Production et distribution d'énergie

Investissement industriel

Séché environnement va créer un réseau de chaleur pour trois usines dans le parc de la Plaine de l’Ain

Par Frédéric Gérard, le 12 octobre 2023

Une filiale du groupe mayennais Séché environnement (1 Md d’euros CA annoncé en 2023) va pouvoir fournir de l’énergie au parc industriel de la Plaine de l’Ain, situé à mi-chemin entre Lyon et Bourg-en-Bresse. À partir de la combustion de déchets dangereux, trois usines (dont Trédi en autoconsommation) capteront 81 000 MWh via un réseau de 1,5 kilomètre. Lancement attendu en 2027.

L’usine Tredi (groupe Séché Environnement) à Salaise-sur-Sanne est située en bordure de la plateforme chimique des Roches-Roussillon, à qui elle fournit désormais 50 % de ses besoins en vapeur. En partie l'exemple de ce qui pourrait être fait dans le parc de la Paine de l'Ain.
L’usine Tredi (groupe Séché Environnement) à Salaise-sur-Sanne est située en bordure de la plateforme chimique des Roches-Roussillon, à qui elle fournit désormais 50 % de ses besoins en vapeur. En partie l'exemple de ce qui pourrait être fait dans le parc de la Paine de l'Ain. — Photo : Audrey Henrion

Séché environnement, groupe mayennais spécialisé dans le traitement des déchets, va créer un réseau de chaleur dans le parc de la Plaine de l’Ain, au nord-est de Lyon. Récupérer la chaleur fatale de l‘usine Trédi (une filiale du groupe) offrirait une capacité énergétique équivalente à 167 GWh, égale à la consommation électrique de 72 000 habitants, soit une puissance de 27 MW.

Dans un premier temps, seule la moitié sera acheminée via un réseau enterré courant sur 1,5 kilomètre. Il permettra d’alimenter les trois principaux utilisateurs d’énergie du parc, qui y consomment 70 % des besoins : Trédi (en autoconsommation), Speichim (une autre filiale du groupe Séché, spécialiste du recyclage de solvants) et Singfried (produits pharmaceutiques) qui captera 70 % de l’énergie fournie.

Un précédent déjà en fonctionnement à Roussillon

Lors de la combustion de déchets dangereux (déchets chimiques, d’hôpitaux, pesticides, PCB, produits d’entretien, etc.) à l’usine Tredi de Saint-Vulbas, les fumées seront captées et valorisées. Un processus de cogénération permettra à la fois de récupérer la chaleur de vapeurs à 320 °C et de produire de l’électricité.

Selon Séché, l’installation serait similaire à celle déjà implantée par le groupe sur la plateforme chimique de Roussillon, au sud de Lyon, à partir de son unité de traitement thermique des déchets dangereux Trédi de Salaise-sur-Sanne. Ce réseau avait permis de se substituer au charbon et au gaz dans les entreprises raccordées. Là encore, le projet s’inscrit "dans le sens de l’histoire", vers une énergie décarbonée. Les 81 000 MWh fournit aux trois usines du parc de la Plaine de l’Ain représenteraient l’équivalent de 14 000 tonnes de CO2 non émises.

Technique approuvée, financement à cadrer

En Isère, l’investissement cumulé était de 6,5 millions d’euros. Dans l’Ain, le montant reste encore à préciser : si Séché environnement en prend une bonne part, le projet est également candidat au fonds chaleur de l’Ademe (agence de l’énergie). L’établissement public a déjà soutenu la conduite d’études préalables à hauteur de 26 000 euros. "Ce qui amène des exigences en termes d’encadrement tarifaire", vis-à-vis de son client Singfried notamment. Il faudra également attendre les conclusions des différentes démarches et autorisations administratives. Selon la lettre d’intention signée ce jeudi 10 octobre lors du salon Pollutec, l’ouverture du réseau est attendue en 2027.

"Ce projet est une nouvelle illustration de notre ambition de fournir une énergie locale et bas carbone au service de la souveraineté énergétique des territoires où nous sommes implantés et participe pleinement du mouvement de décarbonation de l’industrie", déclare Maxime Séché, directeur général du groupe mayennais.

L’étude du projet a par ailleurs permis d’identifier des innovations possibles, souligne le groupe : la mutualisation des matières premières et des échanges de flux (eau chaude, eau déminéralisée, oxygène, déchets, etc.) de manière à réduire le trafic de camions. Ce qui pourrait favoriser le recyclage et la valorisation des déchets et induire des économies d’énergie, d’eau et d’émissions carbone.

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