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Enquête Les dirigeants bretons en quête de défis sportifs

Par Les rédactions bretonnes, le 11 juillet 2022

Alors que les crises sanitaires et économiques ont replacé la quête de sens au cœur des réflexions des entreprises et bouleversé les modes de travail, nombre de dirigeants bretons osent aujourd’hui s’absenter pour s’engager dans des aventures sportives. Menées personnellement au départ, elles se transforment souvent en catalyseur de motivations et donnent un nouvel élan aux équipes.

Les chefs d’entreprise rennaises Delphine Coquio et Klervi Leroux ont réalisé le Rallye Aïcha des Gazelles au Maroc en mars 2022.
Les chefs d’entreprise rennaises Delphine Coquio et Klervi Leroux ont réalisé le Rallye Aïcha des Gazelles au Maroc en mars 2022. — Photo : Cap à l'West Equipage

La Bretagne est une terre de vélo, la Bretagne est une terre de marins. Des corsaires malouins aux skippers de trimarans Ultim installés dans la Sailing Valley sud-bretonne, la Bretagne, globalement, est reconnue comme une terre d’aventuriers ! Les chefs d’entreprise font partie de ces aventuriers dits des temps modernes, et à plusieurs titres. D’abord, ils relèvent chaque jour des défis pour faire grandir leurs entreprises, et sont souvent distingués pour leur esprit d’entreprendre, leur sens de l’innovation, leur engagement et leur force dans l’adversité. La crise sanitaire puis la crise économique et récemment la guerre en Ukraine n’ont pas entamé leur goût de l’effort. Et puis certains dirigeants relèvent des défis plus extraordinaires. Des défis qui les engagent personnellement, sportivement, avant d’engager leur entreprise. Cela reflète un autre esprit d’entreprendre qui n’est pas nouveau, mais qui a tendance à se déployer depuis la fin des confinements. Il prend même une nouvelle teneur, empreinte de plus de lien social et de quête de sens. Les réseaux sociaux en sont les premiers témoins : le dirigeant de cette entreprise rennaise de la grande distribution a pris les voiles pour une transat Jacques Vabre ; celui-ci, patron d’un groupe industriel, s’est embarqué pour trois semaines de Dakar… Et ils ne sont pas les seuls !

Arlan Boulain pratique le vélo 10 h par semaine.
Arlan Boulain pratique le vélo 10 h par semaine. - Photo : Balsim - Benjamin Croizet - Benjamin Croizet

Des dirigeants "mûrs" dans leur management

D’après une étude menée en interne par la section des jeunes dirigeants du CJD de Rennes (111 adhérents), deux membres sur dix indiquent s’adonner à des défis sportifs, qui les mobilisent, outre pour leurs entraînements, dans la réalisation même de leurs compétitions. C’est le cas notamment de trail, ou de rallye auto-moto. "Ce sont des dirigeants plutôt mûrs dans leur management qui arrivent à faire ça, constate Florent Paillereau, coprésident du CJD Rennes, cofondateur de l’entreprise numérique Linaïa et… pompier volontaire à La Bouëxière. Ça a un côté assez sain pour nous parce que les dirigeants, trop souvent, ont la tête dans le guidon et ne s’accordent pas assez de temps pour souffler. Je le vois comme une manière de transformer le stress en énergie." Alors, avec les crises traversées récemment, le besoin de vivre une échappatoire, se trouve sans doute renforcé. L’organisateur de Dakar Joan Morel, de la société MD Rallye Sport le constate aussi : "nous avons de plus en plus de demandes d’accompagnement de dirigeants d’entreprise, qui veulent poursuivre un rêve. Cette année, depuis que le parcours du Dakar 2023 a été dévoilé, j’ai des coups de fil tous les jours !" Son entreprise, basée en Normandie, propose depuis vingt ans un service clé en main de location de matériel et d’assistance à la réalisation de rallyes et raids comme le Dakar.

