À peine lancée, la franchise Utilicare suscite déjà l’intérêt. "Nous avons ouvert il y a un mois et on a reçu une dizaine de candidatures qualifiées", confie son fondateur, David Atlas. Installée à Caudan, près de Lorient, l’enseigne entend structurer un réseau national dédié exclusivement aux véhicules utilitaires (VUL), un segment encore peu adressé malgré un parc de 6,5 millions d’unités en circulation en France.
L’ambition est claire : atteindre 30 unités en trois à cinq ans, avec à terme "100 centres et plus", sur un modèle inspiré des grandes chaînes… mais spécialisé", détaille David Atlas. "Aujourd’hui, l’utilitaire est le vilain petit canard : trop complexe pour les garages auto classiques, moins rentable que le poids lourd. Pourtant, les besoins sont énormes."
Un modèle né du terrain
Le concept Utilicare repose sur une intuition forgée dès les années passées chez Volkswagen, où David Atlas a gravi tous les échelons jusqu’à chef d’atelier. "Les professionnels étaient traités comme des particuliers, avec 15 jours de délai. Impossible quand un artisan est en panne."
Il quitte alors le constructeur pour lancer son propre atelier spécialisé. Dès le démarrage, la traction est immédiate : 8 000 € de chiffre d’affaires le premier mois, 25 000 € quelques mois plus tard, seul aux commandes. En dix ans, l’entreprise change d’échelle.
Aujourd’hui, le site pilote de Caudan s’étend sur 2 000 m², dont 650 m² d'atelier équipés de six ponts élévateurs. Il emploie 10 collaborateurs : cinq mécaniciens, un chef d’atelier, deux réceptionnaires, une assistante de gestion et un commercial VO. Le chiffre d’affaires atteint 1,2 million d’euros en mécanique (dimensionné pour 1,5 million) et 2,5 millions en négoce de véhicules d’occasion, soit un potentiel global de 4 millions d’euros par site.
Un écosystème complet autour de l’utilitaire
Au cœur du modèle, la mécanique reste le pivot central. Mais Utilicare se distingue par une approche intégrée : entretien, vente de véhicules utilitaires (fourgons, bennes, frigorifiques, VUL 5 places), et demain location courte durée.
"On a créé un écosystème à 360 degrés. L’objectif, c’est que l’outil de travail de nos clients ne s’arrête jamais." Une logique renforcée par la création d’Utilipart, centrale d’achat et de référencement, qui permet d’uniformiser les pièces, sécuriser la qualité et améliorer les marges.
Le modèle repose aussi sur une expertise technique pointue. " On change en moyenne deux moteurs par mois. Sur une voiture, c’est rarissime. Les contraintes d’usage sont totalement différentes." Utilicare adapte ainsi les plans d’entretien pour allonger la durée de vie des véhicules, souvent malmenés par un usage intensif.
La franchise comme levier d’accélération
Initialement envisagé en propre, le développement s’est finalement orienté vers la franchise. "La demande est trop forte pour avancer seul en propre. Et le marché attend cette réponse depuis des décennies."
Le concept est structuré : manuel opératoire complet, fournisseurs référencés, accompagnement global. L’investissement initial démarre autour de 350 000 € (hors foncier), avec un apport recommandé de 100 000 €. Les droits d’entrée s’élèvent à 28 000 €, pour une redevance globale de 5 % du chiffre d’affaires.
Le modèle est pensé par étapes : ouverture d’un atelier mécanique, puis intégration de la vente VO après un à deux ans, avant d’ajouter la location à horizon 2027-2028. À terme, une centrale logistique et des outils digitaux propriétaires viendront compléter l’ensemble.
Une vision entrepreneuriale et sociale affirmée
Au-delà du modèle économique, David Atlas revendique une approche humaine forte. "Je redistribue 20 % du bénéfice à mes équipes. Ce sont des collaborateurs, pas des employés." Conditions de travail, équipements, rémunération : tout est pensé pour fidéliser dans un secteur en tension.
Autofinancée depuis l’origine, l’entreprise refuse pour l’heure l’entrée d’investisseurs. "L’argent n’est pas mon moteur. Je veux garder du sens et de l’équilibre", conclut le dirigeant.