Ain

Textile

Comment la discrète Otego a conquis l'international

Par Déborah Berthier, le 10 mars 2021

Devenue indépendante en 2020, la PME Otego – anciennement Dickson PTL-, basée dans l'Ain, réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’international dont 50 % au grand export. Une performance permise par une très forte spécialisation sur le marché des textiles techniques.

Otego fabrique les textiles qui servent à la confection des vêtements de protection des pompiers.
Otego fabrique les textiles qui servent à la confection des vêtements de protection des pompiers. — Photo : Otego

L’entreprise Otego est discrète. "Nous sommes peu connus dans la région", concède Thierry Mosa, le directeur général de cette entreprise (environ 20 M€ de chiffre d'affaires, 80 salariés) basée à Dagneux, dans l'Ain, et installée dans la région lyonnaise depuis 1948. La spécialité d’Otego est la fabrication de textiles techniques enduits de liquide chaud. "Nous produisons les textiles utilisés dans la confection de vêtements de protection des ouvriers fondeurs ou des pompiers, nous travaillons à la transformation du caoutchouc avec les spécialistes du pneu, et nous concevons des protections chimiques et thermiques pour les machines, telles que des housses pour les moteurs d’avion", énumère Thierry Mosa.

Spécialisation poussée

Si le nom d’Otego n’est pas familier dans le paysage lyonnais, c’est que jusqu’à 2020 la société se nommait encore Dickson PTL (Plastique textile lyonnais) et appartenait au groupe américain Glen Raven-Dickson Constant, spécialisé dans le textile. Début 2020, l’entreprise a quitté le groupe pour voler de ses propres ailes, grâce à l’appui de nouveaux partenaires financiers : Geneo, Eximium et Bpifrance. "Nous étions une pépite du groupe mais nous ne faisions plus partie de la stratégie", justifie Thierry Mosa.

C’est surtout à l’international que cette "pépite" s’est fait un nom. Elle qui produit du 100 % made in France réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’étranger, dont 50 % au grand export. Cette très forte présence à l’international résulte d’une spécialisation très poussée. "Nous avons pris ce tournant juste avant la crise de 2008, se rappelle le directeur général. Nous avons tout mis en œuvre pour devenir des experts sur notre marché : rencontrer nos clients, mais aussi les clients de nos clients, pour comprendre leurs besoins, leurs frustrations, concevoir non pas des produits mais des gammes entières pour eux."

Croissance externe et ouverture de filiale

De fait, les clients d’Otego, qui se positionne sur un marché de niche, très technique, sont en majorité à l’étranger. "Nous travaillons par exemple beaucoup avec les fonderies, explique Thierry Mosa. Un secteur en très forte croissance en Asie alors qu’il est plutôt moribond en France et même en Europe."

La société dispose aujourd’hui de cinq bureaux à l’étranger : à Philadelphie (États-Unis), Buenos Aires (Argentine), Pune (Inde), Taipei (Taïwan) et Shanghai (Chine). Pour aller plus loin, Otego envisage de créer une filiale aux États-Unis, pour se renforcer sur la prestation de service à destination de ses clients.

Pour consolider sa présence à l’international, en particulier en Asie et aux États-Unis, Otego devrait également miser sur la croissance externe au cours des deux prochaines années. "Nous avons déjà identifié des pistes, mais rien n’est arrêté", affirme le directeur général de la PME. Et la crise sanitaire, qui a certes ralenti l’activité de l’entreprise durant quelques mois, n’a fait que conforté cette volonté de développement à l’étranger.

Otego fabrique les textiles qui servent à la confection des vêtements de protection des pompiers.
Otego fabrique les textiles qui servent à la confection des vêtements de protection des pompiers. — Photo : Otego

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail