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International

Pourquoi les entreprises bretonnes doivent faire du business avec Israël

Par Baptiste Coupin, le 16 octobre 2018

Près de 185 chefs bretilliens participent, jusqu’au 17 octobre, au voyage d’affaires de l’Union des Entreprises 35 en Israël. L’économie de ce pays est florissante, et les opportunités business nombreuses. Deux entreprises bretiliennes, Yves Rocher et BeMove, ont choisi de s’y implanter. D'autres pourraient suivre.

Julia Neustadt (au micro, Yves Rocher) et Thierry Gafsou (à gauche, BeMove) : l'exemple de deux entreprises bretiliennes qui font du business en Israël. — Photo : Baptiste Coupin

« Sur le plan économique, les choses vont plutôt bien en Israël. » C'est le message qu'a voulu faire passer Dan Catarivas, directeur des relations internationales à la Manufacturers’ Association (le Medef israélien), devant les 185 chefs d’entreprise d'Ille-et-Vilaine réunis par l'UE 35 pour un voyage d'affaires dans le pays. Il rend compte de la bonne santé de son pays : plus grande économie du Proche-Orient avec un PIB de 370 milliards de dollars, une croissance de 4 %, un taux de chômage à moins de 5 %, une dette publique maitrisée… Des indicateurs bluffants pour cette toute jeune nation, qui vient juste de fêter ses 70 ans.

Un petit pays tourné vers le monde

Israël, dont on pourrait pressentir que son marché est trop petit (20 000 km², la taille de la Bretagne) et trop complexe, et que son isolement géographique pourrait lui nuire - sans parler des questions sensibles sur le conflit avec la Palestine, franchit tous les obstacles. Son secret ? Son ouverture au monde.

« La notion d’exportation existe depuis le départ compte tenu de la taille du pays. Nous avons développé des relations très fortes avec l’Union européenne (40 % du commerce extérieur), mais aussi l’Asie et les États-Unis. Cette idée qui veut qu’on crée son entreprise très tôt, avant de la revendre à des sociétés étrangères, est devenu le modèle à suivre », poursuit Dan Catarivas.

Start-up nation

C’est particulièrement vrai dans le secteur high tech. Dernier cas concret : le rachat, en 2017, par le géant américain Intel, de la société israélienne Mobileye, pour un montant record de 15 milliards de dollars. La célèbre application de trafic routier Waze est également née en Israël et a elle aussi connu pareil destin, lorsqu’elle a été rachetée par Google en 2013 pour 1,3 milliard de dollars.

Loué pour être une "start-up nation", Israël est devenu un pays incontournable en matière d’innovation. 350 centres R&D de multinationales sont implantés ici. IBM, Google, Amazon, Ford… mais aussi Renault, qui va y installer prochainement son laboratoire sur la mobilité intelligente.

Les entreprises bretonnes en action

Souhaitant prendre part à ce « miracle économique », plusieurs entreprises bretonnes ont déjà posé le pied en "terre promise". C’est le cas du groupe Rocher (15 000 salariés, 2,3 Mds € de CA en 2016), qui a sa direction commerciale à Rennes et est installé en Israël depuis trois ans. L’entreprise de cosmétique a ouvert 16 magasins, avec un partenaire-distributeur, et en vise 40 à horizon 2023. « Les gens ont l’habitude de voir les marques internationales ici et les accueillent bien. Il y a du pouvoir d’achat », commente Julia Neustadt, country manager chez Rocher.

Autre entreprise d’Ille-et-Vilaine à s’être aventurée en Israël : le rennais BeMove (98 salariés, 10 M€ de CA en 2016), comparateur de services à la personne, qui emploie 30 personnes à Tel Aviv. « Nous cherchions un axe de développement rapide pour nous attaquer au marché européen. Nous y avons installé notre laboratoire de technique de vente », explique Thierry Gafsou, son directeur général.

Opportunités à l’export

Profitant du voyage de l’UE35, des entreprises bretilliennes saisissent l’opportunité de rendez-vous BtoB. A l’instar de SCD Luisina (140 salariés, 40 M€ de CA en 2017), à Servon-sur-Vilaine, qui fournit des articles de cuisine pour les professionnels, en recherche d’un partenaire distributeur. Ou Imporelec (30 salariés, 1 M€ de CA en 2017), à La Chapelle-des-Fougeretz, qui a rencontré un grossiste pour peut-être vendre demain ses produits de matériel électrique dédié aux industriels. Exporter ou s’implanter en Israël ? Pour les acteurs bretons, c’est devenu une évidence !

Julia Neustadt (au micro, Yves Rocher) et Thierry Gafsou (à gauche, BeMove) : l'exemple de deux entreprises bretiliennes qui font du business en Israël. — Photo : Baptiste Coupin

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