Jean Arnould
Président Thyssen Krupp
Vous venez d'achever le recrutement de 55 personnes et vous annoncez la création de 100 nouveaux emplois. Cela signifie-t-il que la crise est passée? Si le marché automobile européen stagne, le marché mondial, lui, est reparti depuis plus d'un an, notamment dans les pays émergents. Nous bénéficions de l'avantage de notre proximité avec l'Allemagne et ses clients qui livrent beaucoup à l'export. Nous fournissons 80% des plus grandes marques mondiales.
Vous avez également investi 35M€. À quelles fins avez-vous réalisé cet investissement?
Nous développons une nouvelle activité dite EPS. Ce système remplacera progressivement l'assistance hydraulique dans les automobiles. Avec ce projet, l'entreprise vit une véritable mutation technologique passant de composants essentiellement mécaniques à la mécatronique et l'électronique. L'investissement concerne les chaînes d'assemblage des crémaillères et colonnes EPS qui constituent les systèmes de direction. C'est encore un signe que le marché repart; il faut suivre le marché.
En 2007, vous avez racheté l'ancien bâtiment de GKN à Florange. Votre implantation en Lorraine vous paraît-elle pertinente et satisfaisante?
L'usine a été créée en 1976, en pleine crise de la sidérurgie pour livrer le marché français en composants. À l'époque, Thyssen Krupp était une entreprise suisse et notre activité s'apparentait à la forge à froid. 35 ans plus tard, nous ne travaillons plus avec la sidérurgie, mais le choix de la Moselle se révèle encore plus pertinent, d'un point de vue logistique. Nous livrons en Allemagne, Belgique, Espagne, dans les pays de l'Est. L'avantage est resté.
- TROIS QUESTIONS À