Depuis la Manche, MD Rallye Sport (1,6 M€ de CA) est la seule en France à apporter cet accompagnement, emmenant chaque année une demi-douzaine de chefs d’entreprise réaliser leur rêve sur la mythique course. Un Rennais figure sur la liste potentielle du prochain départ. Lors de l’événement, l’équipe de MD passe alors de 6 collaborateurs à 40, avec des mécaniciens et navigateurs. C’est l’une des prestations apportées par l’entreprise, qui associe un dirigeant à un équipier navigateur qu’elle se charge de trouver. "Un Dakar se prépare pendant deux ans. Le chef d’entreprise ne peut pas tout organiser seul", constate Joan Morel, qui s’occupe aussi de lui expliquer les rudiments de la course et de lui programmer des entraînements terrain. La société MD organise ainsi tout le rallye de A à Z pour le compte du dirigeant : planning, location de la voiture et du matériel, assistance, billets d’avion, logistique, textes et photos de communication… Il faut dire qu’une épreuve comme le Dakar nécessite un sacré engagement. Pendant trois semaines, pas question de répondre à des méls ou de passer de coups de téléphone, alors encore moins de poster des vidéos ! "Leur départ nécessite alors une organisation de leur travail en amont. Nous n’interférons pas dans leur business, mais les mettons en garde. En général, ils savent très bien déléguer", constate Joan Morel, ajoutant que "s’ils partent à l’aventure, il faut que les dirigeants se consacrent à leur défi à 100 % pour que cela fonctionne."

Le dirigeant d’Ariadnext, Guillaume Despagne, pratique le vol en montgolfière à travers le monde. Ici, dans le désert d’Al Ula en Arabie saoudite.
Le dirigeant d’Ariadnext, Guillaume Despagne, pratique le vol en montgolfière à travers le monde. Ici, dans le désert d’Al Ula en Arabie saoudite. - Photo : Guillaume Despagne

Motivation et clairvoyance

"La tendance aux défis est ancrée depuis quelques années et elle se développe, constate encore Florent Paillereau. Les dirigeants essaient de faire des choses à côté de leur travail. Ça fait partie du développement personnel du chef d’entreprise. Généralement il y a un avant et un après défi tant pour l’entreprise que pour le patron."

Le Finistérien Christian Guyader peut en témoigner, avec le recul sur son expérience réalisée il y a déjà quatre ans, lorsqu’il est parti faire la Route du Rhum. Pour le président de Guyader Gastronomie (550 salariés, 103 M€ de CA) à Landrévarzec, cette "pause" lui a permis de revenir "avec davantage de fraîcheur et de motivation à la tête de mon entreprise. Ce que j’ai perdu en efficacité au moment de la préparation et de la course, je l’ai regagné en clairvoyance stratégique au retour. J’ai pris des décisions depuis dans la structuration de l’entreprise." Christian Guyader a dû effectuer une préparation de quatre ans pour parvenir à réaliser "son rêve d’enfant". "Par respect pour les coureurs de la Route du Rhum, il faut le faire sérieusement. Au total, j’ai accumulé 60 000 miles, cela représente quand même quelques heures", sourit le skipper amateur, qui est arrivé 10e sur une vingtaine de bateaux de sa catégorie. Pour s’absenter de l’entreprise, le patron a dû déléguer. "J’avais un DG à l’époque. J’ai aussi structuré les fonctions dont je m’occupais beaucoup : commerciale, marketing, R & D", explique Christian Guyader, qui ne se voyait pas "répondre à un appel d’offres de clients au milieu de l’Atlantique !" Surtout, le patron s’est aperçu de l’engouement que son aventure a provoqué chez ses salariés. "On me faisait des clins d’œil quand je passais dans les usines. Cela a créé une vraie dynamique." Une dynamique qui dépasse même son entreprise. Car, depuis, d’autres dirigeants sont venus toquer à sa porte : "Ils voulaient savoir s’ils pouvaient le faire. Pour moi, tout le monde le peut en se préparant. Je l’ai pris comme un projet à mener dans l’entreprise : réunir les compétences, mettre les moyens où il faut, consacrer le temps nécessaire."

