Vendée : Sepro ou la mondialisation vitesse grand V
# Industrie

Vendée : Sepro ou la mondialisation vitesse grand V

ROBOTIQUE Boom à l'export, partenariat avec des industriels allemands et japonais, R&D en lien avec une université américaine... Fabricant de robots à La Roche-sur-Yon, Sepro devient une entreprise mondiale. La preuve en 10 points.

Pour la troisième année consécutive, l'industriel Sepro Robotique s'apprête à battre son record de ventes. Au vu de son carnet de commandes actuel, « l'entreprise devrait franchir la barre des 2.000 robots produits et réaliser entre 85 à 90 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015 ». C'est ce qu'annonce son directeur général Jean-Michel Renaudeau. Au-delà du résultat économique, ce qui frappe c'est la mondialisation de la PME yonnaise de 430 salariés (dont 60 intérimaires).



85 % de ventes à l'export
Mondialisation des ventes d'abord. Pas moins de 85 % du business se fait aujourd'hui à l'étranger contre 50 % en 2000. Ses robots trois, cinq ou six axes, servent à décharger des pièces (de 100 grammes à 80 kg) au sortir de presses à injection plastique, principalement pour l'automobile, sur des unités de fabrication de pare-chocs ou de tableaux de bord, par exemple. Sepro travaille ainsi avec Faurecia, Renault, Toyota, Volkswagen, BMW, Dongfeng et bien d'autres. Ses bras articulés assistent aussi la production de pièces pour l'électroménager ou la téléphonie (coques de smartphones...).



50 pays couverts
Ses clients se répartissent dans 50 pays. Cette année, l'activité a par exemple progressé en Chine (+23 %) au Brésil (+243%), en Allemagne ou aux USA, son premier marché.


Une dizaine de filiales
Avec l'ouverture d'une nouvelle filiale de distribution au Canada, début 2016, le Vendéen comptera bientôt une dizaine de filiales, (Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Benelux, USA, Mexique, Brésil, Chine...).



Distribution sous marque japonaise ou allemande
Bien installée sur une niche mondiale, l'entreprise tire aussi profit d'accords avec plusieurs fabricants de presse à injection plastique d'envergure mondiale, comme le Japonais Sumitomo, qui vendent les robots de Sepro sous leur propre marque. Ces industriels proposent en effet un package à leurs clients : presses plus robots associés. Si le Vendéen perd de la marge au passage, il gagne en débouchés. Lancé à partir de 2011, ce canal de distribution pèse désormais 12 % de son chiffre d'affaires.



18 nationalités dans l'effectif !
Au total, 100 personnes travaillent pour Sepro à l'étranger. « Au sein de nos équipes, on compte aujourd'hui 18 nationalités !», souligne Jean-Michel Renaudeau. Qui dit mieux en Vendée ?


Une Chinoise gère les achats
Certes, la plupart évoluent dans ses filiales étrangères. Mais au siège de La Roche-sur-Yon, on trouve aussi des collaborateurs allemands et anglais. Quant au service achat, il abrite depuis deux ans une salariée chinoise, chargée d'opérer une ouverture des approvisionnements vers l'Est et notamment l'Empire du milieu. À l'inverse des équipes françaises de techniciens R & D, de responsables SAV etc., voyagent par téléphone ou par avions. « Le temps où seuls les commerciaux faisaient de l'export est bel et bien révolu chez nous », commente Jean-Michel Renaudeau.



Le dirigeant polyglotte
Ancien interprète pour le ministère de la Défense et professeur à l'École Militaire, lui-même maîtrise parfaitement les langues de Shakespeare et de Goethe. Polyglotte, il devise des heures en espagnol et en italien.



Approche multiculturelle
À la manière d'un caméléon, Jean-Michel Renaudeau pratique la double culture. « On doit savoir s'adapter en permanence. Un Allemand par exemple aura le souci du détail, à l'inverse un Français sera plus enclin à l'esprit de synthèse. Et un Américain fonctionnera encore différemment, analyse-t-il. En intégrant ça, on évite les points de friction dans les affaires qui font perdre énormément de temps et d'énergie. »



Une université américaine planche sur la R & D
Même la R & D de ses machines dépasse les frontières. Comme le prouve un partenariat avec l'université américaine de Carnegie-Mellon située en Pennsylvanie, signé cet été et devant s'étaler sur six mois. « C'est l'université numéro 1 dans le monde en termes de robotique, avec 800 chercheurs et doctorants spécialisés dans ce domaine, assure Jean-Michel Renaudeau. Elle nous apportera également un nouveau regard ».



Un ERP mondial à 3 M€
Comme pour acter définitivement son ouverture sur le monde, un ERP, autrement dit un logiciel de gestion commun à la direction et toutes ses filiales est en train de voir le jour. Les données concernant les achats, les ventes, le SAV etc., etc., pourront être accessibles via cet investissement de trois millions d'euros.


Sepro (La Roche-sur-Yon)

Dirigeant : Jean-Michel Renaudeau

430 salariés ; 79,2 M€ de CA en 2014

02 51 45 47 00

# Industrie