1,6million d'euros. La subvention attribuée par le Fonds unique interministériel (FUI) à Végépolys pour son nouveau programme de recherche et développement est à la hauteur des ambitions du pôle de compétitivité. «C'est notre plus gros projet», souligne Gino Boismorin, le directeur de Végépolys, qui a sollicité cette dotation de l'État et de la région pour financer un budget global de 4M€. Baptisé Brio, le projet entend créer de nouvelles variétés horticoles moins conventionnelle, plus efficace et plus rapide (de 3 à 6 ans au lieu de 5 à 10 ans), via un transfert de technologies aux entreprises partenaires. Un potentiel de croissance dont les professionnels espèrent tirer une augmentation de 20% de leur CA et la création d'une quarantaine d'emplois directs d'ici 2014.
Une vingtaine d'entreprises
L'ampleur du projet tient aussi au grand nombre d'entreprises associées pour l'occasion autour des centres de recherche (Inra, Agrocampus Ouest, Valinov...). Une vingtaine en tout, réunies dans des consortiums comme Melba (A. Boggio, Saulais, Jct Plants...), Hydranova (André Briant Jeunes Plants, BOOS, Groupe Chauvin...), Eurogenie (Pépinières Minier, Pépinières Nicolandes...) ou indépendantes comme les établissements Pierre Turc. Fin 2010 et pendant quatre ans, ils travailleront ensemble autour de huit variétés: pensées, oeillets, hortensias, genêts, hibiscus, anémones, alstroemères et agapanthes. Principal objectif, la création d'un «diagramme de décision». Son contenu sera élaboré grâce à la mise en commun des données des entreprises et aux recherches effectuées par les professionnels, l'Inra et Agrocampus.
Réduire les coûts de production
L'autre innovation est de permettre à certaines PME et petites entreprises d'accéder aux nouvelles technologies dans des domaines comme la culture in-vitro ou la microscopie, une technique utilisée notamment pour le comptage de chromosomes. «Cela nous permettrait d'éviter les croisements qui donnent des plantes stériles», commente Jean-Pierre Turc, co-gérant des établissements Pierre Turc, une entreprise de dix salariés basée à Mazé et spécialisée dans les alstroemères et agapanthes. Pour sa société, la nouvelle collaboration répond à un manque de moyens et surtout d'opportunités. «Je ne connais pas d'autre producteur d'alstroemères qui fasse de la recherche en France. Il est donc difficile de créer un consortium pour la R & D, à moins d'aller en Hollande...» Avec Brio, les producteurs espèrent réduire leurs coûts de production en limitant le recours à des variétés protégées par des tiers, mais aussi bénéficier de la plus value générée par les futurs certificats d'obtention variétale. L'enjeu est de taille. La France n'est que le sixième pays européen en terme de création de nouvelles variétés. La balance commerciale de l'horticulture ornementale affiche un déficit d'un milliard d'euros.
Le programme de R & D Brio regroupe une vingtaine d'entreprises horticoles et pépinières autour de Végépolys. La collaboration vise notamment à réduire de moitié le temps nécessaire à la création de nouvelles variétés.