Wolf Lingerie : Les dessous de la stratégie
# Industrie

Wolf Lingerie : Les dessous de la stratégie

Textile L'arrivée au capital des fonds d'investissement GIMV et Alsace Croissance va permettre à Wolf Lingerie, à La Wantzenau, d'accélérer son développement à l'international. Elle permet aussi à son dirigeant de préparer la transmission de l'entreprise familiale.

Le capital de Wolf Lingerie, à La Wantzenau, a été complètement recomposé en ce début d'année, suite à la sortie des fonds, EPF et Cathay Capital, qui disposaient de 25 % des parts. Le fabricant de sous-vêtements féminins a su séduire la société de capital investissement GIMV et le fonds régional Alsace Croissance. S'il est toujours sympathique de joindre l'utile à l'agréable, ce sont ses atouts économiques et financiers plutôt que le plaisir des yeux que procurent ses produits qui ont fait pencher le choix de ces investisseurs en sa faveur...




Transition capitalistique

« Ces deux fonds ont adhéré à notre stratégie et à notre business plan », pointe Rémy Wolf, le P-dg de l'entreprise familiale créée par son père en 1947. « La situation financière de l'entreprise est saine, mais nous avions besoin de leviers financiers pour accélérer notre développement. C'est ce que nous offre GIMV », résume-t-il. Pour assurer la pérennité de son entreprise, le dirigeant, âgé de 62 ans, souhaitait aussi une transition capitalistique propre à assurer une transmission en douceur tout en préservant son indépendance, « ce que nous garantit le fonds régional Alsace Croissance », pointe-t-il. Aujourd'hui, GIMV détient 50 % du capital, Alsace Capital 15 %, la famille Wolf 30 % et les 5 % restant ont permis à quatre manageurs de l'entreprise - dont le directeur général, Jean-François Mialon et le directeur général adjoint, Gilles Séchaud - de prendre une participation.






Doubler le chiffre d'affaires d'ici à 5 ans

Wolf Lingerie, entreprise plus que cinquantenaire a su, depuis sa base alsacienne, accompagner les évolutions de son marché en s'adaptant à la révolution textile induite par l'émergence de pays à bas coûts de production. Si la R & D et la distribution restent l'apanage du site alsacien, la production est assurée depuis bientôt trente ans par l'usine chinoise de Wolf (qui emploie quelque 1.200 salariés...) et ses partenaires industriels locaux. Ces dix dernières années, son volume d'activité a doublé pour afficher fin 2013 un chiffre d'affaires de 56 M€. Son ambition est d'atteindre les 100 M€ d'ici à 5 ans. « Les gens de GIMV n'ont pas une vision purement financière. Ils sont très orientés business (la société a des participations dans 75 sociétés en Europe, NDLR). Au-delà de moyens financiers, ils nous apportent des méthodes de travail et des outils qui vont nous permettre de franchir ce nouveau seuil », souligne Jean-François Mialon.










Réaliser 25 % à l'export

La stratégie repose sur deux axes de développement. Le premier est le renforcement de ses marques au niveau national. Côté lingerie féminine, Wolf dispose de cinq marques en propre : Sans Complexe, Billet doux, Oups, Rosy, et Jardin Secret. L'entreprise conçoit et fabrique aussi des collections de lingerie féminine pour la grande distribution et des enseignes spécialisées en France et à l'international. Une activité qui représente 15 % de son chiffre d'affaires. L'année dernière, elle a aussi obtenu la licence pour lancer la marque Playboy en France et dans les pays limitrophes, et a lancé une marque de lingerie masculine, Ominem. Wolf Lingerie étudie toute possibilité de diversification et n'exclut pas des opérations de croissance externe. Sa force réside dans le multicanal : ses marques sont présentes en GMS (numéro 2 du segment des parures), dans la vente à domicile, le sélectif, sur internet... Le développement à l'international est le deuxième axe fort. L'export représente aujourd'hui 15 % de son chiffre d'affaires. « Cette part pourrait atteindre les 25 % d'ici à cinq ans », annonce Gilles Séchaud. Pour y parvenir, Wolf Lingerie a recruté un nouveau directeur export. Déjà bien implantée en Italie et Belgique, elle vise de nouveaux marchés sur les pays limitrophes ou ailleurs en Europe et en Russie, via des agents commerciaux sur place, voire en créant des filiales. « Nous allons nous appuyer sur nos marques en les adaptant aux besoins de chaque pays », explique le directeur général adjoint.

Wolf Lingerie



(La Wantzenau) P-dg : Rémy Wolf 180 salariés CA 2013 : 56 M€ 03 90 29 29 00

# Industrie