Ressources humaines

Interview Audrey Richard, présidente de l'ANDRH : "Le rôle du manager a changé avec le Covid"

Entretien avec Audrey Richard, présidente de l’ANDRH

Propos recueillis par Florent Godard - 04 mars 2022

Pour Audrey Richard, présidente de l’association nationale des DRH (ANDRH), la crise sanitaire a fait évoluer le rôle du manager. Fini le management hiérarchique et le contrôle, place à l’accompagnement.

Pour Audrey Richard, présidente de l’ANDRH, "le travail hybride n’est plus une option" pour les entreprises.
Pour Audrey Richard, présidente de l’ANDRH, "le travail hybride n’est plus une option" pour les entreprises. — Photo : @Studio Cabrelli

La crise sanitaire a obligé les entreprises à revoir leur fonctionnement. Quels changements pourraient s’avérer pérennes, selon vous ?

La grande mutation porte d’abord sur l’organisation du travail, avec le télétravail ou plutôt le travail hybride. Sachant qu’environ 40 % des métiers sont actuellement télétravaillables en France. Le changement majeur concerne donc l’organisation et la flexibilité que l’entreprise peut accorder aux salariés et candidats à l’embauche. Aujourd’hui, le travail hybride n’est plus une option et peut même s’avérer un avantage concurrentiel. Si l’employeur ne le propose pas quand c’est possible, les salariés risquent de se tourner vers d’autres entreprises. D’autant plus en situation de pénurie de main d’œuvre.

L’ANDRH préconise deux jours de télétravail par semaine. Pourquoi ?

D’abord, c’est la formule utilisée en majorité par les entreprises aujourd’hui, hors confinement. C’est aussi ce que l’ANDRH propose afin d’être davantage au bureau qu’à la maison. En effet, nous sommes contre le "full télétravail", parce qu’il faut maintenir le lien collectif et la cohésion d’équipe. Sans oublier que le 100 % télétravail peut augmenter les risques psychosociaux également. On l’a vu lors des confinements, où certains salariés l’ont mal vécu, se sont sentis isolés…

Si l’on hiérarchise les conséquences durables de la crise, quelle serait la suivante sur la liste ?

L’impact sur le management. Pendant toutes ces périodes de confinements et semi-confinements, les salariés n’avaient plus leur manager à proximité. Et vice versa. On a donc formé au management à distance, un management qui fait confiance… Ces formations continuent. Concrètement, le salarié d’aujourd’hui et de demain attend de son manager qu’il lui donne de l’autonomie, qu’il fasse confiance, apporte un feedback… Il s’agit d’être davantage dans l’accompagnement que dans le contrôle et le management hiérarchique. Concernant le feed-back, c’est par exemple comprendre l’activité du salarié et être avec lui s’il en a besoin. Donner un retour positif ou négatif sur son travail, le guider pour qu’il progresse. Un management beaucoup plus en rondeur. Là encore, si l’entreprise n’est pas capable de transformer son management, les salariés ou les candidats iront voir ailleurs.

On peut dire que le rôle du manager va changer peu à peu ?

Il a déjà changé. Et même beaucoup. On ne reviendra pas en arrière.

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