Ille-et-Vilaine

Réseaux

Rebond 35 à l’écoute du dirigeant en détresse

Par Baptiste Coupin, le 26 janvier 2018

Face à l’échec professionnel, la surcharge de travail ou le dépôt de bilan, les dirigeants d’Ille-et-Vilaine peuvent désormais se tourner vers l’association Rebond 35. En deux ans, une cinquantaine de personnes - tout type de profils - ont pu recevoir une aide psychologique.

Jean-Charles Charrier (à droite), président de Rebond 35, et Karim Essemiani, qui rejoint l'association sur les problématiques des start-up. — Photo : Baptiste Coupin - Le Journal des Entreprises

« En 2016, quand la situation économique de mon entreprise a commencé à péricliter, la vie de famille aussi s’est délitée. Ma femme m’a quitté, je me suis retrouvé seul face à mes difficultés… » Sébastien, commerçant à Rennes, raconte l’accumulation de problèmes, début d’une détresse réelle, qui l’ont conduit à prendre contact avec Rebond 35.

Fruit d’une collaboration entre une quarantaine de chefs d’entreprise d’Ille-et-Vilaine, du tribunal commerce et des professionnels de santé, l’association vient en aide aux dirigeants traversant une période psychologiquement difficile, à travers l’écoute et l’échange, le tout dans une totale confidentialité. Qu’ils soient commerçants, comme Sébastien, artisans ou dirigeants de TPE/PME, les chefs d’entreprise qui connaissent une situation d’échec sont plus nombreux qu’il ne paraît : en 2017, le nombre d’entreprises défaillantes s’élevait à 443 dans le département ; 493 en 2016.

Avec de graves conséquences, parfois, sur le plan social et familial, pouvant conduire au suicide - une tentative tous les deux jours en France chez les dirigeants.

Pallier la détresse des dirigeants

C’est pour éviter pareils drames que l’association Rebond 35 a été créée, en septembre 2015. Elle est actuellement présidée par Jean-Charles Charrier. Cet ancien dirigeant de l’entreprise de bâtiment BST, à Pacé, a pu mesurer, vingt ans durant, « la fatigue et l’isolement » qui peuvent parfois accaparer les chefs d’entreprise.

Aux côtés d’une vingtaine de membres actifs dans l’association, il s’implique désormais pour aider les personnes en « décrochage ». Par le biais d’un accueil téléphonique d’urgence (1), les dirigeants sont orientés vers des professionnels de santé ou thérapeutes pour une prise en charge individuelle, lorsque la situation l’exige, ou un groupe de parole. Chaque année, c’est une quarantaine de personnes qui appelle au secours l’association. Rebond 35 est financée à 100 % par les entreprises de la région grâce à un système de dons. Elle compte 70 donateurs à ce jour (Triballat, Crédit Mutuel de Bretagne, Crédit Agricole, Samsic, etc.). Leur aide permet à la structure d’assurer un suivi et un accompagnement toute l’année.

2018 : cap sur les start-up

En 2018, Rebond 35 accueille Karim Essemiani, fondateur de la plateforme de financement participative Gwenneg. Sa mission est de se pencher plus spécifiquement sur les problématiques des créateurs de start-up. « Ces entreprises sont particulièrement fragiles, explique le nouveau membre, parce qu’elles ont besoin de vivre sur des fonds propres. Dans ce milieu, on est beaucoup dans la posture et dans la surreprésentation sur les réseaux sociaux. Mais il y a des solutions de détresse extrêmement graves. J’ai eu l’occasion de voir des murs se fissurer… »

Auprès de cette jeune population, et vers les dirigeants dans leur globalité, l’association veut faire passer le message suivant : « il y a des solutions, il y a des gens qui peuvent vous accompagner, vous aider à y voir plus clair ». Et alors il sera temps de rebondir.

(1) 06 68 50 36 32

Jean-Charles Charrier (à droite), président de Rebond 35, et Karim Essemiani, qui rejoint l'association sur les problématiques des start-up. — Photo : Baptiste Coupin - Le Journal des Entreprises