Côtes-d'Armor
Un mois vu par.. : Michel Rault
Côtes-d'Armor # Conjoncture

Un mois vu par.. : Michel Rault

Né en 1952 à Hénanbihen, le président du Tribunal de commerce de Saint-Brieuc Michel Rault est aussi diplômé de Sciences Éco Rennes et propriétaire de Grand Ouest Étiquettes à Lamballe qu'il a repris en 1990. Un mois vu par Michel Rault.

Les procédures collectives

« Cette impression de constater moins de procédure se ressent dans les chiffres mais il faut bien reconnaître que les années précédentes ont été si catastrophiques qu'il était difficile de tomber plus bas. Sur le premier semestre 2017, la baisse du nombre de redressement judiciaire, passé de 20 à 12, est malheureusement compensée par une hausse très nette des liquidations judiciaires directes, dont trois sur résolution de plan. Cela démontre que rien n'est gagné même quand le tribunal de commerce vous accorde un sursis afin de relancer de votre activité. Car il faut bien comprendre qu'un plan de redressement n'épure pas les dettes mais les étale. Cela rajoute une pression sur le quotidien que tout le monde n'est pas capable de supporter. »

Le cas de start-up

« Je reste volontairement prudent sur l'impact économique de ces nombreuses pépites que l'on nous présente. Nous en avons vu des soi-disant prometteuses finir au tribunal avec des dettes abyssales. Ces start-up consomment en effet beaucoup de cash sans réellement produire un bout de chiffre d'affaires, ni créer de véritables emplois pérennes. »

La formation des juges

« Tous les nouveaux juges débutent leur carrière sur la gestion des contentieux. Ils suivent une formation de plusieurs jours sur Paris ou Rennes qui leur permet d'acquérir de véritables compétences, proches de celles d'une juge professionnel. Mais l'un des points stratégiques de notre durée dans le temps comme juge est cette capacité à rédiger des jugements. Nous n'avons pas d'assistant pour le faire. Les juges prennent leur plume. Avec parfois plus ou moins de réussite. »

La prévention

« Il faut que ce travail de prévention s'accentue notamment pour prévenir bien en amont les risques de cessation de paiement. Reste que bien souvent, nous sommes sollicités trop tardivement. »

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