Un mois vu par Franck Demay

Un mois vu par Franck Demay

Directeur généralde Télé-Toulouse (TLT) depuis octobre 2008 Parcours Né le 25 juin 1961 Diplômé de Sciences Politiques Journaliste professionnel de 1985 à 2002, notamment pour l'agence Associated Press Directeur des études de l'école de Journalisme de Toulouse de 1994 à 2008

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n studio de cinéma à Francazal?

«Ce projet de reconversion est intéressant car il pourrait permettre de rompre un peu la monoculture de l'aéro et du spatial qui fait peser un risque économique très important sur l'agglomération. Il n'empêche que, dans ce dossier, la communication est désastreuse. Elle se fait dans une absence de transparence totale et on a du mal à comprendre que l'État, via le ministère de la Culture, ne prenne pas la parole, aux côtés de la Ville de Toulouse, du Grand Toulouse et des porteurs de projet. Je crains fort qu'au-delà de l'effet d'annonce et du rêve qu'il a suscité et suscite toujours, l'impact économique ne soit pas aussi important qu'on aurait pu le croire...»






L'abandon des poursuites contre DSK.

«À l'origine, il y a un fait divers, une affaire de moeurs malheureusement assez banale et sur laquelle je n'ai aucun jugement à porter, ni à charge, ni à décharge. Mais, ce qui me sidère, c'est le traitement médiatique complètement déplacé qui en est fait! Les prises d'antenne en direct, les numéros spéciaux, etc.: tout cet emballement n'a d'autre finalité que de "faire du buzz" et de générer de l'audimat donc des recettes... Reste l'incidence politique de cette affaire. Certains annoncent déjà le retour de DSK sur la scène politique française. Personnellement, je vois mal comment il pourrait à nouveau être en première ligne pour la présidentielle, même blanchi sur le plan judiciaire.»






La dégringolade des Bourses mondiales et les mesures de restrictions budgétaires annoncées en zone euro.

«J'ai l'impression que la campagne de la présidentielle se gagnera ou se perdra sur le terrain économique et non moral ou éthique comme on aurait pu le penser il y a quelques mois, entre les différentes "affaires". Au niveau européen, on assiste à un décalage total entre, d'un côté, un "mouvement des Indignés" qui traduit une conscience "populaire" qui veut changer le système capitalistique et, de l'autre, une oligarchie financière qui a pris le pouvoir. Les plans d'austérité qui se succèdent ne font que rompre un peu plus le contrat social et je crois que l'Europe n'est pas à l'abri d'une explosion sociale grave.»