Un mois avec Daniel Sfecci

Un mois avec Daniel Sfecci

Directeur général de SJD Appelé à prendre la présidence de l'APPIM le 17 février. Parcours Né en 1960 à Nice. Partage avec son frère Jean-Pierre la présidence de Sfecci Expertise (3,6 M€ de CA en 2010), holding qui chapeaute SJD (créée en 1985, spécialisée dans le décolletage), SIT (filiale tunisienne fondée en 2006) et Mouv Concept (2009, positionnée dans les LED).

L




a révolution tunisienne.

«Je m'y suis rendu entre le 15 et le 20décembre, car nous avons une société de décolletage implantée dans le bassin de Sousse depuis 2006. Là-bas, je ne savais que ce que j'entendais dans la rue, c'est-à-dire rien. Je n'ai senti aucun signe avant coureur de quoique ce soit. C'est une fois le pouvoir déstabilisé que les langues se sont déliées. Jusqu'alors les Tunisiens faisaient avec, le pays, toujours montré en exemple de par sa réussite, était apparemment stable. À mon sens, le fait déclenchant réside essentiellement dans le tir à balles réelles sur la population. Les notables sont descendus dans la rue, l'horloge du temps a sauté d'un cran, et la Révolution a eu lieu. Depuis, on a face à nous des gens qui ne sont pas agressifs mais qui veulent tourner une page. Même si on a vécu une semaine d'incertitude - tout a été bloqué, le couvre-feu instauré faisant qu'on ne pouvait plus produire comme on le devait -, aujourd'hui, on retrouve une activité qui ressemble à la normale. Les exports ont redémarré. Je suis confiant dans la suite des événements. Le pays est suffisamment mûr pour aller vers une économie de marché, s'ouvrir aux initiatives personnelles. Comment? C'est là toute la question...»




L'APPIM.

«Jean-Pierre Savarino a su donner à l'APPIM ses lettres de noblesse. Bernard Kleynhoff a su en faire un lieu de rencontre et de partage des connaissances, tant auprès des institutionnels que des industriels. Pour ma part, j'aspire à ce que l'association s'inscrive dans une démarche filière. Si je suis élu, je souhaite donner à l'APPIM un caractère de respectabilité sur son savoir-faire technologique pour qu'elle devienne un passage obligé pour chaque donneur d'ordres, quel qu'il soit. C'est-à-dire, permettre à travers le réseau la création de business concret, et non pas seulement de bon vouloir. Pour concrétiser cette approche, il faut que la Maison de l'Industrie prenne corps, de manière à aider via le parrainage les jeunes entreprises qui se lancent dans le monde industriel. Car aujourd'hui, quand on veut faire de l'industrie, on s'échappe des Alpes-Maritimes, et ça, ce n'est plus concevable.»