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Faire du business avec l'Iran : méfiez-vous des intermédiaires

Par Gilles Cayuela, le 06 janvier 2017

En s'exportant dans un pays étranger, il est difficile de s'avoir à qui faire confiance. Il est important de vérifier la légitimité et le réseau des interlocuteurs. Quelques conseils avec Armelle Kerjean responsable du groupe Alcor Equipement et Thierry Cotté, directeur du développement de Salvéo.

Photo : 3dman_eu - CC0 Pixabay

« Quand vous allez en Iran, vous êtes inondés de sociétés de marketing en tout genre qui vous proposent de vous trouver un partenaire sur place. Il faut faire le tri, car on peut facilement tomber sur des gens qui prétendent avoir des réseaux et connaître votre marché alors qu'au final ils ne s'y connaissent pas plus que cela », prévient Armelle Kerjean, l'un des responsables du groupe Alcor Equipements. Avec la levée des sanctions, bon nombre de consultants et pseudo-sociétés ont flairé le bon filon et se positionnent comme des agences spécialistes de l'Iran et des facilitateurs de business. Mais peu ont les réseaux qui vous permettront de réellement vous faire une place sur le marché iranien. « Il faut se méfier de tous ces intermédiaires qui sont dangereux et toxiques. Pour faire le tri, vous pouvez commencer par vérifier s'ils ont un bureau à Téhéran. Si oui, à quelle adresse ? S'ils sont localisés dans le nord de la ville, c'est plutôt bon signe. S'ils sont dans le sud, vous pouvez laisser tomber. Les affaires se font dans le nord de la ville et pour passer du sud au nord, il faut compter deux à trois heures de route. Téhéran est une ville horriblement encombrée », justifie Thierry Cotté, directeur du développement de Salvéo.

Des précautions à prendre

Autre indicateur à prendre en compte, le nombre de salariés que compte la dite agence. « Il est extrêmement compliqué d'organiser un déplacement d'affaires à Téhéran. Il faut des interprètes, louer des voitures, réserver des hôtels et rien ne peut se payer en carte bleue du fait du blocus bancaire. Ce n'est donc pas un one-man-show qui va régler tous les problèmes », poursuit le dirigeant de Salvéo. En dehors des vérifications d'usage, il est aussi conseillé de ne rien signer avant d'avoir pris conseil auprès d'un avocat. « Il faut toujours se méfier des intermédiaires et des agents et faire signer dans l'idéal des lettres d'intention qui créeront de fait un lien contractuel et jetteront ainsi les bases sur lesquelles vous pourrez, le cas échéant, intenter une action », conclut Peter Rosher, avocat associé chez Pinsent Masons.

Photo : 3dman_eu - CC0 Pixabay