p-dgdes transports RaultParcoursNé à Pontivy le 30 avril 1949Fonde sa société en mars 1991 avec un seul camionEst à la tête aujourd'hui d'un groupe de transports (80 personnes, 70 camions et 8 M€ de chiffre d'affaires)Porte-parole du collectif des transporteurs de Bretagne
L
'annonce faite autour de la retraite chapeau de Philippe Varin. « Il y a renoncé et c'est tant mieux. Je suis tombé des nues quand j'ai entendu parler de 21 M€ de retraite chapeau pour Philippe Varin, le P-dg de PSA. C'est indécent dans la conjoncture actuelle et d'autant plus dans une société qui a des difficultés. 21 M€ pour Philippe Varin quand on sort 15 M€ pour venir en aide à la Bretagne. D'un côté, nous sommes sidérés par une telle somme quand, de l'autre, on apporte une réponse à la problématique d'une région qui s'assimile plus à du saupoudrage. Comment comprendre que l'on taxe de plus en plus les gens qui travaillent lorsque l'on donne des millions à ceux qui en ont le moins besoin ? »
L'écotaxe. « L'écotaxe est suspendue jusqu'en 2015. Nous revendiquons sa suppression pour la Bretagne, pour la France et les transporteurs français mais pas pour les étrangers. Il est grand temps qu'ils payent des taxes comme la taxe à l'essieu. Il faut savoir que 35 % des volumes transportés en France le sont par des routiers étrangers. 50 % des véhicules qui circulent ne sont pas français. Les chauffeurs n'y sont pour rien. Ce sont les entreprises qui les emploient et certaines sont françaises. Le monde du transport s'est mobilisé en premier sur ce dossier de l'écotaxe car il est le premier de la chaîne à être impacté. Aujourd'hui, il va bien falloir que nos chers clients nous privilégient : des produits bretons transportés par des Bretons. »
Le Smic allemand. « Sa mise en place est positive et il devrait permettre d'harmoniser la concurrence industrielle en Europe. Mais cela ne sera sans doute pas la solution miracle. Rien ne dit que les entreprises allemandes ne seront pas tentées par de la sous-traitance vers des pays d'Europe de l'Est où le coût du travail est moindre. Je vois aussi dans cette annonce des effets négatifs pour la France à long terme. Si l'Allemagne continuait ainsi avec une main-d'oeuvre pas chère, elle n'aurait pas procédé à des investissements de modernisation. Et là, l'agroalimentaire breton aurait peut-être eu une belle carte à jouer en repensant son modèle, en étant innovant. Nous sommes actuellement au pied du mur. Les beaux jours reviendront mais il faut pour cela tout remettre à plat.