Finistère

Agroalimentaire

Sunshine Chocolats veut doubler le revenu des producteurs de cacao

Par Jean-Marc Le Droff, le 23 novembre 2022

Depuis Plourin-lès-Morlaix, la jeune entreprise Sunshine Chocolats a mis au point un torréfacteur solaire pour permettre aux producteurs de cacao de torréfier leurs fèves directement en bord de champ. De quoi doubler leurs revenus et créer une nouvelle filière de chocolats finistérienne avec la création d’une nouvelle chocolaterie qui sortira ses premières tablettes au printemps.

François Liron (au premier plan), et une partie de l’équipe de six salariés de Sunshine Chocolats.
François Liron (au premier plan), et une partie de l’équipe de six salariés de Sunshine Chocolats. — Photo : Jean-Marc Le Droff

Créer une filière équitable pour permettre aux producteurs de cacao de République dominicaine de torréfier directement leurs fèves au bord de leurs champs et de doubler ainsi leurs revenus. C’est le défi que s’est lancé François Liron, qui a créé Sunshine Chocolats en 2021 à Plourin-lès-Morlaix avec une douzaine d’associés venus de l’agroalimentaire et du secteur du chocolat. Ancien ingénieur en mécanique et passionné de voile, François Liron est notamment l'un des trois associés à l’origine de l’aventure Grain de Sail et ses voiliers cargos. Une aventure qui lui a permis d’acquérir une solide expertise. "Je connais très bien la filière du cacao, depuis la fève jusqu’au produit transformé. Et je sais aussi que les gains se font essentiellement à la transformation", explique-t-il.

Un torréfacteur automatisé utilisable par les néophytes

Et c’est justement dans cet objectif qu’il a mis au point un torréfacteur solaire capable de torréfier les fèves en bord de champ. "Avec cette machine qui peut fonctionner hors réseau, les producteurs vont pouvoir nous vendre leurs fèves torréfiées aux alentours de 5 €/kg, contre 2 €/kg pour des fèves sèches", détaille l’entrepreneur engagé. Imaginé l’hiver dernier avec son équipe de deux ingénieurs et concepteurs en mécanique, le premier prototype a été assemblé en début d’année et testé avec succès durant l’été. "Tout fonctionne comme prévu, mais il nous reste encore un à deux ans de travail, notamment sur des questions d’automatisation. Car notre objectif est que cette machine soit utilisable par des néophytes", explique François Liron, qui a investi 200 000 euros en R & D depuis un an.

Au printemps 2023, son premier torréfacteur solaire d’une puissance de 50 kW prendra la route de la République dominicaine, où il pourra assurer la torréfaction de la production d’une quarantaine de producteurs, soit l’équivalent d’une centaine d’hectares de cacaoyers. "Nous commençons d’ores et déjà à travailler sur une seconde version, plus simple et qui va notamment nous permettre d’optimiser les coûts et la robustesse de la machine", confie François Liron.

Premières tablettes prévues au printemps

En parallèle, il planche avec ses six salariés sur l’installation de sa future chocolaterie dans les locaux d’une ancienne imprimerie de Plourin-lès-Morlaix. En grande partie conçues en interne, ses machines produiront leurs premières tablettes au printemps. "Dans un premier temps, nous n’utiliserons que 5 à 10 % de fèves transformées en bord de champs, mais l’objectif est bien d’arriver à 100 % d’ici trois ou quatre ans", prévoit François Liron, dont le projet est notamment soutenu par la société d’investissement Bretagne Capital Solidaire, le Réseau Entreprendre ou encore France Active Bretagne.

Pour financer son développement, Sunshine Chocolats a notamment organisé une campagne de crowdfunding qui lui a permis de battre un record sur la plateforme We do good avec plus de 250 000 euros récoltés. Une levée de fonds plus classique vient par ailleurs de permettre de lever 200 000 euros supplémentaires. De quoi financer le développement des torréfacteurs, mais également organiser le lancement commercial de ses tablettes en février ou mars, qui sont d’ores et déjà proposées en précommande.

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