sens, un concept fort et une jolie histoire familiale.


Une formation interne et un accompagnement à l’installation

En plus de ses 200 agences, le groupe Daniel Moquet possède son service R&D et deux usines : l’une à Blois, qui produit des enrobés à froid et l’autre, Clarey, à Saint-Barthélemy d’Anjou (Maine-et-Loire), qui fabrique des dalles. Le siège social de Parigné-sur-Braye accueille aussi le centre de formation du groupe pour les futurs franchisés.

Chaque nouveau franchisé débute avec trois salariés et un objectif fixé la première année à 450 000 euros de chiffre d’affaires. « Nous donnons une feuille de route tout à fait réalisable, et nos franchisés s’entraident souvent parce qu’ils ne sont pas concurrents sur leur territoire. Le but à terme est d’atteindre pour chacun un chiffre d’un million d’euros, avec six ou sept salariés et deux apprentis, précise Daniel Moquet. C’est important de faire monter tout le monde en compétence et les jeunes que nous formons seront nos franchisés de demain. »

Daniel Moquet a associé au groupe ses deux filles Camille et Pauline à parts égales.
Daniel Moquet a associé au groupe ses deux filles Camille et Pauline à parts égales. — Photo : Daniel Moquet / L’atelier photo - Mayenne

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