Christian Guyader à bord de son voilier lors de la Route du Rhum en 2018.
Christian Guyader à bord de son voilier lors de la Route du Rhum en 2018. - Photo : François Van Malleghem - Guyader Gastronomie

"Faites-nous penser à autre chose !"

Si les projets des patrons sont de prime abord personnels, ils finissent en effet bien souvent par embarquer leurs collaborateurs. "Les dirigeants partent aussi pour montrer leur esprit combatif et se servent de cette aventure pour communiquer autour de leur entreprise", constate Joan Morel. "Ce type de défi est intéressant si on emmène avec nous un collectif, si cela nous dépasse, pour partager des valeurs comme celles de solidarité, de persévérance et de bienveillance. L’adhésion de ses équipes est très importante", estime également Klervi Leroux, huissier associée à Rennes dans une étude de 18 collaborateurs. Elle a participé pendant trois semaines en mars dernier au Rallye des Gazelles au Maroc, avec sa coéquipière Delphine Coquio, dirigeante de l’agence d’intérim Facilium (4 permanents, 1,4 M€ de CA). Pour se financer, elles ont trouvé 48 sponsors, portant en même temps les valeurs d’associations comme Rebond 35, qui vient en aide aux dirigeants en détresse psychologique. "Nous avons fait ce rallye moins pour la compétition que pour donner un témoignage inspirant, explique Klervi Leroux. L’entrepreneuriat, c’est être confronté à des difficultés et réussir à trouver des solutions pour rebondir. C’était pareil sur notre rallye des Gazelles : nous avons dû sans cesse rebondir. Depuis mon retour, quand j’ai un problème, je pense à ce jour où on a mis 5 h 30 à trouver une balise dans une tempête de sable ! Ma persévérance est démultipliée." Klervi Leroux et Delphine Coquio n’étaient pourtant pas amatrices de sports automobiles, mais comme beaucoup de dirigeants qui se lancent des défis, elles ont voulu "remettre l’humain au cœur d’un sujet, disent-elles. Après le Covid, nous avions envie de nouveaux projets, et nos équipes nous disaient : "embarquez-nous, faites-nous penser à autre chose" !"

Porter des valeurs et ressouder les équipes

Les crises récentes ont eu cet effet accélérateur pour les projets porteurs de sens. Arlan Boulain, président du spécialiste de l’immobilier d’entreprise Bleu Mercure (23,3 M€ de CA, 25 salariés, siège à Plérin) a par exemple participé, en mai dernier, à la course Bordeaux-Paris, et parcouru 650 km de vélo en 30 heures. "Ce défi sportif est parti d’un pari entre amis et connaissances professionnelles, raconte le Costarmoricain. Ce genre d’épreuve permet de créer des liens forts pour arriver au bout de ce défi, qui avait d’ailleurs comme objectif de soutenir l’Ukraine ainsi qu’une organisation caritative favorisant l’intégration des communautés immigrées en France." Le Costarmoricain, qui participe également tous les ans à une étape du Tour de France, organise régulièrement des sorties vélos entre collaborateurs après une journée de travail. "C’est l’occasion pour moi de me retrouver avec mon équipe, de partager du temps ensemble qui sorte du quotidien, et de consolider notre relation." "Dans l’effort, il n’y a pas de DG et de banquier d’agence ou autre chose, ajoute le Finistérien Ronan Le Moal, ancien DG du Crédit Mutuel Arkéa et qui continue de faire des sorties le dimanche avec certains anciens collaborateurs de la banque. Selon moi, la solidarité, cette qualité de relation, de proximité, sont des valeurs de travail autant que sportives."

