L
a CCI de Roanne se rapproche de Lyon et Saint-Étienne au sein d'une CCI Métropolitaine alors même que l'agglomération roannaise n'appartient pas au Pôle métropolitain. Est-ce dans vos projets ?
Pourquoi pas, mais pas tout de suite. Nous avons d'abord beaucoup de travail de réorganisation territoriale à faire ici. Quand nous serons prêts, et que nous pèserons suffisamment lourd, nous pourrons l'envisager.
La communauté d'agglomération est passée, au 1er janvier dernier, de 6 à 40 communes. Vous prévoyez d'autres bouleversements ?
Nous sommes contraints d'évoluer car l'État serre les boulons. Sous trois ans, nous allons perdre 30 % de dotations publiques, c'est énorme ! Il faut absolument trouver des solutions. J'aimerais donc que Roanne grossisse et fusionne avec d'autres communes. Mon ambition est qu'elle recouvre le territoire de l'ancienne Agglomération (6 communes ; 70.000 habitants). Je sais qu'au moins deux des cinq communes que j'aimerais intégrer ne sont pas prêtes, mais je pense que Roanne peut rapidement passer de 40.000 à 60.000 habitants. Et dans un deuxième temps, la ville pourrait dépasser les 70.000 habitants. Dans ces conditions, la loi prévoit que nous pourrions conserver l'intégralité des dotations, ce qui est loin d'être négligeable. Avec 70.000 habitants, Roanne sera beaucoup plus visible en Rhône-Alpes, beaucoup plus forte.
Quelles sont vos relations avec vos voisines, Lyon et Saint-Étienne ?
Historiquement, Roanne a toujours été beaucoup plus tournée vers Lyon que vers Saint-Étienne alors que nous sommes dans la Loire, et Lyon dans le Rhône... Je compare souvent cette situation à celle du papillon de nuit qui est toujours attiré par la lumière la plus brillante. Même si j'ai de très bonnes relations avec Saint-Étienne. Lors de mes précédents mandants de maire de Roanne (2001-2008 ndlr), je m'étais déjà battu pour que Roanne soit intégrée à la RUL, la Région Urbaine de Lyon. Ce que j'avais obtenu. Avec la naissance de la Métropole lyonnaise, cette organisation va disparaître. Je ne suis pas contre mais je souhaite que Roanne puisse toujours bénéficier du rayonnement de Lyon. Bien sûr, nous ne sommes pas dans la première couronne mais nous pouvons offrir des possibilités intéressantes aux entreprises lyonnaises en développement. Lyon s'est développée au Nord, à l'Est et au Sud. Mais pas à l'Ouest, faute de moyens de communications convenables. L'arrivée de l'A89 ouvre de nouvelles possibilités avec de l'espace disponible et une certaine qualité de vie.
Cette ambition explique le lancement de la marque territoriale de Roanne ?
C'était une de mes promesses de campagne : le soutien à l'entreprise et à l'emploi. Placer Roanne au coeur de la région Rhône-Alpes entre Lyon et Clermont-Ferrand, accroître sa notoriété... ne peut que bénéficier à l'économie locale. J'ai repris la démarche initiée par le maire précédent Laure Deroche et nous venons effectivement d'officialiser la marque. Pendant 3 ans, nous allons investir 150.000€ par an (répartis entre la Région, le conseil général, la CCI et l'Agglo... ndlr) : campagnes de communication, mise en place d'ambassadeurs... Cette opération, avec laquelle tous les acteurs roannais parlent d'une même voix, vise clairement la Métropole lyonnaise.
Yves Nicolin, nouveau maire UMP de Roanne, président de Roannais Agglomération et député de la Loire, veut redorer l'image de la capitale du nord de la Loire. Objectif : attirer des entreprises lyonnaises pour redynamiser son territoire.