Brest

Informatique

BZHunt, champions du monde de la chasse aux bugs informatiques

Par Isabelle Jaffré, le 11 mai 2022

La start-up brestoise BZHunt, créée fin 2020, a grandi très vite grâce aux besoins très forts en cybersécurité pour les entreprises. Brice Augras, le fondateur, a positionné la société sur les audits mais aussi sur le "Bug Bounty", des événements de chasses aux failles de grandes entreprises internationales, tout en consacrant du temps à la recherche et l’innovation.

Brice Augras et Victor Louis Poucheret sont associés dans la start-up de cybersécurité BZHunt.
Brice Augras et Victor Louis Poucheret sont associés dans la start-up de cybersécurité BZHunt. — Photo : Isabelle Jaffré

Loin des clichés véhiculés par les séries et les films, Brice Augras et Victor Louis Poucheret se présentent comme des hackers éthiques. Ils sont associés dans la start-up brestoise BZHunt, fondée en novembre 2020 par Brice Augras. "Au départ, je voulais simplement monter ma propre entreprise spécialisée dans la cybersécurité pour les PME locales, tranquillement. Je pensais rester seul au moins un an. Mais tout est allé très vite", se souvient le président de BZHunt.

Son objectif pour la première année était de réaliser un chiffre d’affaires de 55 000 euros de chiffres d’affaires. "Nous avons fait dix fois ce chiffre ! En 2022, nous allons dépasser le million d’euros de chiffre d’affaires", se réjouit Brice Augras, pour qui 2022 sera l’année du passage à l’échelle pour BZHunt. En juin 2021, Victor Louis Poucheret l’a rejoint comme associé et "chief technical officer" (directeur des nouvelles technologies). "Aujourd’hui, nous sommes 4 et nous allons passer à 9 en septembre prochain", indique le fondateur. Un véritable test pour l’organisation atypique de BZHunt.

Chasseurs de bugs

"Notre particularité est de garantir qu’au moins 30 % de notre temps soit consacré à la recherche et l’innovation, explique Victor Louis Poucheret. Cela monte même à 70 % pour certains salariés. C’est une facette indispensable de notre métier qui évolue sans arrêt." Car au-delà de proposer des audits et des tests d’intrusion aux entreprises (88 % de l’activité), de la formation (2 %) et de la réponse à incident (1 %), BZHunt participe également à des évènements de "Bug Bounty" (9 % de l’activité). Ces programmes, où ils sont invités, consistent à chercher, pendant un temps donné, toutes les failles ou bugs d’entreprises. Les hackers sont rémunérés aux nombres et selon le type de failles débusquées.

Début 2022, Ils étaient trois de la société brestoise à avoir été sélectionnés dans l’équipe de France (23 membres) de l’événement organisé par la plateforme HackerOne : "ambassador world cup". Un rendez-vous réussi puisque l’équipe de France l’a remporté face à l’Inde. Une satisfaction qui n’est pas que de l’anecdotique puisque les entreprises qui acceptent de servir de terrain de jeu aux hackers sont des grands noms : l’opérateur télécom américain AT & T, Über, Epic Games, Paypal, etc.

Des clients à l’international

Un pied à Brest, un pied ailleurs dans le monde, BZHunt veut faire le grand écart. En 2021, 50 % des clients étaient bretons et 50 % ailleurs en Europe, Afrique et Asie. "Les deux marchés sont importants pour nous, même si la part de l’international est amenée à augmenter", note Brice Augras. Un développement rendu possible par une innovation inspirée du confinement. BZHunt a créé une sonde très puissante que l’entreprise envoie aux clients par colis. "Ils la branchent et cela nous permet de réaliser nos tests à distance et de travailler à trois ou quatre comme si nous étions dans les locaux, raconte le dirigeant. Elle permet aussi aux clients d’avoir accès aux données techniques pour qu’ils puissent s’approprier à la fois l’outil mais aussi la problématique de la cybersécurité."

Dans les prochains mois, la start-up va sortir un nouveau produit nommé BZ Watch. "C’est une solution de cybersécurité accessible pour les PME et ETI. Nous avions vu un appel de Bpifrance sur un tel produit. Finalement, nous l’avons développé seul car nous avons déjà une bonne croissance organique sur laquelle nous voulons nous appuyer sur le long terme", précise le président.

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