Agroalimentaire

Maître Jacques investit 5 millions d'euros dans un nouvel agrandissement

Par Virginie Monvoisin, le 10 décembre 2020

Maître Jacques, entreprise rennaise de boucherie charcuterie, filiale d'Agrial, réalise une sixième et ultime extension de ses locaux. Si elle investit 5 millions d'euros, c'est pour rester performante, innovante et réactive face à l'augmentation des volumes à produire.

À Rennes, Maître Jacques va agrandir son site de 3 200 m², notamment pour améliorer ses performances logistiques (ici une vue du futur bâtiment).
À Rennes, Maître Jacques va agrandir son site de 3 200 m², notamment pour améliorer ses performances logistiques (ici une vue du futur bâtiment). — Photo : © Idec Agro & Factory / Maître Jacques

Sa dernière extension remontait à 2010, avec un ajout de 5 000 m². Dix ans après, Maître Jacques a de nouveau besoin d’espace, et a démarré une nouvelle phase de travaux, pour gagner 3 200 m² supplémentaires. L’usine de transformation et d’élaboration de produits à base de viande va ainsi atteindre, en juin 2022, les 17 000 m² couverts à Rennes. Montant de l’investissement : 5 millions d’euros, portés par la coopérative normande Agrial, maison mère (siège à Caen) de Maître Jacques depuis 2013. "Ce sera le sixième et dernier agrandissement possible sur ce terrain", indique Laurent Saccol, directeur général de l’entreprise. Mais un agrandissement indispensable à son développement. "Nous connaissons une croissance régulière et forte, avec une progression à deux chiffres", ajoute le DG.

7 500 tonnes de viande par an

Maître Jacques réalise en effet 58 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020, contre 53 millions d’euros en 2019, avec la fabrication de 7 500 tonnes de produits finis (gibier, saucisse, pâté, viande fumée, brochette, rôti…). Il travaille tous types de viandes (porc, bœuf, veau, agneau…), avec une tendance nouvelle pour les "petites viandes", constate Laurent Saccol, qui voit arriver de plus en plus de demandes sur des produits à base de volailles, mais aussi de lapin, par exemple. "Différents courants marketing nous indiquent que la mode du flexitarien va se renforcer. Nous faisons alors le pari que ceux qui consomment de la viande vont certes en manger moins, mais vont rechercher des produits élaborés premium, pratiques à préparer."

Effectifs doublés en dix ans

Laurent Saccol, directeur général de Maître Jacques.
Laurent Saccol, directeur général de Maître Jacques. - Photo : © Maître Jacques

Pour répondre à cette demande, qui s’est vue renforcée avec les confinements, Maître Jacques entend rester réactif et continuer d’innover au service du consommateur. C’est pour cela qu’il a besoin d’espace. Dans la nouvelle extension, 1 600 m² seront dédiés à la logistique, permettant de passer de 3 à 5 quais de chargement. "Nous allons multiplier par deux notre potentiel de préparation de commandes", précise Laurent Saccol. Les 1 600 m² à l’étage de ce nouveau bâtiment, pensé par le rennais Idec Agro & Factory, vont être destinés à des locaux sociaux et des bureaux supplémentaires. Il faut dire que l’entreprise a plus que doublé ses effectifs en dix ans, passant de 120 salariés à 300 en moyenne (avec des pics saisonniers l’été et l’hiver à 500 personnes sur le site).

De même, Maître Jacques a engagé depuis cinq ans une structuration forte de certains services comme la R & D, le QSE (qualité, sécurité, environnement), le marketing et le sourcing notamment, embauchant également dans ces métiers. "Nous sortons 20 à 30 produits nouveaux par an, parmi lesquelles des nouvelles gammes de volaille et du snacking", souligne le directeur. Maître Jacques vient, par exemple, de relooker le croque-monsieur, avec un croque-gaufre au rôti de porc fumé. Pour les fêtes, il a aussi imaginé des produits à base de poularde, grâce à un travail réalisé en amont avec les éleveurs de la coopérative Agrial. "Nous leur avons demandé d’élever pour nous des poulardes", indique Laurent Saccol, attaché à ce travail coopératif.

Un développement vers le Sud-Est

Ces produits sont ensuite distribués en GMS (rayons traditionnel ou libre-service), qui représentent 95 % de l’activité de Maître Jacques. L’entreprise adresse l’ensemble du territoire hexagonal, avec une prédominance dans l’Ouest. D’ailleurs, elle vise clairement un plus fort développement à l'Est. Cela pourrait passer par une opération de croissance externe. "Pourquoi pas", confie Laurent Saccol, se disant "à l’écoute du marché". Les 5 % restants de la production de Maître Jacques concernent aujourd’hui le "food-service" (restauration hors foyer), un marché encore nouveau pour l’industriel. "Nous avons fait le choix de ne pas nous perdre dans trop de marchés différents, mais aussi d’innover avec de nouveaux produits, sans toutefois perdre notre ADN de fabricants de produits réalisés à la main", insiste le directeur. Garder ce savoir-faire en gagnant en réactivité, cela passe tout de même par l’achat de machines plus performantes, mais "qui auront toujours besoin d’un contrôle humain", prévient Laurent Saccol. En 2020, Maître Jacques a investi 2 millions d’euros dans une nouvelle ligne automatisée pour la fabrication de rôtis, et dans une rénovation de son circuit de froid. Ses nouveaux locaux vont aussi être l’occasion de réorganiser une partie de la production. Une réflexion a été engagée en ce sens, et va permettre de gagner 600 m² en production.

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