Voilà la Zapa. Retenez bien cet acronyme, il va vous sauver dans vos prochains dîners en ville. La "Zone d'actions prioritaires pour l'air" permettra dès 2012 d'interdire le centre-ville de Grenoble et de sept autres grandes villes françaises aux véhicules les plus polluants. L'idée est de faire baisser le taux de pollution atmosphérique et donc de rendre l'air plus sain, plus respirable. Intention louable, certes. Mais les modalités de mise en oeuvre restent à définir et auront des conséquences sur les entreprises et leurs employés. Comment vont faire les salariés les moins aisés, se déplaçant dans une vieille guimbarde faute de pouvoir s'offrir mieux, surtout en ces temps de pouvoir d'achat défaillant? Certains crient à la discrimination sociale, d'autres à la remise en cause de la libre circulation. Et l'étendard vert de l'écologie ne devrait pas les amadouer bien longtemps. Les partisans de la Zapa leur rétorquent transports en commun. Soit. Mais les entreprises qui ne peuvent pas investir dans un nouvel utilitaire ne pourront guère se satisfaire du bus ou du tram pour leurs livraisons et interventions. Dans le même temps, le Medef Isère, la CGPME Isère, l'Udimec, la Fédération du Bâtiment et des travaux publics de l'Isère, la Chambre de métiers et de l'artisanat de l'Isère et la CCI de Grenoble constatent «avec étonnement» une hausse du versement transport des entreprises par le Pays voironnais et par le SMTC, et en anticipent une dans le Pays du Grésivaudan. Ils dénoncent «une augmentation de charges pour les entreprises qui contribuent déjà pour près de 60% au coût des transports en commun». Alors, cette Zapa, qui va en payer les coûts directs et induits? Le salarié, l'entreprise? Et tiendra-t-elle au-delà des trois années d'essai qui lui sont accordées? Ce qui est certain, c'est que la Zapa n'a pas fini de faire parler d'elle lors des dîners en centre-ville... @email
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