Rennes fait partie des villes françaises qui revendiquent le titre enchanteur de Ville Numérique. La capitale bretonne est depuis 2007 labellisée Living Lab (laboratoire vivant) au niveau européen. Depuis quelques mois, elle est également labellisée «territoire leader du sans contact mobile». Autrement dit, elle bénéficie de fonds débloqués par l'État pour développer les technologies et services NFC (Near Field Communication, par exemple le paiement sans contact via smartphone ou le transfert de données sans contact...). Un budget général de 25M€ est prévu pour soutenir les villes françaises qui se lancent dans des réflexions grandeur nature autour de cette nouvelle technologie de la vie et de la ville de demain. «Rennes veut aller vers les NFC pour ne pas les subir. En résumé, pour être acteur et adapter les besoins des utilisateurs, souligne Norbert Friant, responsable du service Aménagement et usages du numérique à Rennes Métropole. Nous avons ici des héritages importants en terme de compétences technologiques, de formation, de ressources (par exemple le Minitel), qui font que Rennes a su développer et anticiper les innovations». Aujourd'hui, la ville se veut numérique. Des groupes de réflexion sont lancés dans tous les domaines.
Korrigo en ligne de mire
Les transports sont les premiers usages du numérique. L'actuelle carte d'abonnement Korrigo (bus, métro, vélo, parking), qui permet déjà de payer son entrée à la piscine et d'emprunter ses livres à la bibliothèque, se verra affublée de nouvelles fonctionnalités. «Les étudiants pourront payer leurs photocopies avec, leurs tickets de resto U, leur accès à certaines salles de la fac, etc., énumère Norbert Friant. Ce serait même bien si Korrigo permettait d'utiliser le métro parisien ou visiter tous les musées!» Des applications permettront à l'agglomération de mieux gérer les services en temps réel, en fonction de l'affluence.
Chez les commerçants, des cartes sans contact
Véritable portefeuille, le NFC peut aussi trouver son utilité dans le commerce. Les professionnels sont incités par les banques à s'équiper de terminaux de paiement sans contact (lire notre numéro de juillet-août). Le NFC peut permettre aux commerçants de mettre en place des systèmes de tickets fidélité ou de paiement simplifié des achats quotidiens (pain, journal...). Dans la ville, le numérique permettra aussi d'obtenir des informations sur son smartphone à propos d'une visite, d'un musée, etc. Le spectacle de cet été «Rendez-vous place du Parlement» a permis aux habitants d'interagir eux-mêmes sur les images projetées. Un exemple d'implication du numérique dans la vie de la ville, qui a rassemblé tous les soirs des centaines de curieux ou de mordus des applications mobiles. Chacun pouvait en effet choisir les points d'impact d'un feu d'artifice virtuel sur le bâtiment.
L'énergie, pour consommer avec modération
À la maison, des boîtiers capteurs pourront aussi, via votre box, par exemple, renvoyer l'information de votre consommation d'énergie au territoire. De quoi anticiper sur les éventuels pics de consommation en hiver...
Ville interantionale des "Lab Fab"
Pour réfléchir à toutes ces applications, Rennes a été la première ville de France, hors Paris, à lancer un "Lab Fab" à l'école des Beaux-arts en mai dernier. Ce laboratoire de fabrication permet à des citoyens qui ont une idée d'entrer en relation avec des concepteurs qui pourront leur donner vie. Le premier rendez-vous international des "Lab Fab" doit d'ailleurs se tenir à Rennes du 30septembre au 7octobre. À terme, la ville numérique «fonctionnera si l'utilisateur lui fait confiance. Cela permettra à Rennes de continuer à être reconnue comme une ville dynamique, et à attirer encore les entreprises», espère Norbert Friant.
SANS CONTACT Rennes prépare la ville de demain. Dans les transports, le commerce, le tourisme, la vie quotidienne ou estudiantine, tout se paiera ou se validera par NFC.