Moselle

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Lorraine Ateliers change de nom et de dimension

Par Lucas Valdenaire, le 28 juillet 2021

L’entreprise inclusive Lorraine Ateliers, récemment renommée Eiclor, n’en finit pas de se diversifier. Avec la sous-traitance aéronautique, le recyclage, la propreté ou encore l’entretien des espaces verts, la société mosellane ajoute une nouvelle corde à son arc en investissant dans le traitement des biodéchets.

Dans son département Recyclage, Eiclor démantèle des ordinateurs, des photocopieurs mais aussi des compteurs électriques venus de toute la Lorraine
Dans son département Recyclage, Eiclor démantèle des ordinateurs, des photocopieurs mais aussi des compteurs électriques venus de toute la Lorraine — Photo : Lucas Valdenaire

Pour ses 25 ans, Lorraine Ateliers (CA 2020 : 2,5 M€ ; effectif : 72) s’offre un nouveau nom. L’entreprise adaptée de Rombas (Moselle), spécialisée dans la fabrication d’ensembles mécano soudés, la sous-traitance aéronautique et la prestation de services, s’appelle désormais "Eiclor", pour Entreprise Inclusive Coopérative Lorraine. Une désignation adoptée le 19 juin par les associés de cette Scop détenue à 100 % par des salariés. "Nous voulons garder notre identité lorraine en y ajoutant une dimension de renouveau", explique la PDG Sylvie Robert.

Un composteur à 220 000 euros

Eiclor s’offre également une nouvelle activité : le traitement de biodéchets. En consacrant 220 000 euros dans un composteur, la société mosellane étoffe son portefeuille de prestations et s’engage davantage dans le développement durable. Celle qui trie les déchets, démantèle du matériel électronique, détruit les archives et valorise les déchets industriels de ses clients installera l’imposante machine dans ses locaux de 7 000 m² en octobre.

"Nous avons des projets avec la Communauté de communes du Pays Orne-Moselle, se réjouit le responsable du département Assemblage, Collecte et Recyclage Fabien Gilardot. Cela permettrait de développer encore plus le circuit court puisque la collectivité ne serait plus obligée d’envoyer ses biodéchets dans une unité de méthanisation à 60 kilomètres de là."

Une centaine de salariés d’ici cinq ans

L’entreprise adaptée souhaite aussi renforcer son activité Propreté en visant de nouveaux marchés. De quoi renouer avec la croissance après une année de stagnation due à la crise sanitaire. "Nos activités de mécanique et d’assemblage pour l’aéronautique ont connu de gros creux, déplore Sylvie Robert. Même chose dans la propreté puisque notre plus gros client, l’Université de Lorraine, a subi de nombreuses perturbations. Mais nous avons su saisir de nouvelles opportunités liées à la pandémie. Par exemple, nous comptons aujourd’hui trois collaborateurs dédiés à la désinfection de bacs à la centrale nucléaire de Cattenom. Ce qui fait notre force, c’est notre capacité d’adaptation."

Une preuve de résilience qui permet à la Scop de viser la centaine de salariés d’ici cinq ans. Seul le manque de main-d’œuvre pourrait contrarier les plans de la dirigeante lorraine. "Faute d’effectifs suffisants, nous sommes parfois contraints de laisser passer de belles opportunités de croissance dans la propreté ou encore l’entretien des espaces verts."

La PDG Sylvie Robert, le responsable du département Assemblage, Collecte et Recyclage Fabien Gilardot et les 50 autres associés de la Scop investissent 220 000 euros dans une nouvelle activité de compostage
La PDG Sylvie Robert, le responsable du département Assemblage, Collecte et Recyclage Fabien Gilardot et les 50 autres associés de la Scop investissent 220 000 euros dans une nouvelle activité de compostage - Photo : Lucas Valdenaire

D’autant que l’entreprise adaptée, soutenue à 20 % par l’État et son dispositif d’aide au poste, ne ménage pas ses efforts pour assurer de bonnes conditions de travail à ses collaborateurs. "Les activités sont diverses, les perspectives de formation sont nombreuses et nous travaillons en permanence sur l’ergonomie des postes", assure la PDG.

Une constante dans l’histoire de cette entreprise issue des ateliers protégés de l’industrie métallurgique régionale. Celle qui a accueilli dès sa création en 1996 "des personnes abîmées par la sidérurgie lorraine", comme le rappelle Sylvie Robert, compte encore aujourd’hui 75 % de salariés en situation de handicap. "Nous changeons de nom mais nous ne gommons pas notre histoire et nos valeurs", conclut la dirigeante.

Dans son département Recyclage, Eiclor démantèle des ordinateurs, des photocopieurs mais aussi des compteurs électriques venus de toute la Lorraine
Dans son département Recyclage, Eiclor démantèle des ordinateurs, des photocopieurs mais aussi des compteurs électriques venus de toute la Lorraine — Photo : Lucas Valdenaire

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