Lyon

Biotech

VetBioBank recherche des capitaux pour produire ses cellules souches

Par Delphine Sauzay, le 16 novembre 2022

Spécialiste de la médecine régénérative vétérinaire, VetBioBank se prépare à commercialiser ses cellules souches pour traiter l’arthrose du chien. Mais elle doit auparavant boucler son étude de phase 3 pour prouver l’efficacité de son produit aux autorités sanitaires européennes et trouver les fonds pour financer son centre de production.

Nadia Plantier, directrice générale de VetBioBank.
 
 
Nadia Plantier, directrice générale de VetBioBank.     — Photo : VetBioBank

Créée en 2011 à Marcy-l’Étoile (Rhône), VetBioBank développe des médicaments à base de cellules souches issues de tissus néonataux (placentas, cordons ombilicaux etc.) pour traiter l’arthrose des chevaux et des chiens. Testés et validés en collaboration avec le campus de VetAgroSup, ses produits ont déjà séduit un laboratoire qui les distribuera au niveau européen. Reste à trouver le financement pour construire sa future unité de production. Dans ce but, la biotech prépare une levée de fonds, attendue pour 2023. "Nous privilégions des partenaires investis sur le long terme, comme des fonds institutionnels ou des family offices", résume la directrice générale Nadia Plantier, qui espère collecter une mise minimale de 5 millions d’euros pour entamer la fabrication de trois produits.

Depuis 2012, la jeune pousse a déjà levé quatre fois des fonds pour un montant total de 2 millions d’euros auprès de business angels, du family office Holnest et de la plateforme de financement participatif Sowefund. Elle a également touché des aides de Bpifrance pour un montant supérieur à 800 000 euros. Mais cela ne suffira pour lancer la production à grande échelle….

Développements plus longs que prévu

VetBioBank se retrouve au milieu du gué avec, d’un côté, une innovation prometteuse et, de l’autre, un réseau commercial prêt à la commercialiser. Ce n’était pourtant la configuration prévue à l’origine par son fondateur Stéphane Maddens. Ancien responsable d’une unité de l’Inserm dédiée à la production de cellules souches à partir de tissus néonataux humains, le pharmacien se lance en 2011 dans la santé animale, convaincu du potentiel de ces biotechnologies dans un secteur où les développements de produits ont de surcroît l’intérêt d’être a priori moins longs et coûteux.

À l’époque, les médicaments vétérinaires n’ont pas l’obligation de produire d’étude de validation (équivalent de la phase 3 en médecine humaine). Mais, entre-temps, la réglementation change, occasionnant de nouveaux investissements. La société doit décrocher son autorisation de mise sur le marché. Elle conduit depuis mai 2022 une étude de phase 3 de validation du niveau d’efficacité de son produit pour l'arthrose du chien, pour un coût d'environ un million d’euros. Le cas échéant, la commercialisation de ses cellules souches devrait démarrer fin 2024-début 2025, pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 2 millions d’euros en 2025.

Faire baisser les coûts de revient

En attendant, VetBioBank, qui est la seule biotech française certifiée BPF (Bonnes Pratiques de Fabrication) pour la thérapie cellulaire vétérinaire, peaufine ses processus de fabrication dans son laboratoire de Gerland (Lyon) pour se préparer à produire plusieurs dizaines de milliers de doses, condition pour faire baisser les coûts de revient. Elle a déjà commencé à les commercialiser auprès d’un petit public de vétérinaires qui l’ont connue, notamment grâce à la présence de sa cellule R & D sur le campus de VetAgroSup de Marcy-l’Étoile. C’est là-bas que l’entreprise a mis au point ses cellules souches et déjà traité quelque 800 chiens, en collaboration avec l’école vétérinaire de Lyon.

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