La construction a débuté en juillet et va durer huit mois. Une centrale photovoltaïque de 14 hectares verra le jour début 2016 en Vendée, au Poiré-sur-Vie. La puissance installée s'élèvera à 5,2 MWc, pour une production estimée à plus de 7.000 W/h par an, soit l'équivalent des besoins électriques des 3.200 foyers de la commune. Acquéreur de la centrale « Ker Poiré-sur-Vie », la société d'économie mixte Vendée Énergie aura en charge la construction et l'exploitation du site. « Il s'agira de la plus grande centrale photovoltaïque au sol du grand Ouest », assure Alain Leboeuf, président de la SEM et député de la Vendée. Le parc s'implantera sur un ancien centre d'enfouissement de déchets réhabilité, situé zone industrielle de La Loge, au Poiré-sur-Vie, « pour ne pas consommer des terres agricoles ».
Les panneaux suivront la trajectoire du soleil
Inclinables, les panneaux solaires suivront la course du soleil, au moyen d'un système de trackers. « Orientés à l'Est le matin, à l'horizontal en milieu de journée, ils finiront leur course vers l'Ouest le soir », décrit Alain Leboeuf. Un moyen d'augmenter le temps d'exposition et donc « de 25 % le rendement par rapport à des panneaux solaires fixes ». Ils permettront enfin « d'accélérer ou freiner la production en fonction des besoins de consommation et de produire de manière plus égale sur une journée ». Vendée Énergie (10,5 millions d'euros de CA) a pour vocation de développer, construire et exploiter des unités de production d'énergies renouvelables décentralisées. Elle possède en propre 36 éoliennes et 51 centrales solaires photovoltaïques (24.000 m² de surface), sur des toitures de bâtiments publics, plus une centrale solaire au sol à Foussais-Payré. La SEM est détenue à 75 % par le SyDev. Représentant les 282 communes vendéennes, ce syndicat est propriétaire des réseaux électriques et de gaz du département.
Un investissement de 10 M?
Le projet s'élève à près de 10 millions d'euros). Ker Poiré-sur-Vie a été retenu dans le cadre du deuxième appel d'offres national de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). C'est le Breton Armorgreen, (filiale du groupe Legendre), développeur du projet, qui a été choisi. Le tarif de rachat de l'électricité a été fixé à 11,92 centimes le KWh. Le financement est assuré via un apport en fonds propres de Vendée Énergie (à hauteur de 15 %) et par des partenaires bancaires. Cette démarche de la SEM s'inscrit dans la veine du Grenelle de l'environnement, qui prévoit d'atteindre la barre des 23 % d'énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie finale en France à l'horizon 2020.
Objectif : produire 50 % de l'électricité via les EnR
En Vendée, 10 % de la consommation d'électricité est aujourd'hui alimentée par des énergies renouvelables (soit environ 420 millions de MWh produits par an), contre 0 % en 2002. C'est deux fois plus que la moyenne nationale, dixit Vendée Énergie. L'objectif du département étant toujours d'atteindre les 50 % d'ici 2030, en bonne partie grâce aux futurs parcs éoliens offshore.
Quatre autres projets en cours
En attendant, Vendée Énergie espère bientôt tripler ses capacités photovoltaïques. Elle a en effet candidaté à un nouvel appel d'offres (« CRE3 ») avec un projet à 18,6 MWc, répartis sur quatre installations. Le prix de rachat devrait être inférieur à 10 centimes voire à 9 centimes par KWh. La SEM espère aussi que les dossiers retenus ne seront pas tous concentrés dans le sud de la France, où l'ensoleillement est plus fort... Et donc le tarif d'achat proposé plus bas.
F.G.
ÉNERGIE. Une centrale photovoltaïque de 14 ha verra le jour début 2016 en Vendée. Le département produit déjà 10 % de son électricité grâce aux énergies renouvelables.