Ronan Le Moal, fondateur d’Épopée gestion est aussi un cycliste passionné.
Ronan Le Moal, fondateur d’Épopée gestion est aussi un cycliste passionné. - Photo : Isabelle Jaffré

Le sport crée une dynamique dans l’entreprise

Matthieu Kerleroux, prof d’EPS de formation, lui aussi conjugue vie sportive et vie d’entreprise. À Landivisiau, il co-dirige, avec son frère Jean-Baptiste, Alliance Médicale Services (20 salariés, 2 M€ de CA), entreprise spécialisée dans les appareils d’assistance respiratoire, il a également créé avec lui Kenvad en 2019 (deux salariés, CA NC). Cette entreprise vise à faire de la prévention santé en entreprises par le sport, l’alimentation, le bien-être ou encore le développement personnel. Son appétence pour le sport s’est concrétisée en 2015 par la pratique d’un sport de nature venu de Suède : le swinrun. "En binôme, on alterne des séquences de courses et de nage en eaux libres (mer, lacs), attachés par une longe, sur plusieurs dizaines de kilomètres, explique Matthieu Kerleroux. Il est d’ailleurs qualifié avec son binôme pour les Championnats du monde de Swimrun, qui auront lieu le 5 septembre 2022 en Suède. "Pour financer la course (ticket d’entrée de 1 600 €), nous avons décidé de faire appel à des mécènes. Kenvad participe mais aussi 20 autres sociétés bretonnes nous ont suivis avec des petits financements de 200 ou 300 euros, indique Matthieu Kerleroux. Au total, nous avons récolté 4 500 euros. Pour faire vivre cette aventure auprès des entreprises mécènes, nous partageons sur notre page Facebook leurs entraînements mais je vais aussi à la rencontre des chefs d’entreprise qui nous ont suivis pour leur parler sport et de leur entreprise." Au sein de Kenvad et Alliance Médicale Services aussi, l’idée est d’impliquer les salariés. "Je crois beaucoup à l’exemplarité dans ce domaine. Cela crée une dynamique", explique le dirigeant.

Adaptation des horaires de travail

Pour Ronan Le Moal, aujourd’hui codirigeant de l’entreprise d’investissement Épopée Gestion (24 salariés, 340 M€ sous gestion), le vélo fait partie d’une routine. Ancien compétiteur de haut niveau en cyclisme (junior et une année en senior) avant d’entrer dans la banque, il était remonté sur selle après une rencontre avec le rugbyman Fabien Galthié. "Il m’a demandé quel sport je pratiquais. Je lui ai répondu que je n’avais pas le temps. "Si tu ne prends pas le temps, tu ne l’auras jamais, m’a-t-il dit. Cela a été un déclic." Cinq fois par semaine, il fait trois quarts d’heure de vélo en salle pendant la semaine à Brest ou à Paris. "Le samedi, je fais 2 à 3 heures et 3 à 5 heures le dimanche matin. Cela fait partie de mon hygiène de vie", explique-t-il, quitte à s’adapter en décalant sa journée. C’est aussi en adaptant son planning qu’Arlan Boulain trouve le temps pour ses défis sportifs : "moins de déjeuners au restaurant et une gestion plus rigoureuse de mon agenda me permettent de m’entraîner et d’assurer mes rendez-vous. Et il est vrai que les visios plus généralisées depuis le Covid, offrent un gain de temps, même si nous privilégions les relations humaines et directes", confie-t-il. Même réorganisation du temps pour le Rennais Guillaume Despagne, qui arrive à s’absenter très régulièrement en montgolfière. "Je suis chef d’entreprise, je fais ce que je veux !", plaisante le codirigeant et cofondateur de la société d’identité numérique Ariadnext (300 collaborateurs, 55 M€ de CA). Guillaume Despagne travaille à distance quand il fait voler aux quatre coins du monde sa montgolfière aux couleurs de son entreprise. "Nous volons surtout le matin ou tard le soir", explique ce pilote professionnel et instructeur. En février dernier, quand il a été invité une semaine à voler pour le compte d’un émir en Arabie saoudite, il avait embarqué son PC et son téléphone. "J’ai même réalisé un entretien annuel en visio avec une collaboratrice qui se trouve en Roumanie, témoigne-t-il. Elle a aperçu quelques arbustes, le ballon, et un chameau." Insolite mais vrai. Le dirigeant repart en octobre et novembre au Mexique et aux États-Unis pour des rencontres mondiales de montgolfières, où il embarque donc un peu son entreprise avec son ballon. "C’est un formidable vecteur de communication, qui rassemble. Ce qui m’intéresse c’est de faire partager ma passion", souligne celui qui a fait venir son engin pour l’inauguration du nouveau siège social de l’entreprise en mars… y faisant monter ses collaborateurs un par un ! "Nous allons aussi faire gagner des voyages en montgolfière par tirage au sort lors d’un prochain événement de recrutement", ajoute Anna Nicolle, responsable de la communication.

