Auvergne Rhône-Alpes

RSE

Tribune La RSE est une question de survie pour les PME

Par Christopher Melin, docteur en sciences de gestion, enseignant chercheur à l'ESDES Lyon Business School, le 07 février 2022

Les PME doivent intégrer la responsabilité sociétale et environnementale (RSE) au cœur de leur activité pour assurer leur transition vers une économie plus durable. Il y va de leur survie. Or nombre de PME semblent encore insuffisamment sensibilisées à cette thématique.

Christopher Melin, docteur en sciences de gestion, enseignant chercheur à l'ESDES Lyon Business School
Christopher Melin, docteur en sciences de gestion, enseignant chercheur à l'ESDES Lyon Business School — Photo : DR

Selon une étude du cabinet de conseil aux entreprises Goodwill Management réalisée en juillet 2021, si 85 % des PME françaises déclarent avoir déjà mis en place des actions RSE au sein de leur organisation, seules 24 % d’entre elles notent que ces actions ont été formalisées au sein d’une vraie stratégie RSE et seulement 14 % affirment avoir intégré la RSE à leur stratégie globale de développement.

À l’évidence, pour certaines entreprises, la RSE n’est donc pas encore un sujet prioritaire, alors même que d’autres ont décidé d’en faire un levier stratégique pour satisfaire les attentes de leurs clients, de leurs fournisseurs ou bien encore de leurs propres collaborateurs. Il faut dire que transformer ses engagements responsables en une véritable stratégie RSE globale, formalisée et partagée avec toutes ses parties prenantes n’est pas un exercice facile pour une entreprise qui se contente souvent de mettre en œuvre des pratiques positives sans les intégrer dans un plan d’action chiffré et cohérent.

Identifier les enjeux

Aller au-delà suppose de dégager le temps nécessaire pour identifier les liens entre les activités de l’entreprise, son métier et ses enjeux de développement durable. Concrètement l’entreprise doit pour cela réaliser une analyse de matérialité afin d’identifier ses enjeux RSE prioritaires, en commençant par interroger ses clients et ses fournisseurs sur leurs attentes en la matière. Elle pourra également s’engager sur des processus de labellisation RSE qui l’aideront à formaliser sa stratégie en cohérence avec son écosystème.

La norme Iso 26 000 représente par exemple une aide précieuse pour l’entreprise qui va devoir, pour l’obtenir, diagnostiquer ses pratiques RSE dans sept domaines d’application : la gouvernance, les relations humaines et les conditions de travail, l’environnement, l’équité des relations d’affaires, la protection et la sensibilisation des consommateurs, la participation et l’engagement dans la vie locale.

À défaut de s’emparer de la RSE comme d’un levier stratégique de développement, certaines entreprises pourraient ne pas survivre en se montrant incapables de s’adapter à de nouveaux enjeux bien réels. En outre, l’intégration de la stratégie RSE au cœur même de son activité est une opportunité pour une entreprise de s’interroger sur sa raison d’être et de répondre aux besoins grandissants de ses collaborateurs en les faisant contribuer à une cause plus noble.

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