Nancy

Investissement immobilier

Le changement de majorité politique à Nancy a eu raison du projet du groupe Mentor

Par Jean-François Michel, le 16 novembre 2023

Opérant depuis une multitude de sites répartis dans la Métropole du Grand Nancy, le groupe nancéien Mentor projetait de construire son nouveau siège social au sein d’une opération immobilière mêlant un golf et des habitations. Il a préféré abandonner son projet avec le changement de majorité politique.

Le président du groupe Mentor, Benoît Michaux (à droite), a transmis la direction générale du groupe à ses fils.
Le président du groupe Mentor, Benoît Michaux (à droite), a transmis la direction générale du groupe à ses fils. — Photo : Mentor

Une centaine de maisons individuelles, 250 logements collectifs, une résidence senior de 80 logements et un hôtel 4 étoiles de 70 chambres, le tout réparti autour d’un golf de 18 trous, pour un montant global de travaux qui devait dépasser les 120 millions d’euros et une livraison programmée en 2026. Baptisé "Golf Habitat", le projet immobilier porté par le groupe nancéien Mentor (CA : 260 M€ ; 2 400 salariés) à Pulnoy, une commune de l’Est de la Métropole du Grand Nancy, devait aussi permettre au groupe de se réserver une emprise foncière sur les 55 hectares concernés, pour construire son siège social et rassembler 400 collaborateurs au sein d’un même lieu.

Mais le changement de majorité au sein de la Métropole du Grand Nancy suite aux élections de 2020 aura eu raison de ce projet. "Le nouvel exécutif du Grand Nancy ne voulait pas d’un golf, nous n’avons pas vocation à aller à l’affrontement", résume Pierre Michaux, le directeur général du groupe Mentor. Opérateur local dans l’immobilier, le dirigeant veut au contraire travailler "main dans la main" avec les représentants des collectivités : "Il y avait un désaccord, nous avons préféré laisser tomber", résume le dirigeant, qui concède un "coup dur" pour l’entreprise mais retient que dans l’immobilier, "il est nécessaire de travailler sur beaucoup de projets pour seuls quelques-uns aboutissent".

La construction d’un nouveau siège reste au programme

Lors de la présentation du projet, en 2019, le groupe venait de franchir la barre symbolique des 1 000 salariés, tous installés dans une multitude de sites répartis dans la Métropole du Grand Nancy et travaillant dans des domaines aussi divers que la finance, l’informatique, l’immobilier ou encore le marketing. La situation perdure : le groupe, qui compte aujourd’hui plus de 2 400 salariés, a installé son siège au sein d’une vaste maison sur les hauteurs de Dommartemont, dans lequel seules 80 personnes travaillent. "Mais il est toujours important pour nous de rassembler nos collaborateurs pour faire jouer des synergies entre les services", insiste Pierre Michaux, le directeur général du groupe Mentor.

Pour acquérir les 55 hectares de terrain nécessaires au projet "Golf Habitat", le groupe s’était laissé jusqu’en 2021. Les premières réunions publiques avec les agriculteurs concernés n’avaient pas soulevé d’opposition farouche. Dans la commune de Pulnoy, l’ambiance n’était pas la même : un collectif rassemblant riverains et membres de l’opposition à la municipalité alors en place s’était rapproché des représentants d’EELV pour dénoncer un projet "inutile", des terres sacrifiées pour le "plaisir de quelques-uns". Une position qui va se trouver confortée par le changement de majorité au Grand Nancy. Conçu comme une extension de l’actuel golf de Pulnoy, le projet mêlant activité de loisirs et logements avait été imaginé il y a plusieurs décennies par Gérard Royer, l’ancien maire de la commune, puis soutenu par tous les maires de Pulnoy. L’implication du Groupe Mentor permettait alors aux élus de vanter un projet financé à 100 % par le privé.

Plus à cheval sur les questions liées à l’écologie et l’utilisation des terres agricoles, le nouvel exécutif de la Métropole voit ses orientations confortées par la Loi climat et résilience du 22 août 2021. Si le programme "Golf Habitat" est aujourd’hui abandonné par le groupe, la construction d’un nouveau siège est toujours au programme. "Nous restons attentifs à toutes les opportunités", indique Pierre Michaux.

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