VAE: un même outil pour des motivations différentes
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VAE: un même outil pour des motivations différentes

La validation des acquis de l'expérience (VAE) est mise en avant depuis déjà quelques années par les pouvoirs publics. Reste que ce précieux sésame ne s'obtient pas d'un coup de baguette magique. Les candidats doivent faire montre d'une forte motivation.

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Cnam de Rhône-Alpes, Michel Jaillet est désormais titulaire d'un titre d'ingénieur en Sciences et Technologies nucléaires. Le couronnement d'une carrière de 28 ans au sein de la branche nucléaire d'EDF où il était entré comme agent d'exploitation Bac+2. Cadre de l'industrie textile pendant 20 ans avec un niveau Bac +2/+3, Mohamed Saidoune a repris des études en Master 2 à l'Université de Cergy-Pontoise, après validation des acquis de l'expérience.




«L'expérience ne suffit pas»

Pour le premier, il s'agit avant tout d'un «exercice personnel». «J'ai évolué au sein d'EDF jusqu'à devenir ingénieur maison, mais je n'avais pas le diplôme officiel. EDF, c'est EDF mais après, c'est plus fermé. Le diplôme lui, est clair, intangible. Il peut me permettre de transmettre plus facilement mon expérience ou de proposer mes compétences en France comme à l'international comme consultant.» Pour Mohamed Saidoune, le challenge est différent. «Licencié économique, je constate que tous les emplois auxquels je postule sont de niveau Bac+5. L'expérience ne suffit pas. Les entreprises veulent le diplôme. Ça les rassure.».




Forte motivation exigée

Malgré des buts différents, Michel Jaillet et Mohamed Saidoune reconnaissent tous deux que s'inscrire dans un parcours de valorisation des acquis de l'expérience (VAE) est une aventure qui demande une forte motivation. Et ce dès la préparation du dossier de demande de recevabilité qui, pour l'ingénieur, a pris six mois. «C'est un véritable test de motivation qui va au-delà de la seule validation de la pertinence du dossier», souligne Michel Jaillet, qui a bûché deux ans pour atteindre son objectif final au terme d'une VAE complète. Mohamed Saidoune a pour sa part effectué un stage au Greta de l'Oise préconisé par son dispositif d'accompagnement dans la recherche d'emploi avant de pouvoir faire valider ses acquis pour intégrer directement un Master 2. Mais une fois l'admission acquise, le chemin est encore semé d'embûches.




Importance de l'accompagnement

«On a beau avoir pratiqué le métier, il faut du temps pour se replonger dans son vécu professionnel. Il y a aussi une grosse partie théorique qui exige de refaire la démonstration de ce qu'on croyait acquis», explique Michel Jaillet qui a, par exemple, dû «replonger dans l'anglais pendant deux ans.» «Il faut admettre que c'est compliqué, y compris pour la vie de famille. Il y a beaucoup de travail: un Master 2 est un diplôme de très bon niveau et personne ne nous attend. Il faut apprendre à s'organiser, à travailler seul. Mieux vaut être averti», explique pour sa part Mohamed Saidoune. L'un et l'autre soulignent l'importance de l'accompagnement dans une telle entreprise. «J'ai eu la chance de rencontrer au Cnam des gens aussi motivés que moi pour que je réussisse», se félicite Michel Jaillet. Mohamed Saidoune souligne l'apport du service dédié de l'UCP dans la démarche qui lui a permis de sauter les étapes pour prétendre à un Bac+5.

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