M
arseille Provence 2013.
«Dans le cadre de l'année capitale dont la thématique est notamment axée sur le pourtour méditerranéen, j'ai pensé à créer un ballet sur le conte des mille et une nuits. Il sera présenté fin avril au Grand théâtre de Provence (GTP). J'ai eu envie de jouer le jeu. Il est important de donner à Marseille une vraie dimension artistique et culturelle. C'est une ville complexe, à la fois grande gueule et pudique. Elle ne devrait plus être considérée comme difficile. Ma compagnie fait des spectacles au Pavillon noir, au GTP, mais, depuis deux à trois ans, nous intervenons régulièrement sur la scène de la Criée, à Marseille, où le public est chaleureux. En tout cas, il convient de saluer le comité qui a sélectionné Marseille. Une chance nous a été donnée. Nous n'avons pas gagné parce que nous sommes bons. Au contraire. C'est une perche, voire une bouée, qu'on nous a lancée. Il ne faut pas l'oublier. Nous avons une responsabilité, une éthique à tenir pour répondre à ce challenge. Il nous faut une grande humilité et une force».
La métropole.
«Je suis Aixois depuis 17 ans. Au final, la "guégerre" entre Marseille et Aix est pitoyable. Sans Aix, Marseille serait démunie et, sans Marseille, Aix ne serait qu'une toute petite ville de province. Elles ne sont que deux quartiers d'une même aventure urbaine. Il y a une utopie à développer autour du concept de métropole et quand on est plusieurs à partager une utopie, celle-ci peut devenir réalité. Dans l'engagement artistique, il y a toujours des tiraillements politiques, quelles que soient les régions. Je ne pense pas que ce soit une spécificité locale».
Les entreprises et la culture.
«MP 2013 nous rappelle qu'il peut y avoir un lien entre entreprise et culture. Nous mettons en place autour du Pavillon noir un cercle de mécènes. C'est une démarche à développer car la situation est somme toute terrible. Il est clair que les financements publics se réduisent et que l'on ne peut plus simplement compter sur eux. Avec plus de cent spectacles par an, ma troupe se finance à 50%. Mais il ne faut pas pour autant s'endormir et développer encore plus de recettes propres. La danse n'est historiquement pas très soutenue par les sociétés. Pourtant, elle a le mérite d'évoquer des qualités que les entreprises revendiquent: équilibre, force, rigueur et grâce».
Directeur artistique
depuis octobre 2006 du Pavillon Noir à Aix-en- Provence, un lieu entièrement dédié à la danse. Réalisateur de courts- métrages et du film publicitaire "L'Envol" pour Air France. A collaboré à des réalisations cinématographiques mettant en scène ses chorégraphies.