Roto Armor : L'ascenseur social fonctionne toujours

Par la rédaction, le 04 décembre 2009

La société Roto Armor est le parfait exemple d'une politique réussie de promotion sociale en interne. Fondée en 1989 autour de Jean-Paul Turban, l'imprimerie de Plouagat a été reprise, au travers d'un mécanisme de LBO, par trois salariés en 2007. Julien Uguet
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Franck Communier, Bruno Le Page et Franck Le Gonidec peuvent être fiers d'eux. Tous les trois, partis du bas de l'échelle en rentrant en tant que simple receveur ou fabricant, constituent aujourd'hui le trio de direction du premier imprimeur costarmoricain, Roto Armor à Plouagat (9,2M€ de chiffre d'affaires, 45 salariés). Et démontrent au passage que la promotion sociale interne fonctionne encore. «Cette culture a toujours été l'une des forces de l'entreprise, précise Franck Communier, à l'origine de cette reprise, désormais président en charge de l'administratif et du commercial. À notre tour, nous déléguons au maximum les responsabilités pour que les salariés s'investissent au maximum dans la vie et l'avenir de la structure.Nous avons vécu cette situation. Notre rêve commun est de pouvoir, dans 10, 15 ans, passer le témoin à d'autres salariés.»




Une succession locale et interne

Créée en 1989 autour de Jean-Paul Turban et 8 associés, sur les cendres lointaines du Petit Écho de la Mode de Châtelaudren, Roto Armor s'est imposé en moins de 20 ans comme l'un des acteurs français de référence sur la rotative 8 pages, dite de labeur. «Il existe un véritable savoir-faire. Et même si les marchés sont plus tendus que par le passé, nous avons une carte à jouer sur les niches à forte valeur ajoutée.» En 2007, Jean-Paul Turban, qui a au fil des années pris les commande en solo de la structure, souhaite passer la main. Sollicité par des groupes régionaux, il privilégie une démarche locale à travers Franck Communier, rentré en 2005 chez Roto Armor après différentes expériences professionnelles notamment dans des agences de communication. «J'ai rapidement proposé à Franck et Bruno de me rejoindre. D'autres cadres auraient souhaité participer à notre initiative commune mais nous ne souhaitions pas. Soit car l'écart d'âge faisait qu'ils auraient vendu leur part sous trois ans, soit parce que nous n'étions pas d'accord sur le montage juridico-financier.»




Une vigie: la LBO

Alors que le modèle Scop aurait été privilégié par beaucoup, les trois associés décident de procéder à un rachat par LBO (Leverage by Out). «Il s'agit d'une acquisition par l'emprunt à l'aide d'un partenaire bancaire. La transaction s'est réalisée sur la totalité à hauteur de 4M€. Cette solution nous est apparue la plus stimulante puisque l'horizon de remboursement se situe à sept ans, soit 2014.» Depuis deux ans, cette LBO est devenue la vigie de Roto Armor. «Il nous faut dégager la rentabilité annuelle nécessaire pour rembourser nos échéances. La crise ne nous facilite pas la tâche mais nous serons dans les clous en 2009.» Doucement, les trois associés ?impriment? leur griffe sur la structure. «Nous avons revu les contrats d'assurance, de nettoyage, etc. Le management interne va évoluer pour aller vers plus d'autonomie. Avec toujours, dans un coin de notre tête, cette LBO pour encore les 5 prochaines années.»

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