Lyon

Industrie

Lyophitech industrialise son procédé de lyophilisation en bille

Par Pierre Lelièvre, le 19 janvier 2022

La start-up lyonnaise Lyophitech, qui a mis au point une technologie brevetée de lyophilisation innovante et moins onéreuse que le procédé classique, va installer son atelier industriel à Vénissieux pour adresser rapidement les marchés de l’agroalimentaire, de la cosmétique et de l’industrie pharmaceutique.

Avec son futur outil industriel à Vénissieux, Lyophitech compte procéder à la lyophilisation de 600 à 1 000 tonnes de produits pour les secteurs de l’agroalimentaire et de la cosmétique.
Avec son futur outil industriel à Vénissieux, Lyophitech compte procéder à la lyophilisation de 600 à 1 000 tonnes de produits pour les secteurs de l’agroalimentaire et de la cosmétique. — Photo : DR

Exit l’implantation à Saint-Genis-Laval (Rhône) un temps envisagée. La start-up Lyophitech (CA 2021 : 100 000 € ; 11 salariés) va passer le cap de l’industrialisation de son procédé innovant et breveté de lyophilisation à Vénissieux (Rhône) sur 1 200 m² (dont 200 m² de bureaux). Après "quelques aléas dans la recherche de ses locaux", la société installera au printemps sa première machine de lyophilisation adressant le secteur agroalimentaire (arômes, colorants, ferments lactiques), cosmétique (produits secs) et pharmaceutique. Le site accueillera six machines à terme. "Notre ambition d’ici 2024 est de traiter entre 600 et 1 000 tonnes de produits par an", confie Yann Neymarc, directeur général de Lyophitech, basé à Villeurbanne (Rhône).

Tout s’est accéléré à l’automne 2021 : la société a levé près de 2,8 millions d’euros dont 570 000 euros auprès de business angels. Un financement qui servira directement à l’installation de la nouvelle unité industrielle. Le solde des fonds est complété par une subvention du plan gouvernemental France Relance à hauteur de 1,2 million d’euros et 1 million d’euros de financement par dette.

Microbilles de 2 à 5 mm

Fondée en 2017, Lyophitech déploie une technologie de lyophilisation en cuve sous vide permettant "des gains en séchage divisé par cinq et une économie d’énergie de 40 %", selon le DG. Développée par Jean Delaveau, ancien directeur d’unité de lyophilisation dans l’industrie pharmaceutique, la technique utilise une cuve cylindrique en mouvement permettant d’agiter constamment le produit et d’augmenter les transferts thermiques.

À la fin du processus de lyophilisation, le produit se présente sous forme de microbilles de 2 à 5 mm de diamètre et a préservé l’ensemble de ses qualités nutritionnelles et organoleptiques. "Les industriels se montrent très intéressés puisqu’il n’y a pas broyage nécessaire. Les microbilles sont re-solubles beaucoup plus rapidement et moins volatiles que la poudre issue d’une lyophilisation classique", vante le dirigeant.

Un marché à 60 milliards d’euros

Des atouts qui semblent avoir séduit les industriels. "Le marché de la lyophilisation est estimé à 60 milliards d’euros, en croissance de 8 % par an", souligne Yann Neymarc. Si les marchés agroalimentaire et cosmétique seront adressés directement par l’unité de production de Vénissieux, le secteur de la santé devrait l’être par la vente de machines en régie. "L’industrie pharmaceutique veut exploiter la technologie pour optimiser ses productions et cela nous évite de suivre la règlementation stricte que sont les autorisations de mises sur le marché par exemple", précise le DG.

Et les ambitions de la direction ne manquent pas puisque Lyophitech compte se déployer par zones géographiques à moyen terme. "D’ici trois à cinq ans, nous souhaitons développer l’entreprise en ouvrant des ateliers régionaux dans l’Ouest ou le Nord de la France pour nous rapprocher de nos clients", avance Yann Neymarc, qui lorgne déjà l’étranger, en particulier l’Europe. "L’international passera par un développement en master franchise", précise-t-il.

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