Zoo de Pont-Scorff : Guérilla de succession
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Zoo de Pont-Scorff : Guérilla de succession

Parc Animalier Le zoo de Pont-Scorff ne connaît pas la crise mais affronte des querelles à sa tête. L'héritière Véronique Thomas s'oppose au directeur Alain Le Héritte. Une vraie guérilla de succession pour contrôler la ?poule aux oeufs d'or?.

Le 28avril, Olivier Thomas tentera de décrocher un certificat de capacité. Celui-ci doit lui permettre d'être responsable des 127 espèces et des près de 500 ?individus? du zoo de Pont-Scorff, fondé par son père en 1973. La fréquentation est ici stable: 200.000 à 220.000 personnes par an, à 70% en juillet et août. Le ticket moyen a même tendance à augmenter. «La crise nous est favorable», relève Véronique Thomas, gérante. «L'an dernier, les parcs affichaient en moyenne une augmentation de 11% de leur chiffre d'affaires. Les habitudes de consommation ont énormément changé. L'été, les Bretons partent de moins en moins en vacances au loin et jouent les touristes dans leur propre région. Le budget auparavant alloué à la location de vacances et aux frais de routes se déporte peu à peu vers nous.» Le zoo de Pont-Scorff profite de l'absence de concurrence directe dans le Finistère. Ses homologues de la Bourbansais en Ille-et-Vilaine ou de Trégomeur dans les Côtes-d'Armor sont très éloignés de sa zone de chalandise. Branféré au Guerno tend plutôt à drainer un public sur son secteur naturel du sud-est du Morbihan. Les résultats financiers de Pont-Scorff 2010 témoignent de cette situation de quasi-monopole en Bretagne occidentale. Résultat courant avant impôts en progression de 51%, de25% pour l'excédent brut d'exploitation, chiffre d'affaires en hausse de plus de 15%. «Nous dépasserons les troismillions d'euros de chiffre d'affaires en 2010-2011», signale Véronique Thomas.




Succession épineuse

Cette réussite insolente ne rend que plus épineuse la succession aux manettes de l'entreprise. Depuis quelques années, les escarmouches se multiplient entre le directeur Alain Le Héritte et les enfants Thomas. La transmission est également compliquée par une organisation du capital particulièrement sinueuse. Difficile de s'y retrouver entre les différentes structures juridiques. Les 150 parts sur 500 possédées en pleine propriété par le directeur Alain Le Héritte... Le panaché de pourcentages détenus en usufruit, nue-propriété et pleine propriété par Maguy, Véronique et Olivier Thomas. «Lors d'un premier projet de vente en 2008, personne ne savait plus trop qui possédait quoi», évoque Véronique Thomas. Un an plus tard, les statuts mis à jour, le zoo trouve un repreneur à travers un groupe de trois directeurs de parcs.




«Pseudo-offre»

Une «pseudo-offre» selon Alain Le Héritte, qui, sans faire jouer sa minorité de blocage ni contester par écrit, exprime des réserves. Véronique Thomas lui demande alors de proposer une offre. «Elle était inférieure de 100.000euros à notre estimation initiale», affirme Véronique Thomas, qui refuse de céder la SCI pour ne pas priver sa mère d'une partie conséquente de ses revenus. Alain Le Héritte, lui, déclare avoir fait une offre correspondant à «l'évaluation réalisée par l'expert, c'est d'ailleurs sur cette base qu'a été fixé le prix de mes parts.» Quant à Véronique Thomas, elle explique «avoir voulu laisser à Alain LeHéritte le temps de se retourner car s'il vendait ses parts en même temps que ma mère, il ne bénéficierait plus d'exonération sur la plus-value, il a d'ailleurs voulu que je rachète onze parts à ma mère dans ce but. Je ne vais pas payer onze parts pour lui rendre service! Je lui devrais de l'argent lorsqu'il aura signé les papiers de la vente...»




La sécurité: point crucial

Véronique Thomas et son frère ont en effet décidé de reprendre l'entreprise. Olivier Thomas brigue le fameux ?permis de conduire? un parc. Car Alain Le Héritte, souffrant et en arrêt de travail depuis plus d'un mois, a suspendu son certificat de capacité. «La direction des services vétérinaires estimait que je n'étais plus en état de veiller au bon fonctionnement du parc», indique-t-il. La sécurité est un point crucial, qui a valu aux gérants du zoo les gros yeux de la préfecture. Plusieurs félins, dont deux panthères noires qui ont dû être abattues, se sont récemment échappées.

Bretagne Zoo



(Pont-Scorff)


Gérantes: Maguy et Véronique Thomas Effectif: 32 personnes Chiffre d'affaires 2010: 2,9millions d'euros Tél.: 02 97 32 60 86.

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