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Les dessous du départ fracassant de Ludovic Noël de la Cité du Design

Par Stéphanie Gallo, le 07 février 2017

Ludovic Noël, directeur de la Cité du Design de Saint-Etienne depuis 2011, a annoncé sa démission. Il a décidé de quitter ses fonctions quelques jours avant le début de la Biennale internationale du design. Saint-Etienne Métropole dénonce une "attitude déplorable" et s'est déjà mis en recherche d'un nouveau directeur "correspondant mieux à (ses) attentes".

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Vendredi 6 janvier, 11h06. Ludovic Noël, directeur de la Cité du Design de Saint-Étienne, lâche sa bombe. Deux mois avant l'édition 2017 de la Biennale internationale du design, il annonce sa démission du poste qu'il occupe depuis 2011. Dans un email adressé aux élus locaux et aux partenaires de la Cité, il explique qu'il quittera ses fonctions début mars, quelques jours donc avant le lancement de la Biennale. L'email n'avait pas vocation à être divulgué, - Gaël Perdriau, le président de Saint-Étienne Métropole, avait prévu de l'annoncer quelques jours plus tard à l'occasion des voeux de l'établissement - mais a été diffusé l'après-midi même dans la presse, notamment par Le Journal des entreprises. Les réactions pleuvent immédiatement. Oscillant entre inquiétude, colère... et soulagement.

« Tout est prêt »

L'ex-directeur d'Imaginove quitte la Cité pour rejoindre Altavia Paris, à la tête des ressources humaines. « Certains veulent travailler toute leur vie au même endroit. C'est leur droit et je le respecte. Moi, j'ai besoin de bouger tous les cinq, six ans. Mon contrat courait jusqu'au mois d'octobre mais cette opportunité s'est présentée... ». Ne pouvait-il pas négocier avec Altavia et attendre la fin de la Biennale pour quitter son poste ? « Non. C'est le jeu du recrutement. J'ai pu néanmoins obtenir de rester jusqu'au début de la Biennale. Je suis évidemment très frustré de ne pas prendre part à cet événement qui a demandé beaucoup de travail mais, sur le fond, tout est prêt aujourd'hui. Je ne suis que le directeur. Toute l'équipe est là pour assurer le bon déroulement », assure Ludovic Noël.

Du côté de Saint-Étienne Métropole, on essaie de faire bonne figure. « On regrette le départ de Ludovic Noël. Évidemment, nous aurions préféré qu'il parte après l'événement mais ce n'est pas une catastrophe. Gaël Perdriau et moi-même nous impliquerons encore plus que d'habitude dans le travail de représentation qu'assumait jusqu'ici le directeur. Et puis, début mars, il aura quelques jours pour faire le lien avec la nouvelle directrice de l'École supérieure d'art et de design », souligne Robert Karulak, vice-président de Saint-Étienne Métropole en charge du design.

« Sa démission est une opportunité »

Ce départ suit celui du directeur de l'École supérieure d'art et de design, Yann Fabes, de la directrice de la communication Marielle Gobron, et de l'attachée de presse Eugénie Bardet. Ludovic Noël n'y voit là aucun signe de dysfonctionnement. « La structure compte 120 personnes. Il n'y a pas hémorragie avec le départ de quatre personnes en 18 mois tout de même ! ». Robert Karulac appuie cette version, malgré les sorties beaucoup moins conciliantes sur le sujet de représentants du personnel dans la presse locale accusant Ludovic Noël de carriérisme et de mauvais management : « En fait, c'est plutôt bon signe que des groupes parisiens ou de grandes écoles viennent piocher dans le vivier stéphanois. Ludovic Noël a fait du bon travail ». Les chiffres lui donnent raison, effectivement. En trois éditions, le nombre de visiteurs de la Biennale est passé de 80.000 à 208.000.

Pourtant, pour Éric Berlivet, maire de Roche-la Molière, vice-président de Saint-Étienne Métropole et administrateur de l'EPCC Cité du Design, il existait bien un problème "Ludovic Noël". Il confie au Journal des entreprises : « Partir juste avant la Biennale, c'est une attitude déplorable démontrant le peu d'intérêt qu'il avait pour la Cité. C'est bien d'avoir de l'ambition, je ne la lui reproche pas. Mais il faut en avoir pour la structure qu'on dirige avant d'en avoir pour soi ». L'élu va plus loin : « Ludovic Noël est une erreur de casting. Je fais confiance à Gaël Perdriau pour recruter maintenant quelqu'un avec un profil plus adapté, plus en cohérence avec les valeurs de notre territoire. ». Éric Berlivet affirme avoir alerté le maire de Saint-Etienne sur le sujet depuis 18 mois déjà. « Il régnait une très mauvaise ambiance de travail », assure-t-il. Et de conclure : « C'est désormais terminé. Sa démission est une opportunité pour recruter un nouveau directeur correspondant mieux à nos attentes ».

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