En toute discrétion, Viesly Industrie Textile (VIT) habille de ses mailles des millions de femmes dans le monde. Parmi ses clients, la filature spécialiste de la viscose, basée près de Caudry, compte en effet des poids lourds, comme le groupe espagnol Inditex (Zara, Bershka, Pull & Bear...), ou encore les chaînes françaises Camaïeu ou Promod. Une clientèle qui lui permet de s'assurer un chiffre d'affaires d'environ 20 M€ annuels et une rentabilité en progression, malgré un contexte extrêmement concurrentiel.
Sur un marché de niche
« Nous sommes sur un marché de niche, la fibre artificielle à base de cellulose, quand le monde entier fait du coton », explique Franck Groebli, à la tête de l'entreprise familiale depuis 1983. « Mais c'est aussi notre réactivité qui intéresse nos clients. Ils fabriquent généralement 70 % de leurs collections en Asie. Mais les 30 % restants sont produits au Maghreb, très vite, en fonction de la demande et des tendances. Et nous sommes en mesure de répondre à ces impératifs : un client peut voir sa commande livrée au Maroc sous une semaine, même dans des grands volumes. »
Une meilleure productivité
Sa réactivité, VIT la doit à des investissements importants. En 2013, la société investissait 3 millions d'euros pour moderniser son outil de production. Elle vient de relancer un programme similaire, sur trois ans, pour racheter plus de machines du même type. « Il y a trois ans, nous avons acquis une série de machines dites " air jet ", un procédé très novateur. Nous sommes les seuls en France à posséder un tel matériel, que le fabricant a développé avec nous. Nous sommes en train de racheter d'autres machines de ce type, qui ont encore été améliorées depuis. Elles nous offrent un gain de productivité très conséquent, et le produit est de meilleure qualité, avec des fils qui résistent mieux au boulochage. Et ce, pour un prix qui reste acceptable pour nos clients. » Aujourd'hui, 40 % de la production de VIT est fabriquée sur ces machines, qui produisent le fil trois fois plus rapidement que les équipements traditionnels. Cette proportion devrait augmenter sensiblement dans les années à venir, permettant à VIT de doubler sa capacité de production actuelle, qui oscille entre 600 et 700 tonnes de fil par mois. « L'équivalent de 4 millions de T-shirts ou de petits vêtements », précise Franck Groebli. Tissés et teints, la moitié de ces fils environ est vendue sous forme de viscose, modal ou tencel à de grands fabricants européens. L'autre moitié elle, est vendue sur bobines, au grand export, principalement vers l'Amérique Latine et Centrale.
1 M€ pour la R&D
Mais le programme d'investissement de VIT ne s'arrête pas là. Franck Groebli prévoit d'investir autour d'un million d'euros dans un programme de R&D d'un an, visant à mettre en valeur une fibre locale, le lin. « 130.000 tonnes de lin sont produites chaque année en Europe, en majorité dans le nord de la France. Mais il n'existe plus du tout de filature dans l'hexagone, toutes les fibres partent en Asie ou en Europe de l'Est. Nous allons créer une nouvelle matière, qui permettrait de réactiver une filière lin 100 % française. C'est une fibre qui a la côte auprès des consommateurs, et qui a des caractéristiques techniques intéressantes pour nos clients. C'est un nouveau chapitre qui s'ouvre pour VIT » s'enthousiasme le dirigeant. S'il reste prudent sur l'aboutissement du projet, Franck Groebli vient d'acheter 6.000 m² de bâtiments à Bohain pour abriter de futures lignes, et a d'ores et déjà prévu de créer 25 postes.
VIT (Viesly) Dirigeant : Franck Groebli CA 2015: 20 M€ 80 salariés
Filature Spécialisée dans les fibres artificielles pour l'habillement, Viesly Industrie Textile (VIT) investit 4 M€ pour moderniser ses ateliers. Et compte se lancer sur un nouveau créneau.
Positionnée sur un marché de niche, VIT prévoit aussi d'investir 1 M€ dans la R&D.