Rennes

Immobilier

Rennes en plein renouveau pour 2017

Par Virginie Monvoisin et Géry Bertrande, le 03 février 2017

L'immobilier rennais repart. Que ce soit sur le marché de l'entreprise comme en logement, les acteurs du secteur constatent que le redémarrage initié en 2016 se confirme pour 2017. Les raisons ? La LGV, EuroRennes et le métro qui se concrétisent et une meilleure conjoncture.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

L'immobilier rennais est plutôt actif. Les grues sont nombreuses dans le paysage. D'aucuns en compteraient autour de 90 ! Certes avec celles des grands chantiers structurants en cours pour la LGV, le métro, la nouvelle gare... Ceux-ci ne sont d'ailleurs certainement pas étrangers à cette reprise constatée dans l'immobilier.

Les grands chantiers et les grandes sociétés en tête

Pour le spécialiste de l'immobilier d'entreprise Tourny Meyer, présent à Rennes (10 salariés), « nous constatons depuis quelques mois une accélération de la prise de conscience par les clients de l'évolution de l'agglomération rennaise. Les équipements publics mis en place deviennent concrets, comme l'arrivée de la LGV pour cet été. Et puis pour la ligne B du métro, 2019 c'est demain ! ». Les entreprises, très concentrées sur leurs propres affaires du fait de la conjoncture, il y a deux ou trois ans, comprennent aujourd'hui mieux l'intérêt des grands chantiers qui vont apporter une nouvelle dimension à ville. Leurs prises de décisions se sont ainsi accélérées en 2016. De grandes entreprises comme Orange ou Avril ont annoncé des projets immobiliers emblématiques pour Rennes. OVH recrute et s'agrandit aux Champs Blancs, (où, d'après Tourny Meyer, un seul immeuble de bureaux sera livré cette année, sur 2.200 m² : Énergie's). De quoi donner envie, et surtout confiance, à d'autres qui leur emboîtent le pas.

La confiance des ménages

Par la même occasion, c'est aussi le marché du logement qui en profite. Les embauches de salariés sont nombreuses dans l'agglomération, qui attire chaque année 6.000 nouveaux habitants. « L'immobilier fonctionne beaucoup dans un climat de confiance, ajoute Hervé Kermarrec, président de Kermarrec Immobilier. Si le marché de l'immobilier est actif, c'est qu'il bénéficie de l'effet levier des taux d'intérêt encore bas. Avec la même mensualité qu'il y a trois ans, un acheteur peut ainsi cette année s'offrir une pièce de plus ! ».

Les investisseurs reviennent

« Côté investisseurs, c'est aussi le renouveau », constate Laurent Giboire, DG du groupe éponyme. Les dispositifs incitatifs relancent le marché (Pinel notamment). D'autre part, « en terme de transactions en investissement, 2016 a été une année importante, avec plus de 100 millions d'euros d'actifs vendus », souligne Stéphanie Renet (BNP Paribas Real Estate). Résultat, cela joue sur l'ensemble du panel immobilier : sur les produits de qualité, sur EuroRennes notamment ou sur des produits de deuxième génération, en périphérie et à restructurer et qui ont du stationnement. Globalement le marché de l'immobilier d'entreprise a progressé en 2016 de 20 % sur l'ensemble des secteurs.

2017, année charnière

Pour ces acteurs de l'immobilier rennais, il ne devrait pas y avoir trop d'attentisme dû traditionnellement à une année électorale. La tendance amorcée en 2015, accentuée en 2016, va s'accélérer en 2017. Pour Laurent Schmitt, DG de Square Habitat Bretagne, « nous sommes à un niveau très haut jamais vu sur l'ensemble du territoire breton. Les Bretons restent très attachés à la propriété (67 % contre 57 % des Français). Les délais d'écoulement des biens neufs chez les promoteurs est très rapide, signe d'un marché dynamique. ». Il faut toutefois que l'offre soit au rdv ! « Une inconnue plus qu'une crainte ». « Nous constatons déjà +20 % de réservations d'appartement en janvier par rapport à janvier 2016, indique le promoteur immobilier Jérôme Launay. Il y aura un gros renouvellement de l'offre, puisque Rennes a accordé 3.500 autorisations de construire en 2016, ce qui va être mis en vente sur 2017 ». Tout cela est le résultat d'une politique favorable à la construction à Rennes. « C'est aussi le fruit des investissements de Rennes pour des grands projets qui vont voir le jour avant 2020. La LGV devrait être une machine de guerre avec EuroRennes ! », poursuit Laurent Giboire.

Qui s'intéresse à Rennes ?

Avec également la deuxième ligne du métro, et le centre de congrès, Rennes va devenir une destination d'affaires. « C'est une clientèle qu'on n'avait pas l'habitude de voir. EuroRennes intéresse les Parisiens, mais on ne pouvait pas aller les voir trop tôt. Il faut les contacter 18 mois avant la livraison des programmes, pour que cela soit concret pour eux », affirme Laurent Giboire. Et c'est maintenant ! Stéphane Dauphin, nouveau président Fnaim Entreprises 35, constate que « Rennes absorbe en moyenne 85.000 à 90.000 m² de transactions de bureaux par an. C'est un marché bien équilibré, avec ses pôles tertiaires identifiés ». Il serait le 7e marché tertiaire de France, rivalisant ainsi avec Bordeaux, Lyon, Lille, Marseille ou Nantes. « C'est un baromètre économique fort », considère Hervé Kermarrec.

Les opérations majeures

Parmi les zones qui poussent le marché immobilier à Rennes, on remarque la restructuration de quartiers comme Maurepas (avec aussi du tertiaire désormais : Meioza sur 4.000 m² sera livré cette année) ou la Plaine de Baud. Le quartier de Beauregard-Quincé ou celui de la Courrouze voient encore de hauts et imposants immeubles étendre le périmètre construit de la ville. « Rennes a compris qu'il fallait un PLH (Plan local de l'habitat) plus ambitieux », se réjouit Hervé Kermarrec, qui voit « tous les feux au vert pour 2017 ». Mais parmi les grands projets d'urbanisme qui voient le jour cette année, c'est le quartier d'EuroRennes qui va livrer ses bâtiments emblématiques. Eurosquare sera le premier livré, dès cet été (4.000 m² de bureaux). Deux premiers immeubles de l'ensemble Urban Quartz lui emboîteront le pas avant la fin de l'année (13.000 m²). Et le nouvel îlot Beaumont (jouxtant la gare) sera attribué suite à l'appel d'offres qui vient d'être lancé, pour réaliser 15.000 m² de bureaux pour 2020.

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