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Woodlight dévoile un premier prototype de plante bioluminescente pour l’éclairage des villes
Strasbourg # Recherche et développement # Innovation

Woodlight dévoile un premier prototype de plante bioluminescente pour l’éclairage des villes

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La start-up strasbourgeoise Woodlight prépare une levée de fonds d’un million d’euros afin de mettre sur le marché ses premiers plants de tabac bioluminescents. Une alternative à l’éclairage urbain qui pourrait voir le jour aux USA en 2026 mais se heurte à la législation européenne sur les OGM.

Woodlight développe sa V2 qu’elle espère présenter à l’été prochain — Photo : Document Woodlight.

Créée en 2018, la start-up alsacienne Woodlight (6 collaborateurs) a dévoilé un prototype d’une de ses plantes bioluminescentes fin 2024. Une première qui pose un jalon dans le développement de Woodlight après six années de recherche. Cette innovation, née en laboratoire à Illkirch-Graffenstaden à proximité de Strasbourg (Bas-Rhin), a pour but de "réinventer la lumière de demain" aussi bien à l’intérieur qu’au niveau de l’éclairage public.

Concrètement, les premiers plants de tabac génétiquement modifiés à Strasbourg, sont aujourd’hui capables de diffuser une lumière verte la nuit par bioluminescence, comme les lucioles ou les méduses. On imagine bien le potentiel d’une telle invention. "Nous voulons répondre aux problématiques des villes, qu’il s’agisse de la pollution à laquelle notre solution répond par la photosynthèse, de la consommation d’énergie, de la pollution lumineuse et aussi du manque de verdure. Nous souhaitons apporter à ces difficultés, dont celle du rafraîchissement de l’air, une réponse avec la biologie. Avec la bioluminescence, nous pourrons remplacer certains éclairages artificiels par les bienfaits des plantes", résume Rose-Marie Auclair, chercheuse en biologie et cofondatrice avec son mari Ghislain Auclair de Woodlight.

Une version 2 à l’été 2025

"Le dispositif fonctionne en laboratoire, mais nous avons encore une étape avant de passer à la version 2 l’été prochain", dit-elle. À la suite d’une levée de fonds de 450 000 euros en 2023, la start-up strasbourgeoise est désormais engagée dans une levée revue à la baisse à un million d’euros. Elle espère la boucler au premier semestre afin de finaliser une version commercialisable.

Le marché US en ligne de mire en 2026

Le développement de Woodlight passera par son autorisation de mise sur le marché, elle sera soumise pour cela à la réglementation européenne sur les OGM. "Nous travaillons à rendre nos plantes stériles afin qu’elles ne disséminent pas dans leur environnement", précise Rose-Marie Auclair. Si la réglementation européenne autorise des dérogations, Woodlight reconnaît que la culture en champs n’y est pas envisagée. "Nous procéderons à une demande de démonstration pour produire in vitro. Nous souhaitons que nos plants puissent ensuite être développés par des horticulteurs, dans des pays comme la Hollande par exemple". Au regard des temps d’instruction des demandes, la start-up nourrit de fortes ambitions américaines : "Aux États-Unis, les process sont très établis sur les OGM et la prise de décision est donc plus rapide", reconnaît la dirigeante. Woodlight espère s’y introduire en 2026.

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