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L’américain Accenture passe la vitesse supérieure à Brest

Par Isabelle Jaffré, le 10 novembre 2023

Un an après son arrivée à Brest, le groupe de conseil américain Accenture a déjà recruté 100 personnes dans la cité du Ponant, tenant sa feuille de route visant 500 embauches en trois ans dans un domaine pourtant en tension. Dès l’année prochaine, il est prévu d’agrandir le site basé aux Capucins pour accueillir les nouveaux salariés.

Olivier Girard, président France et Benelux d’Accenture, était à Brest pour inaugurer les nouveaux locaux.
Olivier Girard, président France et Benelux d’Accenture, était à Brest pour inaugurer les nouveaux locaux. — Photo : Isabelle Jaffré

Un an après l’annonce de son arrivée à Brest, Accenture a tenu ses promesses et son calendrier. Le géant américain du conseil (733 000 salariés dans le monde, 64,1 Md$ soit environ 60 Md€ de CA en 2023) a, en un an, déjà recruté 100 personnes pour son deuxième centre de développement d’innovation et de technologie dans l’Ouest après Nantes. Ouvert il y a 20 ans, celui-ci compte près de 1 000 salariés. Accenture possède une centaine de centres de ce type dans le monde. “L’objectif à Brest est d’arriver à 500 collaborateurs dès 2025 et nous sommes sur la bonne voie. On peut être optimiste”, sourit le président d’Accenture France et Benelux, Olivier Girard.

Extension des bureaux d’ici un an

Ce dernier était en visite à Brest pour inaugurer les nouveaux locaux de la firme sur le plateau des Capucins. “Nous avons d’abord été dans des locaux dans l’immeuble du Cap Vert à l’extérieur des Capucins. Mais nous avions besoin de davantage de place”, décrit Eddy Kersevan, le directeur du site brestois.

Depuis l’été, Accenture dispose donc d’environ 300 m2 de bureau. “Nous pratiquons la flexibilité des postes de travail. Avec le télétravail, nous avons un poste pour cinq à six employés”, indique-t-il. L’entreprise dispose aussi de salles de réunion et de pièces sécurisées pour les projets. “Seules les personnes de l’équipe du projet peuvent y entrer, ce qui permet de garantir la confidentialité à nos clients.”

Eddy Kersevan, directeur du site brestois d’Accenture, pilote une centaine de salariés.
Eddy Kersevan, directeur du site brestois d’Accenture, pilote une centaine de salariés. - Photo : Isabelle Jaffré

D’ici un an, il est prévu qu’Accenture s’étende dans la cellule commerciale adjacente pour atteindre 860 m2 de surface. Aucun projet de bâtiment en propre n’a été évoqué lors de l’inauguration, même si François Cuillandre, maire de Brest, a précisé que cette localisation aux Capucins était provisoire.

Une spécialisation à construire

Brest était en concurrence pour accueillir ce centre d’innovation avec des villes comme Rennes. La mobilisation des collectivités, de Brest Métropole à la Région Bretagne, et des acteurs économiques (CCI, Investir en Finistère) a permis à la pointe bretonne de décrocher le gros lot. Qu’est-ce qui a attiré le géant américain à la pointe bretonne ? "Nous sommes venus chercher des compétences, des talents. Il y a à Brest un excellent vivier de 30 000 étudiants avec 4 000 à 5 000 étudiants en technologies, note le président d’Accenture. Notre préoccupation est d’avoir accès à la compétence. Celle qui va rester et s’installer dans la durée. Créer un tel centre est un projet de long terme."

Si le territoire de Brest est fortement marqué par le naval, le spatial et les énergies, ces domaines ne seront pas forcément la spécialité du centre. “L’expertise est autour des métiers de la technologie. La spécialisation dans des secteurs d’activité viendra de nos clients, de leurs besoins, de leur projet. Mais il est encore trop tôt pour le dire”, souligne Olivier Girard. Accenture à Brest affiche déjà une dizaine de clients dans les secteurs de la banque, des énergies, de l’assurance, des services, de l’automobile et des services publics.

Avec 100 recrutements en un an, Accenture a su attirer les talents malgré les tensions sur ce marché du travail. “Nous avons aussi réussi à trouver des gens avec des parcours différents. 40 de nos salariés brestois sont issues de reconversion”, se félicite le président qui liste les profils des personnes recrutées : “47 des salariés sont des femmes. Nous avons 30 cadres et 70 techniciens spécialisés. 30 personnes ne viennent pas de Brest ou du Nord Finistère. Ce qui prouve que nous avons aussi su faire venir des talents sur le territoire.”

Pour atteindre l’objectif de 500 salariés en 2025, Accenture va donc poursuivre ses efforts. “Nous travaillons avec les centres de formation, les écoles mais aussi sur l’insertion qui vient s’ajouter à ce pool naturel de talents que sont les étudiants. Je tiens à ce que l’on conserve cet équilibre dans la diversité que nous avons réussi à construire ici”, poursuit Olivier Girard. Plusieurs métiers sont recherchés : des développeurs, des architectes, des chefs de projets, des analystes, etc. “Le site de Brest s’intéresse plus particulièrement au Cloud et aux données. Ce sont des questions qui deviennent de plus en plus importantes pour nos clients”, note le dirigeant.

Le Cloud et les données comme axes stratégiques

Les données sont en effet l’un des axes stratégiques que souhaite développer le groupe de conseil dans son secteur technologies avec d’autres sujets comme l’identité digitale ou encore l’IA générative. Ainsi, Brest n’est pas concerné par les 19 000 suppressions de postes dans le monde annoncées par Accenture en mars 2023. “Ce plan concerne les fonctions support, pas la division technologie”, précise le président France et Benelux. Le secteur Communication Média et Technologies représente 18 % du chiffre d’affaires monde.

“La technologie est stratégique pour nous car elle a longtemps permis de gérer les entreprises, poursuit Olivier Girard. C’était un squelette qui permettait de prendre des commandes, gérer des stocks, de faire des clôtures comptables, par exemple. Elle est devenue en une dizaine d’années bien plus que cela. Aujourd’hui, elle est partout. C’est un canal de vente lorsqu’on achète quelque chose dans les ventes en ligne, elle interagit en direct avec les clients dans les centres d’appels. Elle est le facteur différenciant des produits de demain dans l’automobile, notamment.” Le dirigeant estime qu’un tiers des entreprises françaises ont réalisé leur transition numérique. “Il reste deux tiers des entreprises qui doivent prendre ce virage. C’est le cœur de notre métier que d’accompagner ces grandes entreprises françaises dans cette transformation sans précédent. On le fait en combinant une vision technologique, une expertise sectorielle et la connaissance très fine des métiers de nos clients”, insiste-t-il.

Le site brestois s’inscrit donc dans cette feuille de route. “Nous sommes très confiants dans la capacité de ce site à devenir un pôle d’expertise régionale au service de la transformation numérique de la Bretagne et de ses acteurs”, conclut Olivier Girard.

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