Un savant mélange perso-pro

Très souvent, la passion du dirigeant rejoint ainsi la réalité de son entreprise. Le skipper lorientais Fred Duthil, dont le bateau sera sponsorisé par Le Journal des Entreprises (lire en pages nationales), mène par exemple de front une carrière d’entrepreneur. À la tête de la voilerie "Technique Voile" basée à la Trinité-sur-Mer (Morbihan), il s’engage pour une 13e participation à "La Solitaire du Figaro". Chez JPK Composites (40 salariés, 6,50 M€ de CA), autre chantier nautique basé à Larmor-Plage, le dirigeant Jean-Pierre Kelbert est quant à lui revenu, en mai, d’une course transatlantique de trois semaines, Cap Martinique, où il a d’ailleurs terminé second à bord de son JPK 1030. "Je manque un peu d’entraînement face à mes adversaires. Mais mon goût de l’aventure s’équilibre bien avec mon activité de constructeur à terre", sourit-il. "Cette envie de performer sur l’eau, c’est un peu le point de départ de mon entreprise", reconnaît l’ancien champion de planche à voile, passé par l’équipe de France olympique, où il s’est forgé un bagage technique dans la conception de flotteurs. Des traversées mythiques comme la Fastnet ou la Sydney Hobart jusqu’aux grandes régates d’un week-end, Jean-Pierre Kelbert n’hésite pas à s’absenter plusieurs semaines chaque année pour se mesurer avec ses confrères et rafler les places d’honneur. "C’est l’occasion de se trouver parmi les passionnés, mais aussi de séduire d’éventuels clients. Face aux gros constructeurs, l’image et la crédibilité du chantier bénéficient beaucoup de cet engagement, même si les voiliers de course ne représentent plus aujourd’hui qu’environ 35 % de notre activité", ajoute le dirigeant-skipper.

L’autre condition, c’est le mental

Cet hiver, Sébastien Lemaire a jonglé entre sa casquette de dirigeant d’un supermarché dans le Morbihan et celle de compétiteur de ski.
Cet hiver, Sébastien Lemaire a jonglé entre sa casquette de dirigeant d’un supermarché dans le Morbihan et celle de compétiteur de ski. - Photo : DR

Un autre drôle d’oiseau, ou plutôt, "un extraterrestre", comme le décrivent parfois ses pairs, nourrit sa vie de chef d’entreprise de son expérience dans le sport. C’est le Morbihannais Sébastien Lemaire, 48 ans, codirigeant d’Intermarché à Hennebont (50 salariés, CA : n.c.) dans le Morbihan. Triathlète, avironniste, skieur, il vient de faire un "demi" Ironman, l’Everest des triathlètes. Ces derniers mois, il s’est absenté une semaine par mois de son entreprise pour ses entraînements et disputer des compétitions de ski face à de futurs moniteurs. Son organisation est millimétrée : une réunion à Paris et un camion à aller chercher à Lyon ensuite, son deux-roues est embarqué à bord du train et Paris-Lyon se fait à vélo. Dans cette vie de chef d’entreprise sportif, Sébastien Lemaire confie que son meilleur allié est son smartphone : appels, consultation des mails et des tableaux de bord, tout y est ou presque. Modeste sur son niveau sportif, discret sur son mode de fonctionnement, le directeur de GMS note : "c’est vrai, je croise peu de chefs d’entreprise dans mes défis et quand j’en parle, ça intrigue et détonne. Mais pendant mes séances, je trouve aussi des solutions à mes problématiques d’entreprise." Certains sportifs de haut niveau ou ses coachs lui décernent un avantage majeur : "le mental, un chef d’entreprise qui ne lâche rien".

Le mental, en sport comme en entreprise, n’est-ce pas là, finalement, la clé de la réussite ?

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