Un amendement au projet de loi sur la réforme des réseaux consulaires a provoqué un tollé chez les acteurs des marchés d'intérêt national français. En effet, ce texte vise à supprimer les périmètres de référence interdisant aux grossistes de s'installer à proximité des MIN. Grâce à des opérations de lobbying, le principe du périmètre a été provisoirement sauvé. Cependant, les grossistes qui souhaiteraient s'installer à l'intérieur des périmètres pourront le faire, en demandant une autorisation, pour une surface ne dépassant pas 1.000m². Au moment où nous bouclons ce journal, le texte voté au Sénat est en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. www.ffmin.frTroisième marché en tonnage de fruits et légumes et premier par son nombre de producteurs (400), le marché d'intérêt national de Toulouse se veut un outil d'aménagement du territoire. Son rôle: «simplifier les circuits de distribution et sécuriser l'approvisionnement de la ville en produits alimentaires». Afin de remplir totalement ses missions, le MIN a par exemple investi près de 46 M€ entre1999 et2009. Au programme : la mise en conformité des différents secteurs par rapport à la réglementation européenne, la création de nouvelles activités (mûrisserie, cash and carry (4.600m²), occitaflor/hortidéco (6.000m²), plateforme charcuterie (1.000m²), deux restaurants) et la rénovation du secteur fruits et légumes (halle de 36.000m² dont la moitié réfrigérée). En 2010-2011, il va réaliser le plus gros investissement de son histoire. 38 M€ vont servir à la rénovation de la halle fleurs et plantes vertes (6.600m²) et du carreau fruits et légumes et pépinière (21.000m²), la reconversion de la halle Occitaflor en pavillon secteur fournitures et la mise en conformité du bâtiment administratif et du 4e restaurant. Enfin, cet investissement comprend aussi l'achat d'un entrepôt polyvalent (18.000m²) sur la Zac Garonne ainsi que la construction de nouveaux entrepôts frais et surgelés, ce qui libérera près de 3.000m² sur le site historique.
Les MIN en sursis?
Si les travaux sont sur le point de commencer, Paul Mirous, directeur du MIN de Toulouse, est inquiet. En effet, depuis mars dernier, la réglementation à laquelle sont soumis les MIN (cf. encadré) depuis leur création en 1962 pourrait voler en éclat. «Nous organisons la logistique urbaine depuis 40 ans. Tous les producteurs viennent au MIN. lls fournissent ainsi les collectivités, les écoles, les prisons, etc. Nous sommes un exemple d'organisation pour les autres pays», rappelle Paul Mirous. Alors quand la députée Catherine Vautrin a proposé de supprimer les périmètres de référence interdisant aux grossistes de s'installer à proximité des MIN, les 19 directeurs sont tombés de très haut. «Les fruits et légumes sont le moteur de notre activité, supprimer ce périmètre nous déstabiliserait forcément et à terme cela pourrait aboutir à la disparition des marchés de plein vent», redoute-t-il. À Toulouse, seuls l'enseigne Metro et l'entreprise Espagnac Frères ont obtenu des dérogations pour s'installer à proximité du MIN. Si ce verrou de protection contre une concurrence trop frontale venait à sauter, les grossistes auraient tout loisir de mener leurs affaires à proximité en toute légalité. Les producteurs bientôt sur le carreau?
Alors que les 19 marchés d'intérêt national (MIN) français se trouvent chahutés par une loi qui pourrait les mettre en danger, le Min de Toulouse investit 38M€ sur deux ans dans l'optimisation de ses bâtiments.