Loire-Atlantique

Événementiel

Interview « Des chefs d'entreprise de l’événementiel et de la restauration manifesteront le 18 décembre »

Entretien avec Vincent Bercé, fondateur et ex-dirigeant de BK Event

Propos recueillis par Cyril Raineau - 09 décembre 2020

Le 18 décembre, une association de chefs d’entreprise nantais appelle à manifester pour interpeller le gouvernement sur le drame qui est en train de frapper les secteurs notamment de l’événementiel et de la restauration. Explications de Vincent Bercé, président de l'association Forêt Entreprendre, et créateur de BK Event, une PME de l’événementiel en cours de liquidation.

Vincent Bercé : "Aucune entreprise ne peux tenir, malgré les aides, avec seulement 10 % de son chiffre d’affaires depuis mars."
Vincent Bercé : "Aucune entreprise ne peux tenir, malgré les aides, avec seulement 10 % de son chiffre d’affaires depuis mars." — Photo : V.B

Le Journal des Entreprises : Le secteur de l’évènementiel est quasi à l’arrêt depuis mi-mars suite à la crise du Covid. Quelle est la situation de BK Event, une PME qui conçoit et fabrique des stands d’exposition dont vous étiez le dirigeant ?

V.B. : Étant dans une phase de croissance assez forte, nous avions racheté un concurrent il y a quelques années. Pour mener à bien cette opération, nous nous étions alors endettés. Nous étions donc un peu fragiles quand le Covid est arrivé. En mars, avec le confinement, tous les salons se sont arrêtés. Nous avons alors perdu 90 % de notre chiffre d’affaires et nous n’avons pas pu tenir longtemps (ndlr, il était de 10M€ en 2019). Le redressement judiciaire a été prononcé fin mai. BK Event a été racheté à la barre du tribunal de commerce et nous sommes en cours de liquidation judiciaire. Le repreneur a conservé une vingtaine de salariés sur un peu plus de 100.

Vous avez fondé la société en 2008, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

V.B. : Aujourd’hui, ça va mieux. Mais j’avais évidemment investi beaucoup d’énergie et que ça se termine ainsi, c’est difficile.

Vous êtes président de l’association la Forêt Entreprendre qui appelle à manifester le 18 décembre, en quoi consiste-t-elle ?

V.B. : Elle a été créée pour fédérer les entrepreneurs de la zone d’activités de la Forêt au Bignon qui regroupe 1 300 salariés pour 70 entreprises, qu’elles soient dans l’événementiel comme dans la restauration ou des industries… L’association regroupe trente de ces entreprises représentant 65 % des emplois. Son objectif est de mener des actions pour les entreprises du secteur comme la gestion des déchets, la sécurité, etc. Cette fois, au regard des difficultés que nous partageons dues au contexte actuel, la volonté est de montrer concrètement les conséquences de la crise qui a abouti à la suppression de 200 postes sur cette zone. Ce qui est loin d’être neutre. Et ce n’est malheureusement pas terminé.

Avez-vous des exemples ?

V.B. : Je ne vais pas citer de nom car les entreprises concernées n’ont pas forcément envie de communiquer. Mais un fabricant de pâtisseries surgelées est à l’arrêt et ferme pour trois semaines faute de commandes alors qu’il prépare en théorie en cette période les fêtes de Noël. Une autre entreprise d’évènementiel que BK Event est aussi actuellement complètement fermée.

En quoi consiste l’action que vous allez mener le 18 décembre ?

V.B. : Je précise qu’elle est pacifique et pas politisée, ce sont des chefs d’entreprise qui ont décidé de faire savoir que nos gouvernants ne se rendent pas compte des conséquences actuelles et à venir de la crise sur l’économie. Le reproche principal qu’on leur adresse est la mise sur le côté de l’événementiel, de la restauration, etc. Il n’y a pas plus de risques de contaminations dans un salon, dans la mesure où l’organisateur respecte les gestes barrières, qu’à Ikea ou dans une grande surface qui sont pleins le week-end. Pourquoi n’avons-nous pas le droit de travailler ? On en meurt. Alors certes, nous ne pesons pas autant que le lobby des grandes surfaces. Mais nous estimons être sacrifiés.

Toutefois, le gouvernement est intervenu pour soutenir les entreprises durant cette crise...

V.B. : Il est vrai que les aides ont permis certaines choses : je ne vais pas être trop critique à ce sujet. Mais je pense à nos enfants qui auront à rembourser une dette irremboursable. Surtout, je ne veux pas d’aide, mais qu’on me laisse travailler. Aucune entreprise dans l’événementiel comme dans la restauration ne peut tenir, malgré les aides, avec seulement 10 % de son chiffre d’affaires depuis mars. Il faut vraiment prendre des décisions de réouverture, les professionnels respecteront bien sûr les contraintes sanitaires.

Comment le mouvement du 18 décembre va-t-il se matérialiser ?

V.B. : Nous allons nous regrouper, chefs d’entreprise, cadres, salariés, apprentis, stagiaires sur le site de BK Event, qui est inoccupé (NDLR, le repreneur ne s’est pas installé dans ces locaux). L’idée est de marquer les esprits en montrant ces grands locaux de 7 000 m2 désespérément vides. Pourquoi pas également donner des idées à d’autres zones d’activités pour bouger et illustrer que les conséquences économiques sont déjà là et importantes.

Vincent Bercé : "Aucune entreprise ne peux tenir, malgré les aides, avec seulement 10 % de son chiffre d’affaires depuis mars."
Vincent Bercé : "Aucune entreprise ne peux tenir, malgré les aides, avec seulement 10 % de son chiffre d’affaires depuis mars." — Photo : V.B

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