Entre le papier graphique et la ouate de cellulose, il ne pourrait y avoir qu’un pas. Mise à l’arrêt depuis un an, l’activité du site d’ArjoWiggins, propriété du groupe Sequana, pourrait bientôt reprendre sous une autre forme, en intégrant de nouvelles machines pour la fabrication de ouate de cellulose.
Un projet porté par le président du groupe Global Hygiène (Côte-d’Or), qui fournit des essuie-mains, draps médicaux et papiers-toilette pour le marché des entreprises et les collectivités. Basé en côte d’Or, le fabricant de produits d’hygiène à usage unique (45 M€ de CA), vient de signer une promesse de vente auprès du groupe Sequana afin de transformer le site pour produire des bobines de ouate de cellulose. « Cela nous permettrait ainsi d’intégrer complètement notre cycle de production, en dimensionnant et optimisant les flux afin d’avoir une production plus adéquate et moins de stockage à réaliser », témoigne Luc Brami, directeur de Global Hygiène.
Au total, le projet comprend la fabrication de 30 000 tonnes de bobines par année et nécessite un investissement de près de 20 millions d'euros, qui comprend notamment le rachat du site, l’achat d’une machine et la reconstruction d’un bâtiment. Luc Brami reste encore prudent sur la provenance de cette enveloppe, qui représente la moitié de son chiffre d’affaires.
Recherchant « en priorité » un financement à travers BPI France, il reste ouvert aux sources de financements additionnelles. « Mais les gens sont habitués à avoir dans ce type de dossiers des poids lourds : il est compliqué de mobiliser tout le monde en même temps », glisse-t-il. Contactée, BPIFrance, actionnaire du groupe Sequana (20 %), n’a pas souhaité s’exprimer, renvoyant directement à la direction du groupe.
Un processus long
Depuis quelques mois, plusieurs offres s’étaient succédé sans pour autant se concrétiser. « Nous avions eu un premier contact en décembre2014, car l’une des pistes évoquées était de transformer le site en usine de fabrication de ouate », explique Luc Brami.
Une première visite a eu lieu en mars 2015, avant que le dirigeant de Global Hygiène ne fasse des démarches auprès des fabricants de machines à papier pour étudier la faisabilité de l’intégration d’une telle machine. « Mais en octobre2015, on a assisté à un retour du projet de chromatogénie, qui semblait avoir été enterré, ce qui a perturbé les discussions », affirme Luc Brami.
Il aura fallu attendre février 2016 avant que les négociations reprennent, avec le dépôt d’une demande de permis de construire visant à déconstruire puis reconstruire un nouveau bâtiment, tandis que le démontage des machines a été finalisé en juillet. « Durant cette période, il a fallu se mettre d’accord sur la situation fiscale du site, l’environnement, les permis de construire et finaliser le budget… J’ai ensuite pris connaissance de l’environnement, grâce à un contact avec les élus politiques et les représentants du CE en novembre ».
Résultat : une promesse de vente a été signée, mais dont le montant et la durée n’ont pas été communiqués. « Le projet démarrerait début 2018 ».
Des synergies possibles
Avec près de 15 000 m² situés sur un terrain de sept hectares comprenant une rivière, le site de Charavines a l’avantage de se trouver à proximité de la région grenobloise, qui héberge le Centre technique du papier. Reste une question épineuse : celle des emplois.
Bien que le projet comprenne le recrutement de 35 personnes spécialisées dans la fabrication de la ouate, Luc Brami ne s’engage pas dans un reclassement systématique du personnel. « Les licenciements (185 postes, NDLR) sont intervenus il y a déjà plus d’un an, et le projet vise à démarrer en 2018 ». Mais il assure qu’il s’est engagé à communiquer le profil de chaque poste afin qu’ArjoWiggins puisse en informer les ex-salariés qui souhaiteraient candidater.
Reprise en 2011 par Luc Brami, Global Hygiène emploie déjà 130 salariés dans ses usines d’Auxonne (Côte-d’Or) et de Vern-d’Anjou (Maine-et-Loire).