Finistère

Aéronautique

Le Guellec déboussolé par le grand flou des taxes douanières américaines sur l'aéronautique

Par Isabelle Jaffré, le 25 novembre 2019

Le fabricant de tubes métalliques Le Guellec, à Douarnenez (Finistère), est concerné par les nouvelles taxes douanières sur l’acier et l’aéronautique imposées par le président des États-Unis Donald Trump. En tout cas en théorie, car l’entreprise peine à obtenir des réponses, même de la part des douanes américaines !

François Körner, président de Le Guellec.
François Körner, président de Le Guellec. — Photo : © Isabelle Jaffré

Pour l’entreprise de Douarnenez Le Guellec (70 salariés, 9 millions d’euros de CA), les nouvelles tarifications douanières restent un mystère. Le fabricant de tubes métalliques, à destination, notamment, de l’industrie aéronautique, réalise près de 10 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis. Alors quand l'annonce de surtaxes américaines contre des produits européens a été officialisée, l’entreprise s’en est naturellement inquiétée. « Nous nous sommes intéressés au sujet. On a interrogé les douanes, nos deux transporteurs. Personne n’a su nous répondre ! », souligne la chargée d’affaires de Le Guellec pour la zone États-Unis, Dominique Guiavarch.

Un impact pour les clients américains surtout

« L’annonce du président américain Donald Trump est très générale, très simple. Mais dans l’application, il y a des exceptions selon le type d’avion, par exemple. C’est beaucoup plus complexe que cela en a l’air », ajoute le président de la société, François Körner. Les tubes fabriqués à Douarnenez pour l’aviation sont souvent en inox ou en alliage nickel, donc pas seulement en acier. « Et puis, l’un de nos principaux clients fait de l’import pour exporter ensuite vers le Mexique », précise Dominique Guiavarch. Enfin, l’entreprise vend aux États-Unis en DAP (delivered at place), « c’est-à-dire que nos clients sur place payent eux-mêmes les taxes. On ne voit pas combien coûte cette partie. Nos transporteurs non plus ! », explique-t-elle.

« Cette année, nous allons atteindre environ 1 million d’euros de chiffre d’affaires aux États-Unis. Un record pour l’entreprise ! »

Et Le Guellec ne voit, pour l'heure, pas d’impact négatif sur ses ventes du fait de cette hausse des droits de douanes. « Au contraire, cette année, nous allons atteindre environ 1 million d’euros de chiffre d’affaires aux États-Unis. Un record pour l’entreprise ! »

Quant à aller demander aux clients américains, quelles sont les conséquences pour eux, la démarche est délicate : « Nous estimons qu’il y a un impact pour eux. Mais, honnêtement, nous n’avons pas très envie d’attirer leur attention sur ce point. Là-bas, les services sont assez cloisonnés. Celui qui paie les factures ne discute pas forcément avec celui qui passe les commandes... », confie le dirigeant. Dominique Guiavarch préfère donc rester dans le flou pour éviter de se tirer une balle dans le pied. « On marche sur des œufs ! », sourit la chargée d’affaires.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition