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Levées de fonds : ces secteurs qui échappent à la crise du financement des start-up

Par Stéphane Vandangeon, le 10 janvier 2024

En 2023, les start-up françaises ont levé 36 % de capitaux de moins qu’en 2022, révèle une étude d’In Extenso. Mais les start-up qui lèvent des fonds sont plus nombreuses et certains secteurs demeurent très prisés des investisseurs.

Parmi les secteurs qui attirent les investisseurs : les cleantech.
Parmi les secteurs qui attirent les investisseurs : les cleantech. — Photo : Julien Bru Studio

En matière de financement des start-up, faut-il voir le verre d’eau à moitié vide ou à moitié plein ? Côté face, les start-up de la French Tech ont levé 9 milliards d’euros en 2023, selon les estimations d’In Extenso Innovation Croissance. C’est 34 % de moins qu’en 2022 (14 milliards d’euros) et 18 % de moins qu’en 2021 (11 milliards). Observée dès la fin de l’année 2022, la chute des volumes investis dans les start-up est, en France, beaucoup plus brutale que la moyenne de l’Union européenne (-28 % en 2022). Pâtissent principalement de cet effondrement des financements, les grosses levées de fonds, supérieures à 50 millions d’euros, qui ne représentent plus que 3 % des opérations en 2023, soit deux fois moins qu’un an auparavant. En raison d’une conjoncture maussade et de la remontée des taux d’intérêt, ce cycle baissier devrait se poursuivre "pour quelques trimestres encore", pronostique Nicolas Landrin, directeur exécutif de Centre pour l’entrepreneuriat et l’innovation de l’Essec. Et ce, malgré différentes initiatives publiques telles que les presque 7 milliards d’euros de fonds réunis au sein de Tibi.

Les montants levés supérieurs de 80 % à l’avant Covid

Côté pile, on notera que les 9 milliards levés en 2023 restent supérieurs de 80 % à l’avant crise sanitaire. Il ne faut pas oublier qu’en 2019 et qu’en 2020, les start-up tricolores ne levaient que 5 milliards d’euros. Par ailleurs, la France demeure le deuxième pays d’Europe ayant levé le plus de fonds en 2023, derrière la Grande-Bretagne. Enfin, si les volumes se sont effondrés, le nombre d’opérations est, lui, en augmentation, de 7 % en 2023.

L’amorçage et les cleantech en hausse

Ce qui veut dire que les investisseurs ont réorienté leur stratégie d’investissement. Avec des tickets d’intervention moins importants et sur des secteurs plus ciblés. "Les fonds ont essentiellement soutenu l’amorçage, les technologies de rupture deeptech et quelques secteurs stratégiques tels que la cleantech et la santé", observe Patricia Braun, la présidente d’In Extenso Innovation Croissance. Le nombre d’opérations d’amorçage est ainsi en progression de 35 % en 2023, les montants investis dans les cleantech, ces start-up liées à la transition énergétique, sont en hausse de 50 % sur un an. Les 850 millions d’euros levés par Verkor (batteries bas carbone) et le tour de table de 130 millions d’euros de TSE (énergie solaire) illustrent cette appétence des investisseurs pour ce secteur de l’économie verte.

Les logiciels Saas prisés des investisseurs

Les investisseurs restent également attirés par le secteur des logiciels qui représentent 20 % des levées de fonds. Les logiciels Saas, du fait de leur modèle économique basé sur l’abonnement, source de revenus récurrents, sont particulièrement prisés. Enfin, les technologies de rupture sont recherchées et captent désormais 22 % des montants levés. C’est notamment le cas avec l’intelligence artificielle, comme l’illustrent les 485 millions d’euros levés en 2023 par la start-up parisienne Mistral AI.

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